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    Obama: le lobby des armes ne peut pas prendre l'Amérique «en otage»

    media Le président Barack Obama ému aux larmes lors de la présentation des mesures de contrôle des armes à feu aux Etats-Unis, à la Maison Blanche, mardi 5 janvier. REUTERS/Kevin Lamarque

    Barack Obama a présenté mardi 5 janvier une série de mesures pour mieux contrôler les ventes d'armes à feu aux Etats-Unis. Dans un pays où la possibilité de se défendre les armes à la main est inscrite dans la Constitution, le président n’a jamais réussi à faire voter une loi par le Congrès. Le contrôle des antécédents des acheteurs et l'enregistrement des vendeurs qui ne possèdent pas de licence sont les deux mesures phares présentées aujourd'hui.

    Avec notre correspondante à Washington Anne-Marie Capomaccio

    Le contrôle des antécédents obligatoire est une mesure demandée depuis des années par les organisations qui souhaitent limiter la circulation des armes. Cela signifie que le commerçant qui vend une arme, devra, avant de laisser repartir un client avec un pistolet ou une mitraillette, vérifier qu'il n'a pas commis un crime ou qu'il ne souffre pas d’une pathologie qui le classe parmi les personnes violentes. Deux cas qui, en principe, doivent interdire l’accès aux armes à feu aux Etats-Unis.

    La licence pour les revendeurs est une mesure qui devrait permettre de tracer les armes. Car aujourd’hui, les collectionneurs, ou certains revendeurs sur Internet ou dans les foires, ne sont pas enregistrés comme commerçants. On ne peut donc pas garder de trace de ces armes qui se retrouvent dans la nature. Il faut savoir qu’on estime à 350 millions les armes en circulation aux Etats-Unis, c'est-à-dire à peu près autant que d’habitants.

    Une révolution dans la culture américaine

    La limite de ces mesures annoncées par Barack Obama est que la plupart des tueries de masse qui ont ému les Etats-Unis ces dernières années (Newtown, 26 personnes parmi lesquelles 20 enfants de 6 ans tuées par un jeune déséquilibré, ou plus récemment l'attentat de San Bernardino,14 morts) ont été perpétrées avec des armes achetées en toute légalité.

    Même si le tueur de Newtown était un jeune déséquilibré, qui n’aurait jamais eu l’autorisation d’acheter une arme, ce tueur vivait avec sa maman qui, elle, possédait de nombreuses armes, des pistolets, des fusils, etc., en toute légalité. Et on se souvient que le jeune homme a tué sa mère dans son lit, avant d’aller mitrailler les enfants à l’école de Newtown. Les terroristes de San Bernardino avaient acheté leurs armes et leurs milliers de munitions sur Internet, en remplissant tous les critères.

    Selon l'esprit européen, ce sont des mesures qui peuvent apparaître comme  cosmétiques. Mais les organisations qui luttent pour limiter l’accès aux armes, et qui sont de plus en plus présentes et audibles, se sont toutes félicitées des mesures annoncées par Barack Obama. Elles expliquent que c’est un premier pas extrêmement important. Toutes brandissent le sondage cité par le président : 90 % des Américains se prononcent en faveur du contrôle des antécédents pour les acheteurs d’armes à feu.

    Quand on voit les réactions furieuses des lobbies « pro-armes », on comprend que ce que fait Barack Obama est quasiment une révolution dans la culture américaine.

    La NRA vent debout

    Avant même l’annonce de ces mesures, de nombreux candidats à la Maison Blanche, et la NRA (National Rifle Association) avaient d'ailleurs déjà réagi. Les uns pour annoncer qu’ils reviendraient sur ces mesures dès leur élection, comme Ted Cruz, Marco Rubio ou Donald Trump, et la NRA pour appeler leurs adhérents à résister à cette « atteinte à leurs droits fondamentaux ».

    La réaction de la NRA est intéressante, car elle nous permet de mieux comprendre l’enjeu. Sur son site, l'association annonce à ses adhérents « le début de la fin » car « l’administration veut confisquer nos armes, le deuxième amendement de la Constitution ne sera pas respecté ». C’est un argument qui porte, car c’est la peur qui fait acheter des armes. Après chaque tuerie de masse, les ventes d’armes montent en flèche. Les Américains s’arment, au cas où, c’est dans la culture américaine.

    Ainsi, un fait ne trompe pas : la première réaction après cette annonce a été celle de la Bourse de Wall Street, où les actions des fabricants d’armes étaient en hausse hier soir, entre 12 et 14 %. Car, même si Barack Obama explique qu’il n’est pas question de revenir sur le deuxième amendement de la Constitution, qui garantit aux Américains le droit de se défendre les armes à la main, la communication de peur diffusée par la NRA a eu son effet.


    Extrait du discours prononcé par Barack Obama

    « Je ne suis pas en campagne électorale, je ne tente pas de marquer des points, mais nous devons sentir l’urgence de la situation, car des gens meurent. Et les excuses constantes pour ne rien faire ne sont plus acceptables ! C’est pour cela que nous sommes réunis aujourd’hui, non pas pour discuter de la dernière tuerie de masse, mais pour agir, afin de tenter d’empêcher la prochaine tuerie.

    Je veux être très clair, je l’ai dit à de maintes reprises, je crois à la valeur du deuxième amendement, comme c’est écrit dans notre Constitution qui garantit le droit de porter des armes, malgré les nombreuses tentatives de déformer mes propos. Mais je crois aussi que nous pouvons trouver des voies pour réduire la violence due à la circulation des armes, dans le respect du deuxième amendement.

    Et contrairement à ce que certains lobbies pro armes suggèrent, cela n’est pas une annonce hypocrite, en prélude à des confiscations de masse. Le lobby des armes tient peut-être le Congrès en otage, mais il ne peut prendre le peuple américain en otage. Nous ne pouvons accepter ce carnage comme prix de notre liberté ! ».
    Traduction : Anne-Marie Capomaccio

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