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    Amériques

    Brésil: une procédure de destitution ouverte contre Dilma Rousseff

    media La présidente du Brésil Dilma Rousseff en conférence de presse le 2 décembre 2015, après l'annonce de l'ouverture d'une procédure de destitution à son encontre. REUTERS/Ueslei Marcelino

    Au Brésil, après des mois de discussions, une procédure de destitution finalement été ouverte à l'encontre de la présidente, sur décision du président de la chambre des députés, Eduardo Cunha. Désormais au centre de toutes les attentions, Dilma Rousseff est soupçonnée d’avoir maquillé les comptes de l’Etat brésilien, qui vient d’entrer dans une grave crise politique.

    Avec notre correspondant à Rio de Janeiro,  François Cardona

    Eduardo Cunha a finalement tranché. Après des mois d’indécision, le président de la chambre des députés a estimé que la présidente brésilienne avait sciemment dissimulé une augmentation du déficit budgétaire l’année dernière. Un crime de responsabilité fiscale, motif de destitution.

    Farouche adversaire politique de la présidente, Eduardo Cunha est soupçonné d’avoir bénéficié d’argent détourné dans l’affaire de corruption Petrobras qui secoue le Brésil depuis des mois. Eduardo Cunha a donc tenu à justifier sa décision en conférence de presse. « Je tiens à dire que ma décision ne me procure aucune joie, a déclaré M. Cunha. Je n’ai pas pris cette décision pour des raisons politiques. J’espère simplement que notre pays va arriver à surmonter cette épreuve. Et ma position sera la plus neutre possible. »

    « Je n'ai pratiqué aucun acte illicite »

    La présidente brésilienne Dilma Rousseff a immédiatement réagi à cette décision. « J’ai appris avec indignation la décision du président de la chambre des députés d’ouvrir le processus de destitution contre moi, alors que j’ai reçu mon mandat démocratiquement du peuple brésilien, a-t-elle déclaré en conférence de presse. Les raisons qui ont conduit à cette demande sont inconsistantes. Je n’ai pratiqué aucun acte illicite. Il n’y a contre moi aucune suspicion de détournement d’argent, je ne possède pas de comptes bancaires à l’étranger, et je n’ai jamais caché l’existence de biens personnels, et je n’ai jamais agi ni tenté d’exercer une pression sur aucune organisation ou personne, dans le but de m’enrichir. »

    Une commission parlementaire spéciale doit maintenant décider du bien-fondé de la destitution. Sa décision devra ensuite être approuvée par les députés et les sénateurs. Dilma Roussef pourrait alors être suspendue de ses fonctions. Le Brésil, déjà frappé par la récession économique, entre désormais dans une période de profonde incertitude politique.

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