GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Lundi 22 Août
Mardi 23 Août
Mercredi 24 Août
Jeudi 25 Août
Aujourd'hui
Samedi 27 Août
Dimanche 28 Août
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos
    • UE-France: les baisses d'impôt proposées par le gouvernement doivent être «compatibles avec les engagements» (Moscovici)
    • Pétrole: Téhéran veut récupérer sa part du marché d'avant les sanctions (ministre)
    • Attentat à Cizre en Turquie: au moins huit policiers tués, 45 blessés (agence)
    • Somalie: sept personnes sont mortes dans l'attaque, jeudi, d'un restaurant à Mogadiscio (officiel)
    • Séisme en Italie: encore une quarantaine de répliques plus légères dans la nuit de jeudi à vendredi
    • Au Népal, un autobus plonge dans une rivière dans la province de Chitwan, il y a 21 morts (responsable)
    Amériques

    Election américaine: un troisième candidat peut-il émerger?

    media L’ancien maire de New York, Michael Bloomberg, a laissé entendre qu’il serait intéressé par une candidature en tant qu’indépendant. Reuters/Brendan McDermid

    Alors que la course à l’élection présidentielle américaine a officiellement commencé le 1er février avec le caucus de l’Iowa, la campagne reste indécise. Face à cette incertitude, peut-on imaginer l’émergence d’un candidat issu d’un parti autre que les démocrates ou les républicains ? Par exemple, l’ancien maire de New York, Michael Bloomberg, a laissé entendre qu’il serait intéressé par une candidature en tant qu’indépendant. Même si son élection à la tête du pays est très improbable, car le bipartisme reste la règle aux Etats-Unis, la campagne ne devrait pas tourner uniquement autour de Donald Trump et d’Hillary Clinton, respectivement favoris dans les sondages du Parti républicain et du Parti démocrate.

    Selon des témoignages de ses proches, Michael Bloomberg souhaiterait se lancer dans une candidature indépendante à l’élection présidentielle américaine. Le multimilliardaire, magnat des médias et ancien maire (républicain puis indépendant) de New York n’a pas lui-même confirmé l’information.

    Mais selon le New York Times, Michael Bloomberg souhaiterait entrer dans la course, au cas où le sénateur du Vermont Bernie Sanders et le milliardaire Donald Trump remportent les investitures des deux grands partis, démocrate et républicain. Bloomberg représenterait alors une position modérée face à Sanders, qui n’a pas hésité à se présenter comme socialiste (ce qui constitue une injure aux Etats-Unis), et Trump, dont le discours populiste rebute une partie de l’opinion américaine.

    « Une hypothèse hautement improbable »

    Mais une élection qui se joue entre Sanders et Trump reste « une hypothèse hautement improbable », selon Nicole Bacharan, politologue spécialiste de la politique américaine. Elle explique :

    « Je ne vois pas comment l’un de ces candidats peut espérer recueillir la majorité des voix. Sauf si Sanders adopte des positions plus modérées et si Trump cesse d’être dans le spectacle et le divertissement, voire l’injure, et se met à faire de la politique, en adoptant un programme. »

    Bloomberg aurait annoncé à des proches qu’il prendra sa décision en mars. Si Sanders et Trump (ou Ted Cruz, vainqueur républicain du caucus de l’Iowa) se détachent, il aurait alors prévu de dépenser un milliard de dollars de sa fortune estimée à 41 milliards.

    « Même dans l’hypothèse Sanders-Trump, Bloomberg doit se dépêcher car une candidature dans les 50 Etats des Etats-Unis est une machine lourde à mettre en place. S’il attend le mois de mars, ce ne sera pas gagné d’avance », prévient Nicole Bacharan, auteur des Secrets de la Maison Blanche (éditions Perrin, avec Dominique Dimonnet).

    Un système électoral fermé

    De toute façon, le système électoral américain est si fermé qu’un candidat non issu du Parti démocrate ou du Parti républicain n’a aucune chance de gagner l’élection. Cela n’est jamais arrivé dans l’histoire des Etats-Unis.

    C’est une question d’argent, mais pas seulement, explique Amy Greene, enseignant-chercheur à Sciences Po Paris et également auteur de L’Amérique après Obama (éditions Autrement) :

    « D’abord, il y a un verrouillage institutionnel, parce qu’il n’y a pas de représentation proportionnelle lors des élections. Mais surtout, le territoire américain est si grand, qu’il faut l’infrastructure d’un grand parti, déjà bien implanté, pour parcourir le terrain et créer un réseau de militants dans chaque circonscription. C’est une sorte de cercle vicieux. »

    Les candidatures indépendantes ou de « petits partis » sont pourtant tout à fait ordinaires. Ainsi, pour la prochaine élection de 2016, de nombreux partis devraient désigner un candidat. En 2012, il y avait en tout 30 candidats. Mais la très grande majorité n’avait mathématiquement pas la possibilité de gagner.

