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    Un Dakar en attente de renouvellement

    media Les véhicules du Rallye Dakar pour une des dernières visites techniques à Buenos Aires, Argentine, le 1er janvier 2016. REUTERS/Marcos Brindicci

    De Buenos Aires à Rosario, la 38e édition du célèbre rallye-raid, huitième en Amérique du Sud, se déroulera essentiellement en Argentine, avec une incursion en Bolivie. Sur les terres de Fangio, l’épreuve est une grande fête populaire. Mais la dépendance d’un seul pays n’est pas sans danger pour la course.

    De notre correspondant à Buenos Aires

    C’est parti pour le Dakar 2016 ! Après un dernier podium à Tecnópolis, dans la banlieue de Buenos Aires, samedi 2 janvier en fin de matinée, les 556 concurrents (dont 354 pilotes) ont pris la route pour un prologue qui les mènera à Rosario, dans la province de Santa Fe. C’est là que le vrai départ sera donné, le dimanche 3, pour les 110 autos, 143 motos, 46 quads et 55 camions qui prennent part à l’épreuve. Direction Villa Carlos Paz, au cœur des « sierras » (zone de moyenne montagne) de Córdoba. Après avoir roulé sur près de 9 500 kilomètres de piste, toujours en Argentine, sauf pour une incursion en Bolivie, les survivants (environ la moitié de ceux qui auront pris le départ) retourneront à Rosario pour l’arrivée, le 16 janvier.

    Sur la première partie du rallye, les concurrents devront affronter des pistes de montagne rapides et sinueuses, dans la chaleur étouffante de l’été austral, à une altitude de plus en plus élevée (3 500 mètres en moyenne pour l’étape marathon Jujuy-Jujuy, dans le nord du pays, le mercredi 6 janvier). Ils monteront encore plus haut (jusqu’à 4 600 mètres) en rejoignant ensuite Uyuni, en Bolivie, avant de revenir en Argentine le 9 janvier, où ils se verront offrir la traditionnelle journée de repos de la mi-course, à Salta, le lendemain.

    La seconde semaine sera dominée par le sable, toujours en altitude, avec des étapes très éprouvantes pour les pilotes et où la navigation sera décisive. Le 13 janvier, la spéciale dans les dunes de Fiambalá (province de La Rioja) sera sans doute décisive comme par le passé. Suivront deux longues étapes de montagne, avant le retour à Rosario via Villa Carlos Paz.

    Ce tracé essentiellement argentin a été dessiné par les organisateurs de la course au mois de juillet, presque en catastrophe, après les forfaits du Pérou et du Chili, qui devaient accueillir plusieurs étapes dans le parcours initialement prévu pour cette 38° édition du rallye, la huitième consécutive en terre sud-américaine.

    L’Argentine a ainsi sauvé la mise au Dakar, et ce n’est pas par hasard. D’abord parce que ce pays, le plus vaste de la région avec 2,8 millions de km2, offre beaucoup de grands espaces, une grande diversité de paysages et de difficultés, un bon cocktail de montagne et déserts, etc. : tous les ingrédients qui rendent le rallye attrayant pour les pilotes et les écuries. Mais aussi parce que l’Argentine s’est identifiée au Dakar dès que celui-ci a débarqué de ce côté-ci de l’Atlantique en 2009. De fait, des quatre pays traversés par le rallye depuis lors, c’est le seul qui a fait partie de toutes les éditions, celui qui a accueilli le plus grand nombre d’étapes et le seul, aussi, au moins le départ ou l’arrivée de l’épreuve, sinon les deux.

    Les Argentins ont adopté le Dakar. Une femme posant à côté du logo du rallye à Buenos Aires, le 1er janvier 2016. REUTERS/Marcos Brindicci

    Stimulant pour le tourisme en Argentine…

    Les autorités ont appuyé d’emblée la course, comprenant le parti qu’elles pouvaient tirer pour renforcer le tourisme international, grâce à la diffusion de belles images du pays à l’étranger, et intérieur également, janvier étant déjà, un peu comme août pour les Français, le mois où la majorité des Argentins prend ses vacances d’été. Avec le rallye, la fréquentation des sites touristiques traditionnels augmente et s’ouvre à des régions moins connues. Les dépenses d’hôtellerie et de restauration augmentent et la caravane du Dakar elle-même y contribue. Mais tout cela n’aurait pas été possible dans la continuité si la population n’avait pas adopté l’épreuve.

