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    Amériques

    Colombie: le carnaval de Barranquilla, numéro 3 mondial

    media Danseuse du carnaval de Barranquilla, le 6 février 2016. Najet Benrabaa

    Les festivités ont débuté le 16 janvier, mais le réel carnaval a résonné dans les rues de Barranquilla le dernier week-end, du 6 au 9 février, soit quatre jours avant le Carême. Plus d'un million et demi de participants étaient attendus pour admirer les différentes parades qui traversent la ville, la quatrième plus peuplée du pays après Bogota, Medellin et Cali. Carnaval rime avec fête, déguisements et alcool. Cet événement folklorique, inscrit au patrimoine immatériel mondial de l'Unesco depuis 2003, est aussi une manne financière pour la ville. De quoi défendre son rang de troisième carnaval le plus important du monde après celui de Rio de Janeiro et Venise.

    De notre correspondante en Colombie,

    Samedi 6 février, 11h30 dans une artère principale de Barranquilla. Personne. Les boutiques ferment leurs portes une à une et les vendeurs ambulants d'accessoires de fête tentent de faire recette. Il reste 30 minutes avant le début de la bataille des fleurs, la parade qui lance officiellement le carnaval. Les barranquilleros, habitants de Barranquilla, et les touristes s'agglomèrent autour des stations de Transmetro, le service de transport de la ville.

    Dans les bus, ce sont fusions de couleurs et costumes en tout genre : de la souris Minnie de Walt Disney au traditionnel masque de « marimonda », composé d'un long nez et de grandes oreilles tels ceux d'un éléphant. Il se porte avec une veste et un pantalon mis à l'envers. Il a été créé par un barranquillero pour ridiculiser et embarrasser la haute société. Aujourd'hui, il symbolise l'humour et l'esprit de l'homme né à Curramba La Bella (jeu de mots pour dire Barranquilla) qui aime le plaisir sain.

    Le défilé se déroule le long de la rivière Magdalena, sur la « Via 40 », une des plus grandes avenues de la ville. Il est très difficile de se faufiler entre les spectateurs pour prendre des photos. Il y a des barricades et des gradins de chaque côté. Il reste très peu d'accès libres. Miguel, un barranquillero et taxi de 55 ans, regrette cette nouvelle organisation : « Avant le carnaval était pour le peuple. On y avait tous accès. C'était avant tout pour nous. Aujourd'hui, c'est devenu une machine à fric. »

    Maquillage traditionnel en référence aux esclaves colombiens, Barranquilla, le samedi 6 février 2016. Najet Benrabaa/RFI

    « De plus en plus de touristes chaque année »

    Un siège par jour en gradin coûte 50 000 pesos, soit environ 13,50 euros. Pour un Colombien, c'est une somme considérable lorsque le salaire moyen est de 200 euros. Jimmy est accompagné de sa femme et ses trois enfants. « On est venu très tôt pour se placer à un endroit où les enfants pourraient voir le défilé. Imaginez, si je paie pour tout le monde. On arrive à 250 000 pesos (67 euros). C'est trop ! En plus, vu le monde, on a dû s'organiser avec mon frère et mon père pour qu'il y ait un adulte pour surveiller chaque enfant. »

    Markos, 40 ans, confirme que la fréquentation ne cesse d'augmenter. « J'ai l'impression qu'il y a de plus en plus de touristes chaque année. Avant, par exemple, on ne voyait pas de Chinois. Aujourd'hui, il y en a. A chaque coin, il y a autant de Colombiens que de touristes. » Il vient d'ailleurs de faire la connaissance de Becky, une Britannique venue avec un groupe d'amis étrangers d'Australie et de Grande-Bretagne. « C'est magnifique. Il y a des couleurs dans tous les sens. Les gens boivent de la bière et dansent depuis des heures. La parade est très longue. Ça va faire presque trois heures maintenant. Et il y en a encore. »

    Plus d'un million et demi de participants

    Au total, 153 groupes, associations ou organisations ont défilé pour cette bataille des fleurs avec en ouverture la reine du carnaval Marcela Garcia Caballero, barranquillera et journaliste. Il y en aura autant pour les défilés avec le roi et « la parade de la tradition » du dimanche.

    La fête ne s'arrête pas au défilé. Bien au contraire. Elle marque en fait le début de la nuit blanche faite de danse dans les bars, et discothèques ou même sur le perron de sa maison. Les habitants sortent leurs sonos et s'installent pour danser salsa, cumbia et vallenato. Certains quartiers organisent des « Carnavalada », un spectacle qui mélange pièces de théâtre, sketches et démonstrations de danses. Ainsi jusqu'au petit matin, durant quatre jours.

    Le début de semaine sera même férié pour certains travailleurs, pour faciliter la fête et se débarrasser de la gueule de bois causée par l'abus de bière locale, la « Aguila » (l'aigle). Selon la directrice du carvanal, Carla Celia, « 20 000 emplois directs et indirects sont créés et les hôtels remplissent à 98 % ». Depuis la première bataille des fleurs en 1903, le nombre de participants n'a cessé de croître pour atteindre aujourd'hui plus d'un million et demi, alors que la ville compte à peu près le même nombre d'habitants.

    Pour en savoir plus :

    Transmetro
    Carnaval de Barranquilla
    L'Unesco

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