    Le tiers candidat, en général associé à une « image négative »

    Car le système électoral américain est particulier : le scrutin présidentiel est uninominal à un tour et le candidat arrivé premier dans un Etat remporte, pour simplifier, la totalité des voix de cet Etat. Les candidatures qui arrivent à avoir un impact national – en dehors des deux grands partis – sont dès lors très rares. Vincent Michelot, universitaire spécialiste de l’histoire politique américaine, explique :

    « Généralement, l’apparition d’un tiers candidat important signifie que l’offre politique n’est pas satisfaisante. C’est déjà arrivé au XIXe ou au XXe siècle. Mais en général, il y a une image négative associée à ces tiers candidats, car ils prennent des voix au candidat dont ils sont le plus proche. C’était le cas, par exemple, à l’élection présidentielle de 2000, lors de laquelle Ralph Nader (candidat du Parti vert, ndlr) a été accusé d’avoir pris des voix au démocrate Al Gore en Floride, ce qui a facilité l’élection du républicain Georges W. Bush. »

    Cela est également arrivé en 1912 : l’ancien président républicain Theodore Roosevelt, déçu par la politique de son successeur, également républicain, William Taft, s’est présenté comme le candidat du mouvement progressiste. Le camp du Grand Old Party avait alors été divisé, ce qui avait permis l’élection du candidat démocrate Woodrow Wilson.

    Ceci fait dire à Vincent Michelot, également directeur de Sciences Po Lyon, que « Bloomberg ne se présentera pas si Hillary Clinton est choisi par le Parti démocrate, et encore moins si le sénateur de Floride Marco Rubio, modéré, est investi par le Parti républicain ».

    Donald Trump comme candidat indépendant ?

    Dans une telle perspective, peut-on alors envisager une candidature de Trump comme indépendant ? Dans un premier temps, celui-ci avait annoncé qu’il se présenterait de manière indépendante s’il n’était pas désigné par le Parti républicain pour la course à la Maison Blanche. Mais en septembre, il s’était rétracté et avait fait « allégeance » à son parti.

    « Ce serait désastreux pour Trump de se présenter en indépendant s’il n’est pas choisi par la primaire républicaine, alors qu’il a choisi de se prêter à ce jeu démocratique. Mais la rationalité disparaît avec Trump, donc on ne peut exclure aucun scénario », explique Vincent Michelot, notamment auteur de l’ouvrage Le président des Etats-Unis : un pouvoir impérial ? (éditions Découvertes Gallimard). Mais sans l’investiture républicaine, Trump « n’aura aucune chance, selon Marie-Cécile Naves, sociologue spécialiste des Etats-Unis. Cela coûterait trop d’argent, pour un échec presque assuré ».

    « Le plus vraisemblable : un républicain modéré qui émerge »

    « Ce qui est le plus vraisemblable aujourd’hui, décrypte Nicole Bacharan, c’est qu’il y ait un républicain plus modéré qui émerge. » Car les deux favoris, qui sont également arrivés premiers lors du caucus de l’Iowa, sont les candidats outranciers Ted Cruz, sénateur du Texas, et Donald Trump.

    « Ces deux candidats ne sont pas appréciés par les instances du Parti républicain, explique Marie-Cécile Naves, notamment auteur du Nouveau visage des droites américaines (éditions Fyp). Trump n’aurait aucune chance face à Hillary Clinton et Ted Cruz est trop clivant, c’est un jusqu’au-boutiste qui n’aime pas le compromis. Les deux ne pourront compter que sur l’électorat républicain dur, ils ne pourront pas séduire l’électorat hispanique ou les femmes. »

    Parmi les républicains plus modérés et donc plus susceptibles d’emporter l’élection, ressortent le gouverneur de l’Ohio, John Kasich, mais surtout Marco Rubio. Sénateur de Floride, ce dernier est arrivé troisième dans le caucus de l’Iowa (23,1 %), talonnant de près Donald Trump (24,3 %).

    « Ce résultat important de Rubio n’est pas une surprise, analyse Vincent Michelot. Ce caucus de l’Iowa permet, pour la première fois dans cette campagne, d’avoir des chiffres rationnels. Depuis septembre, on est passé de Donald Trump à Ben Carson, en passant par Ted Cruz. Ce sont des hommes politiques qui sortent tout à fait de l’ordinaire. Mais Trump est tombé de 10 points par rapport à ce que lui donnaient les sondages, tandis que Rubio a gagné environ 7 points. Après le caucus de l’Iowa et la primaire du New Hampshire (qui se tiendra le 9 février, ndlr), on devrait revenir à une lecture plus historique, plus rationnelle des élections. »

    Et de conclure : « Rappelons que ni Mike Huckabee ni Rick Santorum n’avaient remporté l’investiture républicaine, alors qu’ils étaient arrivés premiers dans l’Iowa en 2008 et en 2012. »


    Le candidat désigné par le Parti républicain ne gagne pas forcément le caucus de l'Iowa

    Date Candidat arrivé premier au caucus de l'Iowa Candidat finalement désigné par le Parti républicain
    1976  Gerald Ford  Gerald Ford
    1980  George H. W. Bush  Ronald Reagan
    1984  Ronald Reagan  Ronald Reagan (seul candidat)
    1988  Bob Dole  George H. W. Bush
    1992  George H. W. Bush  George H. W. Bush (seul candidat)
    1996  Bob Dole  Bob Dole
    2000  George W. Bush  George W. Bush
    2004  George W. Bush  George W. Bush (seul candidat)
    2008  Mike Huckabee  John McCain
    2012  Rick Santorum  Mitt Romney
    2016  Ted Cruz  ?

     

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.