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    Amériques

    Etats-Unis: le Pentagone publie des photos d'abus sur des prisonniers

    media Une des 198 photos des abus infligés aux prisonniers détenus dans des centres de détention américains en Irak et en Afghanistan durant l'ère Bush. Department of Defense / Department of Defence / AFP

    Le Pentagone s’est finalement résolu à publier vendredi 5 février une série de photos de sévices infligés à des prisonniers par des soldats américains sous l’ère Bush, en Irak et en Afghanistan, après douze ans de bataille juridique. Mais près de 2 000 clichés demeurent encore à ce jour secrets.

    Les 198 images rendues publiques par le Pentagone témoignent des abus infligés à des prisonniers par des militaires américains sur des bases de l’US Army, en Irak et en Afghanistan, entre 2004 et 2006. On y voit essentiellement de gros plans de coupures, contusions, lésions, sur différentes parties du corps des prisonniers.

    Le Pentagone précise que ces clichés ont été récupérés dans le cadre d'enquêtes pénales concernant 56 cas présumés de mauvais traitements infligés par des militaires américains. Sur ces 56 cas, 14 ont été considérés comme des abus, aboutissant à des sanctions disciplinaires pour 65 personnes, dont au moins une condamnation à la prison à vie, selon un porte-parole du Pentagone.

    La publication de ces images est l’aboutissement d’une longue bataille juridique engagée par l’American Civil Liberties Union (Aclu), une association américaine de défense des droits civiques. Dans le cadre de la loi sur la liberté de l’information, l’organisation lutte depuis octobre 2003 pour que l’administration américaine révèle ces photos de tortures infligées sous l’ère Bush.

    Les revirements de l’administration Obama

    Alors que Barack Obama s’était engagé à dévoiler ces images, promettant une nouvelle ère de transparence, le président américain est revenu sur sa décision en mai 2009, quelques mois après sa prise de fonctions. Plusieurs de ses conseillers, dont Robert Gates, alors secrétaire à la Défense, ont, à l’époque, estimé trop dangereux de divulguer des photos pouvant mettre en danger leurs troupes sur le terrain.

    Quelques mois plus tard, le Congrès adoptait une nouvelle loi permettant au secrétaire à la Défense d’exempter ces photographies de toute publication pendant trois ans. Une exemption que Leon Panetta a prolongée en 2012 et que son successeur, Ashton Carter, a de nouveau étendue en novembre dernier. Dans le même temps, l’actuel directeur du Pentagone a néanmoins ouvert la voie à la publication de ces 198 photographies.

    Un revirement qui fait suite à la décision d’un juge fédéral de New York. Fin 2014, Alvin Hellerstein a exigé du département américain de la Défense qu’il justifie, image par image, les raisons le poussant à s’opposer à la divulgation de plus de 2 000 clichés. Sous la pression de la justice, le Pentagone a donc décidé de diffuser une partie de ce lot, mais l’Aclu estime que c’est encore « insuffisant », dans la mesure où plusieurs centaines d’autres restent encore sous scellés.

    Encore 2 000 clichés non révélés

    « Ces images montrent des individus avec des blessures d’une gravité variable. Qu’est-ce qu’il y a sur les 1 800 photographies que le gouvernement n’a pas publié ? » interroge Jameel Jaffer, directeur adjoint du département contentieux de l’Aclu, dans un communiqué. « La publication sélective du gouvernement risque de donner au public une représentation trompeuse de la véritable ampleur de ces sévices », estime-t-il.

    « Elles illustrent juste une petite partie » de la « torture pratiquée par le gouvernement américain », renchérit de son côté dans un autre communiqué Naureen Shah, de l’ONG Amnesty International. Elle « n’était pas juste le fait de quelques moutons noirs, elle était systémique et ordonnée par les plus hauts niveaux du gouvernement ».

    Dans un communiqué, le commandant Gary Ross, porte-parole du Pentagone, assure que des hauts gradés de l’armée ont été consultés avant la publication des photos et que « les Etats-Unis vont assurer le traitement humain, en toute sécurité et légalité, des individus détenus par les Etats-Unis dans le contexte des conflits armés ».

    Mais l’Aclu se dit déterminée à poursuivre son combat pour la publication de l’ensemble de la série devant la justice. « Les images non divulguées sont la meilleure preuve des abus graves qui se sont produits dans les centres militaires de détention », estime Jameel Jaffer.

    Le scandale d’Abou Ghraïb

    Les photos publiées vendredi, bien que choquantes, ne devraient pas avoir le même impact que les clichés sur les conditions de détention de certains prisonniers à Abou Ghraïb en Irak en 2004. Certains détenus affirmaient avoir subi des abus physiques et sexuels, des décharges électriques et avoir été soumis à des simulacres d'exécution.

    Onze militaires américains ont été condamnés en cour martiale à la suite des révélations sur les sévices à Abou Ghraïb, dont Lynndie England. Cette dernière était devenue tristement célèbre pour des images la montrant devant des détenus entravés, menacés par des chiens ou entassés les uns sur les autres. Elle avait été condamnée à trois ans de prison et radiée de l'armée.

    Les conséquences de la publication de ces 198 photographies risquent d’être bien moins importantes que lors du scandale d’Abou Ghraïb. Et c’est aussi la raison pour laquelle l’Aclu veut poursuivre son bras de fer. Un des avocats de l’association, Alex Abdo, est convaincu que « les images non divulguées devraient montrer que les cas de mauvais traitements étaient si courants que ça ne pouvait venir que d’une politique ou d’un climat favorisant les abus. C’est pourquoi le gouvernement doit publier l'intégralité des photos et c’est pourquoi cette sélection est si troublante ».

    Des détenus dans la prison d'Abou Ghraïb en Irak, tristement célèbre pour les sévices qui y ont été infligés par des militaires américains à leurs prisonniers. REUTERS/DoD/Handout via Reuters

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