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    Amériques

    Venezuela: élections législatives dans un pays au bord du gouffre

    media Des soldats patrouillent à Caracas devant une école utilisée comme bureau de vote ce dimanche 6 décembre. REUTERS/Nacho Doce

    Au Venezuela, 19,5 millions d’électeurs sont appelés aux urnes ce dimanche pour renouveler les 167 sièges de leur Parlement pour les cinq prochaines années. Pour la première fois depuis 17 ans, l'opposition est donnée favorite et pourrait remporter la majorité face au Grand Pôle patriotique, au pouvoir. L'enjeu est de taille, car le pays est plongé dans une grave crise économique et le mécontentement gronde.

    C’est dans un contexte socio-économique particulièrement sombre que se tiennent ce dimanche les élections législatives au Venezuela. Aujourd’hui, 95 % des revenus du pays sont liés aux exportations pétrolières dont il est le premier producteur latino-américain. La politique économique suivie depuis des années est basée sur la redistribution de la rente pétrolière. Cette rente entretient la consommation des 30 millions d'habitants en produits importés, sans pour autant développer la production intérieure.

    Mais la chute des cours du pétrole s'est accompagnée d'un manque de devises qui a interrompu le flot des importations, créant une pénurie des produits de consommation courante et la flambée des prix. L'inflation est d'au moins 85 % cette année alors que le PIB a reculé de 4 % en 2014.

    La crise économique est devenue sociale. Un quart de la population est considéré comme pauvre. Le mécontentement s'est généralisé. Les difficultés de la vie quotidienne ravivent l'insécurité dans le pays qui affiche désormais le taux d'homicides le plus élevé d'Amérique du Sud.

    Un pouvoir autoritaire mais affaibli

    Ainsi, la révolution bolivarienne prônée par le « commandante » Chavez bat de l’aile. Miné par une crise politique et économique, le Venezuela est au bord du gouffre, disent de nombreux spécialistes. Son président Nicolas Maduro est critiqué de toutes parts. L’opposition, d’anciens membres du PSUV, le parti de l’ancien président Hugo Chavez, et de très nombreux dirigeants et anciens dirigeants du monde entier réclament des élections transparentes et un respect du résultat par les autorités.

    Ces élections législatives vont se tenir dans un climat très tendu. « La campagne électorale récente et les années Maduro ont été marquées par des invocations de plus en plus fréquentes à l’usage de la violence, ce qui marque incontestablement une dérive autoritaire du gouvernement actuellement. Les dernières déclarations de Maduro, de ce point de vue, sont très inquiétantes, estime Olivier Compagnon, professeur d'histoire contemporaine et directeur de l'Institut des Hautes études d'Amérique latine. On peut légitimement se demander ce qui va se passer lundi ou dimanche soir si l’opposition gagne ».

    Rétablir la séparation des pouvoirs

    Pour l’opposition, l’enjeu de ces élections est de taille. En cas de victoire, il s’agira pour elle de rétablir la séparation des pouvoirs entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Une séparation que Paula Vasquez, chargée de recherches au CNRS, juge « complètement estompée ». « Le président de l’Assemblée nationale, Diosdado Cabello, est l’homme dur de la révolution bolivarienne, et d’une certaine manière, c’est lui qui commande. Il n’y a donc pas d’indépendance des pouvoirs au Venezuela. Le pouvoir judiciaire aussi est sous contrôle de l’exécutif. Luisa Estella Morales, la présidente du Tribunal suprême de justice, a déclaré il y a deux ou trois ans que l’indépendance des pouvoirs, donc la base de la démocratie, affaiblit la révolution », rapporte Paula Vasquez.

    Mais, si l’opposition fait front commun contre l’actuel gouvernement Maduro, et rejette plus généralement les années Chavez, son programme reste flou. « Quand on regarde un peu plus finement, on se rencontre que l’émergence d’un programme de gouvernement, d’une alternative de gouvernement, est quand même difficile à concevoir tant cette coalition est hétérogène », juge Olivier Compagnon.

    Si les différentes enquêtes et les spécialistes estiment que l’opposition est à même de remporter ces élections législatives, personne ne sait comment réagiront les autorités. Avec un président qui a déjà annoncé qu’il descendrait dans la rue au côté du peuple manifester en cas de défaite de la révolution, tous les scénarii sont envisageables. Même les plus alarmistes.

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