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    Amériques

    Disparitions au Mexique: Amnesty pointe l'inertie des autorités

    media Marche de soutien aux 43 étudiants disparus, le 6 décembre 2014, à Mexico. REUTERS/Tomas Bravo

    Au Mexique, 27 000 personnes ont disparu ces six dernières années. Des enlèvements devenus une véritable plaie, qui alimente « une crise des droits humains aux allures d'épidémie », selon les mots d'Amnesty International. L'association publie ce jeudi un rapport sur ce phénomène tragique dans lequel elle dénonce l'incompétence et l'inertie des autorités mexicaines face à ce phénomène dramatique qui fait désormais partie du quotidien des Mexicains.

    Le Mexique est quotidiennement aux prises avec les enlèvements. En septembre 2014, l'affaire des 43 étudiants disparus avait bouleversé le pays. Il y a deux jours encore, mardi 12 janvier, 17 personnes qui se rendaient à un mariage ont été enlevées dans l'Etat du Guerrero ; la veille, cinq enseignants étaient kidnappés dans un collège.

    Dans son rapport publié ce jeudi, l'ONG Amnesty international dénonce l'inertie des autorités, quand ce n'est pas une responsabilité directe.

    « Quand elles [les familles] déclarent la disparition d’un de leurs proches, généralement il n’y a pas d’enquêtes, elles sont classées sans suite, regrette Geneviève Garrigos, présidente d'Amnesty International France, qui s'est rendue au Mexique le mois dernier. Et lorsqu’elles vont dénoncer ces disparitions, elles font elles-mêmes l’objet de menaces. »

    Sans l'aide de l'Etat, les proches entreprennent souvent des recherches de leur côté. « [Les familles] suivent des pistes, elles vont dans les montagnes, elles trouvent souvent des charniers avec des corps qui sont impossibles d’identifier. »

    Pas d'investigations

    Parfois la pression des proches - et de la communauté internationale - fait bouger les lignes, comme dans l'affaire des disparus d'Iguala. Mais bien souvent, les indices apportés ne sont pas traités, « et il n'y a pas d'investigations ».

    « Récemment, poursuit Geneviève Garrigos, il y a des mères à qui la police [a apporté] une urne contenant des cendres, en leur disant que c’était celles de leur enfant, mais il n’y a pas de preuves ADN. Il n’y a aucun élément qui puisse démontrer que c’est leur enfant et ça les plonge totalement dans un désespoir. Et elles n’ont aucun recours. »

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