    En Argentine, le Dakar se déroule dans une ambiance de fête populaire, seulement comparable à celle du Tour de France cycliste, avec des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes aux arrivées et départs d’étape, mais aussi sur les bords des pistes, dans des zones spectateurs spécialement aménagées. Et dans des régions désertiques, il n’est pas rare de voir des gens faire des kilomètres et attendre plusieurs heures pour assister au passage du rallye. Au total, près de 4,5 millions ont suivi ainsi l’édition 2015 de la course. Ceci s’explique par la passion de ce pays (qui a vu naître le grand coureur automobile Juan Manuel Fangio) pour les sports mécaniques, peut-être même supérieure à celle qu’il a pour le football. Tout au long de l’année, chaque week-end, et dans plusieurs catégories, des compétitions automobiles sont suivies par un public nombreux. Le Dakar ne pouvait trouver meilleur accueil qu’en Argentine, d’autant plus que la conscience écologique y est faible, ce qui fait qu’il n’a quasiment pas de détracteurs.

    Cela étant dit, une trop grande dépendance de l’Argentine n’est pas forcément bonne pour le rallye. Même si tous les grands coureurs sont là, les inscriptions ont baissé de 10 % cette année, ce qu’on attribue à l’absence d’étapes dans le désert d’Atacama au Chili et à travers les dunes côtières du Pérou très prisées par les pilotes. Et pour les Argentins eux-mêmes, le Dakar semblerait se banaliser, du moins en ce qui concerne les « porteños » (habitants de Buenos Aires), moins nombreux au départ cette année que par le passé. Le Dakar doit se renouveler, les organisateurs l’ont compris. Dans l’immédiat, Étienne Lavigne, le directeur d’ASO (Amaury Sport Organisation) souhaiterait le retour du Chili et du Pérou, dont les forfaits en 2016 ne sont pas seulement dus aux raisons climatiques qui ont été invoquées.

    Ce serait en bonne voie pour 2017 dans le cas du Chili, dont les autorités trouvaient que l’Argentine était trop favorisée jusqu’ici, qui pourrait accueillir le départ de la prochaine édition. En ce qui concerne le Pérou, il faut plutôt penser à 2018, selon le résultat des élections de cette année, le gouvernement actuel étant plus que réservé à l’égard du rallye. Alors pourrait être imaginé un grand Dakar de l’Argentine à la Colombie et traversant six ou sept pays. En attendant, peut-être, à plus long terme, de renouer avec les racines africaines, mais dans la partie australe du continent (Angola, Namibie, Afrique du Sud).

    Les Français Stéphane Peterhansel et Cyril Despres (ici en janvier 2013), plusieurs fois vainqueurs du Dakar, seront encore favoris cette année. Reuters/Jacky Naegelen

    Un rallye, quatre courses

    Dans la catégorie auto, l’écurie Mini est favorite de ce Dakar 2016, avec le tenant du titre et déjà vainqueur en 2011, le Qatarien Nasser Al-Attiyah, et son coéquipier espagnol « Nani » Roma, gagnant de l’édition 2014 (et 2004 en moto), même si l’Argentin Orly Terranova, deux fois cinquième, rêve d’une victoire sur ses terres. Parmi les challengers, l’équipe Toyota, commandée par le Sud-africain Giniel de Villiers, autre ancien vainqueur. Peugeot, après un retour décevant l’an dernier, aligne une « Dream Team » avec les Français Stéphane Peterhansel (11 titres, record absolu, 5 en auto et 6 en moto), Cyril Desprès (5 fois gagnant en moto) et Sébastien Loeb, multi champion du monde de rallye (WRC) mais débutant sur le Dakar, ainsi que l’Espagnol Carlos Sainz, vainqueur en 2010.

    En moto, la situation est inédite puisque les deux hommes qui s’étaient partagé les titres à égalité sur les dix dernières éditions ne sont pas au départ. Cyril Desprès est passé sur quatre roues ; quant à l’Espagnol Marc Coma, il est devenu directeur sportif de l’épreuve. Le Portugais Paulo Goncalves et l’Espagnol Joan Barreda, tous deux sur Honda, paraissent les mieux placés pour l’emporter, mais le Chilien Pablo Quintanilla, 4° en 2015, tentera sa chance.

    En quad, la victoire devrait être sud-américaine, les Argentins Marcos et Alejandro Patronelli, deux titres chacun, étant les candidats les plus sérieux au titre. Quant aux camions, malgré l’opposition des Néerlandais, l’équipe russe de Kamaz, qui domine l’épreuve depuis des années, part favorite.

    Carte du parcours de l'édition 2016 du Dakar
    ©Le Dakar

     

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