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    Amériques

    Propagation exponentielle de la fièvre Zika sur le continent américain

    media Un employé de la ville de Caracas utilise des fumigènes contre les moustiques vecteurs du virus Zika, au Venezuela le 28 janvier 2016. REUTERS/Marco Bello

    Après l’Afrique, l’Asie et le Pacifique, le Zika frappe le continent américain. Début 2016, ce sont 23 pays et territoires de la région qui sont confrontés au virus transmis par le moustique du genre Aedes comme le sont la dengue, le chikungunya et la fièvre jaune.

    Le virus Zika recèle encore bien des mystères pour les scientifiques. Isolé pour la première fois chez des primates en 1947 dans la forêt de Zika, en Ouganda, puis l’année suivante chez un moustique de type Aedes, il n’avait pas spécialement attiré leur attention. Considéré comme bénin, il ne provoque en effet aucun désagrément chez 80 % des personnes piquées. 

    Propagation à bas bruit

    Chez la plupart des autres, le virus est à l’origine de symptômes comparables à ceux d’une grippe : fièvre, douleurs musculaires et articulaires, maux de tête… Puis, tout rentre dans l’ordre entre deux à sept jours. Cette propagation à bas bruit est particulièrement redoutée aujourd’hui, car elle se révèle au bout du compte explosive, estime l’Organisation mondiale de la santé.

    Sans conséquence très visible pour nombre de personnes, l’épidémie de Zika est par contre très dangereuse pour les femmes enceintes. Le virus peut en effet être transmis au fœtus et entraîner des malformations congénitales très graves.
     
    C’est ce que l’on rencontre notamment au Brésil, le pays le plus touché du continent américain avec 1,5 million de cas. Près de 4 200 cas suspects de microencéphalie (diminution du périmètre crânien pouvant altérer le développement intellectuel, voire entraîner la mort) y ont été recensés chez des nourrissons. Habituellement, on dénombre au Brésil moins de 160 cas par an de cette anomalie.
     
    De 3 à 4 millions de personnes contaminées
     
    Même si le lien formel n’a pas été établi entre le virus Zika et ces malformations, les autorités sanitaires locales comme l’Organisation mondiale de la santé, admettent une forte suspicion. En Colombie, au Salvador, en Équateur, au Brésil et en Jamaïque, il est dorénavant recommandé aux femmes d’éviter de tomber enceintes. Selon l’OMS, l’épidémie du virus Zika pourrait affecter de 3 à 4 millions de personnes sur le continent américain.
     
    Une autre complication rare, mais grave, peut survenir chez les personnes piquées par un moustique infecté : le syndrome de Guillain-Barré qui entraîne une forme de paralysie ainsi que des complications respiratoires, heureusement souvent réversibles.
     
    Face à la gravité de la situation, Margaret Chan la directrice de l’OMS a convoqué un comité d’urgence le 1er février. Il s’agira pour les experts de déterminer si l’épidémie constitue « une urgence de santé publique de portée internationale ».
     
    Ni remède, ni vaccin

    L’OMS craint notamment « le manque d'immunité parmi la population vivant dans les régions nouvellement infectées » et « l'absence de vaccins, de traitements spécifiques et de tests de diagnostic rapides ». En d’autres termes, que tout soit réuni pour une catastrophe sanitaire, d’autant plus a souligné Mme Chan que « la situation découlant d’El Nino », un phénomène climatique particulièrement puissant en 2015, devrait cette année accroître le  nombre de moustiques ».  
      
    Considérant être face à un « enjeu de santé publique », la ministre française de la Santé, Marisol Touraine, conseille de son côté aux femmes enceintes de l’Hexagone de « différer d’éventuels voyages » aux Antilles ou en Guyane française.
     
    Il n’existe actuellement ni remède, ni vaccin contre le virus Zika. Seules des mesures préventives peuvent limiter les contaminations. Il est ainsi recommandé de se protéger des piqûres avec des produits répulsifs, d’utiliser des moustiquaires, de couvrir ou de vider tous les contenants susceptibles de retenir de l’eau où les moustiques peuvent se reproduire.
     
    Zika, dengue et chikungunya à Libreville
     
    Le virus Zika a déjà provoqué des épidémies en Micronésie en 2007 et en Polynésie en 2013 où 55 000 malades avaient été répertoriés. Des chercheurs de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) rappellent qu’une épidémie concomitante de dengue et de chikungunya est survenue en 2007 à Libreville au Gabon.
     
    En analysant à nouveau les échantillons de sang prélevés au moment de l’épidémie, les scientifiques ont pu constater que les 20 000 personnes de la capitale gabonaise avaient en réalité été touchées par une triple épidémie de dengue, de chikungunya et de… Zika.
     
    A cette occasion, le virus avait également été isolé pour la première fois chez Aedes albopictus, le moustique tigre. Or, on a déjà observé la présence de ce moustique, en faible quantité, dans des régions tempérées comme dans le sud de la France. Quelques cas isolés de dengue et de chikungunya ont déjà été signalés, mais le traitement énergique par insecticides autour des habitations avait réussi à contrôler la situation.

        


    ■ Alerte épidémiologique en Amérique centrale

    Avec notre correspondant régional,  Patrick John Buffe

    Avec plus de 6 000 cas suspects depuis novembre dernier, le Salvador est de loin le pays d’Amérique centrale le plus touché par le virus Zika. Le ministère de la Santé incite les femmes salvadoriennes à éviter de tomber enceinte, au moins durant les douze prochains mois.

    La recommandation est la même chez les autorités du Honduras. Un pays qui a déjà comptabilisé plus de 1 000 personnes infectées depuis le 16 décembre dernier, date à laquelle a été confirmé le premier cas de contagion. Dans la capitale, Tegucigalpa, les autorités sanitaires sont en train d’enquêter sur la mort de deux patients pour savoir si leur décès sont dus à ce virus.

    Quant aux autres pays centraméricains, ils ont été, pour l'instant, partiellement épargnés. Au Nicaragua, où trois cas de contagion viennent d’être confirmés, le gouvernement se prépare à affronter l’épidémie en intensifiant les actions de fumigation. Ce que tente également de faire le Guatemala, un pays très vulnérable, où pourtant, seuls 68 cas ont été recensés jusqu’à présent.

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