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    Amériques

    Haïti: le candidat d'opposition Jude Célestin jette l'éponge

    media Une affiche de campagne de Jude Célestin dans une rue de Port-au-Prince, le 15 janvier 2016. REUTERS/Andres Martinez Casares

    La situation politique est explosive en Haïti, alors que doit se tenir dimanche le second tour de l'élection présidentielle. Le candidat de l’opposition Jude Célestin a annoncé, dans un entretien à écouter sur RFI ce mardi 19 janvier, qu’il boycottera le scrutin. Des violences ont émaillé des manifestations contre le pouvoir lundi à Port-au-Prince.

    Avec notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron

    C’est dans un contexte politique extrêmement tendu que doit se tenir ce dimanche le second tour de l’élection présidentielle haïtienne. Ce scrutin est censé opposer le candidat du pouvoir Jovenel Moïse à Jude Célestin. Mais le leader de l’opposition refuse de participer au scrutin, a-t-il annoncé à RFI :

    « Je n’irai pas à cette farce. Ce ne sera pas une élection, ce sera une sélection parce qu’il n’y aura qu’un seul candidat. Donc, ce sera un référendum, ce qui est interdit par notre Constitution. Il faut être deux pour danser le tango. Cette élection, c’est une élection à sens unique, c’est un coup d’Etat électoral qui sera fait le 24 », dénonce le candidat démissionnaire.

    Ton agressif dans une manifestation lundi

    Les opposants les plus radicaux à l’actuel président Michel Martelly ont manifesté lundi, incendiant au passage plusieurs véhicules et bloquant les rues du centre-ville de la capitale Port-au-Prince avec des barricades de pneus enflammés. Ils n’étaient que quelques centaines à hurler leur colère, mais le ton était nettement plus agressif que lors des dernières manifestations.

    « On ne veut pas de ces élections, parce que ceux qui les organisent ne sont pas honnêtes et crédibles. On ne va pas obéir à ces macoutes, on ne va pas obéir aux membres du régime. Il faut qu'ils remettent le pouvoir à des gens capables », exige Ulysse Juvner, l’un des protestataires.

    Lundi 18 janvier, des manifestants ont défilé à Port-au-Prince pour protester contre le processur électoral. REUTERS/Andres Martinez Casares

    Ingérence de la communauté internationale

    D’autres manifestants mettent les gens en garde : dimanche, ils n'hésiteront pas à user de la violence. « Le 24 janvier, on aura des machettes et des pierres dans nos mains, on va distribuer des claques, on sera dans les rues, il n'y aura pas d'élections, prévient Betty Milou. On le dit à tout le monde : fermez vos portes, restez chez vous. On ne veut pas de ces élections imposées par l'étranger. Les Américains, cette fois-ci ça ne passera pas. »

    S'ils réclament le départ du pouvoir de Michel Martelly, les manifestants dirigent donc aussi désormais leur colère contre la communauté internationale, dont le support aux élections est perçu comme de l'ingérence.

    L'entretien accordé par Jude Célestin à notre correspondante à Port-au-Prince sera diffusé dans la tranche Amériques de RFI ce mardi 19 janvier à 14h10 heure de Paris, 8h10 heure de Port-au-Prince.

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