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    Amériques

    Haïti: le second tour de la présidentielle reporté sine die

    media Le candidat à la présidence Jude Célestin, arrivé en 2e position à la présidentielle, refuse de participer au second tour. REUTERS/Andres Martinez Casares

    Le Conseil électoral provisoire a annoncé lundi 21 décembre que le second tour de la présidentielle prévu dimanche prochain sera reporté. Aucune nouvelle date pour la tenue du scrutin n'a été annoncée pour l’instant. C'est le dernier chapitre en date de la saga électorale qui a secoué Haïti en cette année 2015.

    En Haïti, de nombreux électeurs attendaient cette annonce depuis des jours. Comment pourrait-on organiser un second tour de l’élection présidentielle avec seul un des deux finalistes prêt à y participer ? Ce n'est pas la raison officiellement évoquée ce lundi par le Conseil électoral provisoire (CEP) pour justifier l’annonce du report. C’est pourtant la situation dans laquelle se trouve Haïti depuis quelques semaines déjà.

    L'opposition haïtienne dénonce des fraudes massives au premier tour de l'élection présidentielle, qui s’est tenu le 25 octobre dernier, au profit de Jovenel Moïse, le candidat du pouvoir. Selon les résultats publiés par le CEP, celui-ci arrive en tête du premier tour, avec 32,76 % des suffrages. Son adversaire, Jude Célestin, crédité de 25,29 % des voix, refuse de participer au second tour et même de mener campagne. Soutenu par d'autres candidats à la présidence et une large partie de la société civile, il exige la création d'une commission d'enquête indépendante pour procéder à une vérification des résultats du premier tour.

    Une commission présidentielle pour calmer le jeu ?

    L'idée d'une commission d'enquête indépendante est rejetée par le Conseil électoral. Mais face au mur, et à seulement quelques jours d'un hypothétique second tour, c'est finalement la présidence haïtienne qui intervient. Jeudi 17 décembre, un décret présidentiel annonce la mise en place d'une commission d'évaluation électorale qui a pour mission de formuler des recommandations afin de sortir le pays de la crise. Mais dans un premier temps, l'Eglise catholique refuse que son représentant y siège, comme le prévoit le décret. En cause, des doutes sur l'indépendance de ladite commission.

    Ce lundi seulement, un accord est apparemment trouvé. Le Premier ministre haïtien, Evans Paul, déclare ce lundi soir que la commission sera installée au plus tard ce mardi. C'est pour attendre l'avis de cette commission présidentielle sur la suite du processus électoral que le CEP dit avoir reporté le scrutin de dimanche prochain.

    Une solution de la crise pas encore en vue

    Rien ne laisse à penser que le report du scrutin signifie qu’on se rapproche d'une solution de la crise électorale. Selon le décret, les membres de la commission ne disposent que de trois jours pour émettre leurs recommandations. On voit mal comment ils pourraient procéder à une vérification sérieuse des procès-verbaux, alors que le Conseil électoral provisoire, lui, a mis un mois pour annoncer les résultats du premier tour de la présidentielle. Ce n'est donc pas étonnant que de nombreux observateurs dénoncent une pure opération de communication de la part des autorités haïtiennes.

    Le candidat de l'opposition, Jude Célestin, met également en cause l'impartialité de la commission présidentielle. Il continue d'exiger la mise en place d'une commission d'enquête indépendante avant d'envisager sa participation à un éventuel second tour.

    Pourtant, le temps presse. Selon la Constitution, le nouveau Parlement doit entrer en fonction le 11 janvier prochain, or les élections législatives n'ont pas été menées à bien non plus. Dans certaines circonscriptions, le second tour des législatives aurait dû se tenir également dimanche prochain. La passation de pouvoir entre le président haïtien sortant, Michel Martelly et son successeur, est quant à elle fixée au 7 février.

    Une population haïtienne déçue de la politique

    De manière générale, la défiance vis-à-vis de la classe politique est très importante au sein de l'électorat haïtien. Moins de trois Haïtiens sur dix sont allés voter au premier tour de la présidentielle. Et en août dernier, seuls 12 % des 5,8 millions électeurs inscrits ont fait le déplacement pour élire leur nouveau Parlement. L'immense majorité des Haïtiens estiment qu'aucun des candidats en lice n’apportera les changements que la population attend depuis si longtemps. Ce qui explique probablement aussi pourquoi, même si les manifestations contre les fraudes électorales ont été nombreuses ces dernières semaines, elles n'ont pas réussi à mobiliser massivement.

    La communauté internationale, elle, garde le silence. Depuis l'annonce des résultats du premier tour de la présidentielle, pas un mot des représentants diplomatiques à Port-au-Prince. Les ambassades de France, des Etats-Unis, du Canada ou encore l'Union européenne n'ont émis aucun commentaire. En revanche, la diaspora haïtienne à l'étranger se mobilise. Ce mercredi, les Haïtiens vivant aux Etats-Unis sont par exemple appelés à contacter leurs élus américains pour exiger que l'administration Obama cesse de soutenir un processus électoral jugé antidémocratique.

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