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    Amériques

    Haïti: des irrégularités dans les scrutins du 25 octobre selon la CIE

    media Des agents électoraux, des observateurs et des représentants de partis comptent des bulletins de vote dans un bureau de Port-au-Prince, le 25 octobre 2015. La Commission électorale indépendante a pointé des irrégularités dans l'organisationdu scrutin. REUTERS/Andres Martinez Casares

    La crise électorale n'en finit plus en Haïti. Pour rappel, les résultats du premier tour de la présidentielle sont toujours contestés alors que le vote s'est tenu il y a plus de deux mois. La Commission indépendante électorale mandatée par décret présidentiel n'a eu qu'à peine une semaine pour évaluer le processus. Elle a remis son rapport dimanche au président Martelly. Selon ce document, les élections du 25 octobre ont été entachées de graves irrégularités.

    avec notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron

    La commission est arrivée à cette conclusion après avoir analysé un échantillon de 15% des procès verbaux des bureaux de vote. Des signatures d'électeurs manquaient sur 57% des documents. Dans 47% des cas, certains numéros de cartes d'identification nationale étaient incorrects. Or cette carte, la CIN, est le document indispensable à chaque électeur pour pouvoir voter.

    Cela ne veut pas dire que tous les votes rassemblés sur ces procès verbaux sont des votes frauduleux : ce que la commission indépendante électorale a rapporté c'est que sur ces procès verbaux, il manque des signatures de votants, ou il peut y avoir quelques numéros de CIN incomplets ou erronés. Il n'empêche que ces erreurs ou oublis suffisent à entacher le processus électoral. Et la commission écrit dans son rapport que cette question de CIN ou de signatures représente « un problème très grave » car « cela indiquerait que des votes n'auraient pas été exprimés par des électeurs ayant la qualité pour le faire ». La commission sous-entend donc qu'il y aurait pu y avoir des bourrages d'urnes, sans en dire plus sur les éventuels auteurs ou bénéficiaires.

    Le Conseil électoral provisoire accusé d'être le premier responsable des irrégularités

    La Commission indépendante électorale tire à boulets rouges sur le CEP en écrivant que « les opérations de vote n'étaient pas assez bien préparées ». Et lors des entretiens avec les membres de la commission, les hauts cadres du conseil ont eux même admis que plus de 60% des membres des bureaux de vote n'étaient pas capables d'accomplir le travail demandé. Le CEP le savait mais il a choisi de ne pas remplacer ce personnel clé, pour ne pas froisser les partis politiques et les associations qui avaient proposé ces personnes. Un choix lourd de conséquences donc mais ce n'est pas la seule faute rapportée par la commission.

    Candidats et organisations de la société civile n'ont cessé de faire état des défaillances dans le processus mais le CEP a fait la sourde oreille. La commission en conclut donc que « le conseil électoral actuel n'est pas à l'écoute du peuple haïtien pour qui il travaille ». Si l'on ajoute à cela les accusations de corruption qui visent certains membres du CEP et des juges électoraux, selon la commission il est nécessaire de changer la composition du conseil électoral avant de poursuivre avec le processus.

    Après la publication de ce rapport, que va-t-il maintenant se passer ?

    Il revient au président Michel Martelly de décider s'il va publier ou non son décret pour convoquer la population aux élections le 17 janvier. Il en a fait l'annonce lors de son traditionnel discours du 1er janvier, mais c'était donc avant la publication de ce rapport de la Commission électorale indépendantiste.

    Les neuf secteurs qui ont nommé un membre au CEP doivent également décider s'ils veulent ou non changer leur représentant au sein de cette institution si décriée. Certains hauts cadres du CEP pourraient aussi d'eux mêmes démissionner afin de se mettre à la disposition de la justice. Tout cela permettrait d'apaiser les tensions.

    Quoi qu'il en soit, un réel effort de formation du personnel des bureaux de vote devra être réalisé avant la tenue du second tour de la présidentielle et des législatives. Tout cela va nécessiter du temps or c'est ce qui manque au pays. Selon la constitution, la passation de pouvoir présidentiel est prévue le 7 février. Pour respecter cette échéance, le vote ne peut se tenir qu'au mois de janvier mais il n'est pas encore dit que Jude Célestin, qui a jusqu'ici refusé de faire campagne, accepte que les élections se tiennent d'ici deux semaines.

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