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    Amériques

    «Carol» ne trouve pas sa place

    media Rooney Mara et Cate Blanchett (à droite) dans « Carol » de Todd Haynes. Number 9 Films Ltd. / Wilson Webb

    Carol raconte une histoire d’amour à New York, entre deux femmes dans l'Amérique des années 1950. Curieusement, le désir homosexuel des femmes et l'esthétique de l'image trouvent leur place, contrairement au récit du film de l’Américain Todd Haynes qui sort ce mercredi 13 janvier en salles.

    Depuis La Vie d’Adèle d'Abdellatif Kechiche, Palme d'or en 2013, présenter un long-métrage mettant en scène l’étincelle et les différents états de l’amour lesbien est devenu un exercice très délicat. Et c’est justement avec beaucoup de délicatesse que Todd Haynes nous installe dans cette histoire new-yorkaise des années 1950.

    A priori, tout sépare Thérèse et Carol. La jeune fille rêve de devenir photographe, mais travaille comme vendeuse au rayon des jouets dans un grand magasin de Manhattan. Carol est l’épouse frustrée d’un homme riche et la mère d’une petite fille pour laquelle elle cherche un cadeau pour Noël.

    C’est ainsi que la rencontre improbable se produit et se répète, car la belle bourgeoise a oublié ses gants sur le comptoir du magasin. Ce deuxième rendez-vous met sur les rails cet amour entre femmes, une relation très mal vue à l’époque.

    Capter l'indicible

    Comment montrer l’éveil des sens, l’éclatement des bourgeons sentimentaux quand ceux-ci ne sont pas encore visibles ? Todd Haynes arrive à capter l’indicible avec une caméra qui caresse les scènes et une lumière subtile reflétant l’ambiance des rues et la couleur des cœurs dans un impressionnant décor du New York des années 1950.

    Une époque coincée entre le maccarthysme avec sa virulente homophobie et un optimisme économique. C’est sur « These Foolish Things » de Lester Young qu’on comprend que, depuis longtemps, le couple de Carol bat de l’aile et que son cœur a choisi de se libérer, quitte à en payer le prix. Et ce dernier est fort.

    Le mari est prêt à dénoncer les aventures homosexuelles de sa femme pour réclamer en justice la garde exclusive de leur petite fille. Pour Carol commence alors un tiraillement entre les normes sociales, l’amour pour son enfant et son attirance charnelle pour Thérèse.

    Mais c’est le vent de la liberté qui souffle le plus fort : la jeune femme, qui n’arrivait jamais à dire non à personne, apprend de plus en plus à cadrer ses photos et sa vie. Et Carol, de son côté, refuse désormais d’agir contre sa nature. Elle assumera la vie qui correspond à ses sentiments.

    Entre Madame Bovary et La Vie d'Adèle

    Hélas, cette adaptation d’un roman sulfureux publié en 1952 par Patricia Highsmith donne l’impression de ne pas trouver sa place. Se déroulant un siècle après Madame Bovary et soixante ans avant le choc charnel de La Vie d’Adèle, Carol semble démodé, enfermé dans son époque comme les scènes de nu entre Cate Blanchett et Rooney Mara.
     
    Dotée de très belles actrices (avec une Rooney Mara couronnée par le Prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes), cette romance lesbienne suresthétisée atteint ses limites avec son imagerie sophistiquée. L’image est sublime, mais sur le fond, Carol ne nous apporte rien de nouveau.

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