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    Amériques

    Etats-Unis: Trump provoque un tollé après ses propos anti-musulmans

    media Le candidat républicain Donald Trump en campagne à Spencer, dans l'Iowa, le 5 décembre 2015. REUTERS/Mark Kauzlarich

    Les déclarations du candidat Donald Trump, qui projette d’interdire l’entrée du territoire américain aux musulmans s’il est élu, ont provoqué une multitude de réactions négatives aux Etats-Unis. Les démocrates et la Maison Blanche se sont sans surprise exprimés pour condamner les déclarations du milliardaire, de même que les autres candidats républicains à la présidence.

    Dans le camp républicain, c’est la consternation après les déclarations de Donald Trump, rapporte Anne-Marie Capomaccio, notre correspondante à Washington. Les candidats Jeb Bush, Marco Rubio, Chris Christie, ont tous pris la parole avec virulence, pour se désolidariser d’un projet qui bafoue selon eux la Constitution.

    Et c’est très rare, le président de la Chambre, le républicain qui occupe les plus hautes fonctions aux Etats-Unis, Paul Ryan, a pris la parole. « Ce n’est pas une idée conservatrice. Ce qui a été proposé ne correspond pas aux valeurs de notre parti, et plus important encore, cela de correspond pas aux valeurs de ce pays. »

    Emoi sincère des républicains ou calcul politique en vue de la présidentielle, la candidate Carly Fiorina estime que la position de Donald Trump est « un cadeau de Noël pour les démocrates ». Car c’est bien le problème, le milliardaire, en tête dans les sondages pour la primaire des conservateurs, s’est déjà mis à dos une partie de la communauté latino-américaine, des femmes et des Afro-Américains par des déclarations blessantes.

    La direction du parti voit ainsi s’éloigner la perspective de vaincre Hillary Clinton et ne sait plus que faire, car Donald Trump est incontrôlable. Mais l’idée d’une exclusion ferait encore plus de mal aux républicains, et c’est la menace que brandit le milliardaire : une scission s’il considère que le parti ne le traite pas avec les égards dus à son score dans les sondages.

    Pour la Maison Blanche, c’est l’occasion de mettre le camp républicain en face de ses responsabilités. Le porte-parole de Barack Obama dénonce les propos de Donald Trump : inconstitutionnels, cyniques et qui, selon Josh Earnest, « le disqualifient pour la présidence des Etats-Unis ». Le porte-parole de Barack Obama va plus loin, estimant que cette position anti-musulmane va précipiter le milliardaire « dans les poubelles de l’histoire, [...] entrainant le parti républicain avec lui si ce dernier ne se désolidarise pas ».

    Colère dans la communauté musulmane

    Dans la communauté musulmane américaine, c’est la colère. Nihad Awad est le directeur de l’organisation Cair, l’une des plus importantes associations de musulmans américains. Pour lui, « c’est outrageant, venant d’une personne qui veut occuper les plus hautes fonctions du pays, c’est dangereux et ce n’est pas américain. Donald Trump s’exprime plus comme un meneur de gangs prêt à lyncher, et non comme le leader d’une grande nation comme la nôtre ».

    Et Nihad Awad poursuit : « Les musulmans américains font partie du ciment de ce grand pays, nous sommes des secouristes, des médecins, des policiers, des pompiers et des membres des forces armées, et nous nous tenons debout, unis en tant qu’Américains, contre la stigmatisation, contre l’islamophobie, contre les terroristes de [l’organisation] Etat islamique et contre le terrorisme. Donald Trump ne doit pas jouer avec les émotions de quelques personnes fourvoyées dans notre pays et profiter de la peur qui s’insinue. Ses idées ne sont pas seulement inconstitutionnelles, elles sont le contraire de l’Amérique. »

    Vague d'indignation aussi à travers le monde

    Les propos du milliardaire ont fait réagir bien au-delà des frontières américaines. De Londres au Caire en passant par Paris, les condamnations se sont multipliées après la dernière provocation de Donald Trump. Condamnations venues d’abord des musulmans eux-mêmes. Pour l’autorité religieuse égyptienne Dar al-Islam, interdire le sol américain aux musulmans, ce serait « donner aux extrémistes de tous bords des opportunités pour accomplir leurs actes criminels ».

    En Europe, le Premier ministre britannique David Cameron a dénoncé une proposition tout simplement erronée et qui sèmerait la discorde. Même le Premier ministre français s'est exprimé, alors qu'il n'est pas dans ses habitudes de commenter les débats politiques d'un pays étranger. Pour Manuel Valls, « Monsieur Trump, comme d’autres, entretient la haine et les amalgames ».

    Les propos incendiaires du milliardaire américain ont une résonnance particulière en France, au lendemain des scores record du Front national, au premier tour des élections régionales sur fond de questions migratoires et sécuritaires.Le Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (UNHCR) s'est d'ailleurs dit inquiet pour le programme de réinstallation des réfugiés syriens aux Etats-Unis.


    Analyse

    Au-delà du populisme habituel qu'utilise le milliardaire pour gagner des voix dans la course à la Maison Blanche, Donald Trump joue avec le feu, estime Jimena Riyez, responsable du bureau des Amériques de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) :

    « Si un jour les Etats-Unis prenaient ce genre de décision, ils se mettraient en infraction de la convention onusienne contre toutes les formes de discrimination que les Etats-Unis ont ratifiées. Ça montre une vision très simpliste de la problématique terroriste de vouloir insinuer que musulman veut dire terroriste. C’est tout à fait inquiétant parce que ce n’est pas n’importe qui qui le dit. Il est candidat à la primaire pour être candidat à la présidentielle des Etats-Unis. C’est mettre de l’huile sur le feu et c’est vouloir contredire les positions très saines de Monsieur Obama qui a été le premier à dire il ne faut pas stigmatiser la communauté musulmane. C’est aussi évident que Monsieur Trump cherche à faire complètement l’inverse. Cela vient créer une fracture entre les communautés religieuses, et pas seulement aux Etats-Unis mais au niveau mondial parce que c’est le monde entier qui est en train de répercuter ses propos. Il est en train de faire le jeu de Daech. En est-il conscient ? Sans doute, et c’est ça qui est effectivement très grave. »

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