GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Dimanche 28 Août
Lundi 29 Août
Mardi 30 Août
Mercredi 31 Août
Aujourd'hui
Vendredi 2 Septembre
Samedi 3 Septembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Amériques

    Primaires américaines: «Internet a changé la façon de faire campagne»

    media Marco Rubio met bien en avant son site Internet lors de ses meetings et lors des débats républicains, en vue de l’élection présidentielle américaine de 2016. REUTERS/Carlo Allegri

    Cela devient une antienne à chaque élection, mais c’est la réalité : depuis 2008 et l’élection à la présidentielle américaine de Barack Obama, les candidats utilisent les réseaux sociaux comme outil de campagne. Et cette élection de 2016 est loin de faire exception, à la différence près que les usages ont changé par rapport à 2008 et même 2012. Aujourd’hui, les soutiens des différents candidats redoublent d’inventivité pour faire campagne sur Internet.

    Des femmes soutenant Bernie Sanders ont ainsi décidé d’utiliser Tinder pour faire campagne en faveur du candidat démocrate. Transformant cette application de rencontres en une plateforme politique, l’une d’elles, Robyn Gedrich, interrogée par Buzzfeed, explique avoir voulu inciter les hommes avec qui elle matchait (c’est-à-dire qui approuvaient son profil) à voter pour le sénateur du Vermont : « S’ils matchent, (les gars) peuvent aussi faire une bonne action et donner à l’homme, au mythe, à la légende, Bernie. »

    « Le détournement d’applications sociales pour en faire une plateforme politique n’est pas nouveau, explique Clémence Pène, chercheuse en sciences politiques qui a participé aux campagnes de Barack Obama en 2008 et 2012. C’était déjà le cas à l’élection de 2008, avec la vidéo Obama Girl, d’une mannequin qui chantait en mini-short pour Obama, publiée sur YouTube. »

    « Il y avait aussi la chanson It’s raining McCain [référence à It’s Raining Men, ndlr], d’un trio en faveur de John McCain, le candidat républicain, publiée aussi sur YouTube, ajoute Clémence Pène. En 2016, c’est juste le support qui a changé. »

    Les réseaux sociaux permettent de créer une fidèle communauté

    Le nombre de soutiens de Bernie Sanders qui utilisent Tinder est inconnu. Son équipe officielle de campagne n’a pas clairement encouragé cette pratique, rapporte Buzzfeed. Sur un groupe Facebook de soutiens à Bernie Sanders, certains semblent s’inquiéter que ces pratiques sur Tinder ne nuisent à sa campagne. Une femme invite ainsi à « ne pas spammer les gens et à ne pas se disputer s’ils ne sont pas d’accord ».

    Grâce à ces internautes lambda qui le soutiennent, Bernie Sanders a réussi à fédérer autour de lui une communauté. Celle-ci a tout intérêt à être libre pour rester mobilisée, selon Anaïs Théviot, auteur d’une thèse sur le militantisme partisan en ligne : « Bernie Sanders n’a pas intérêt à vouloir contrôler la parole de ses militants. Quand des candidats veulent avoir un contrôle fort, les soutiens se désinvestissent, car cela casse l’esprit d’une campagne, l’idée de mobilisation. Le mieux, c’est de laisser-faire, les éventuels commentaires négatifs se retrouvant noyés dans la masse. »

    Et si Sanders est populaire, c’est surtout grâce à cette communauté qui le soutient. Car même s’il est présent sur tous les réseaux sociaux, il est parfois, en termes de « followers », loin derrière sa rivale démocrate Hillary Clinton ou les autres candidats républicains, comme Donald Trump.

    Méthode de calcul : chiffres au 10 février 2016. Lorsqu’un candidat avait plusieurs comptes, le compte avec le plus de fans a été retenu.

    Avec Snapchat, une façon de parler aux jeunes

    Tous les candidats ont donc envahi les réseaux sociaux, qu’il s’agisse de Facebook, Twitter, Instagram, YouTube, Tumblr ou Snapchat. En utilisant parfois deux comptes, l’un personnel et l’autre pour la campagne.

    « Depuis 2008, Internet a changé la façon de faire campagne aux Etats-Unis. Aujourd’hui, on retrouve toutes les techniques qui ont alors été développées : porte-à-porte ciblé via des bases de données d’électeurs, ciblage des appels aux dons, usage presque boulimique des réseaux sociaux, etc. », analyse Anaïs Théviot, également attachée temporaire d’enseignement et de recherche à Sciences-Po Bordeaux.

    Selon elle, « le réseau social qui est le plus mis en avant en 2016 est Snapchat. Les candidats s’y sont mis récemment finalement, mais cela leur permet de faire plus jeune ». Cette application de partage de photos et de vidéos est très prisée des 13-34 ans. Les candidats cherchent donc à séduire cet électorat jeune, qui vote parfois pour la première fois.

    Bernie Sanders en profite ainsi pour faire oublier qu’il est, à 74 ans, le doyen de cette élection, comme lors de sa première publication sur Snapchat :

    « Pour son premier post sur Snapchat, Clinton a également publié une photo d’elle lorsqu’elle était plus jeune, une façon de jouer avec cette population spécifique qui utilise l’application », indique Anaïs Théviot.

    « Le plus déterminant aujourd’hui : les soutiens »

    Pour Clémence Pène, aujourd’hui responsable de la communication numérique à la mairie de Paris, « Snapchat n’est pas non plus le réseau social structurant de cette campagne, car ce n’est pas un réseau mainstream, il reste surtout utilisé par les adolescents ». Elle ajoute que « ce qui est le plus déterminant dans la campagne des primaires, ce sont les soutiens. Un réseau comme Instagram permet par exemple de les afficher ». Et de donner l’exemple de la star Emily Ratajkowski, qui a apporté son soutien à Bernie Sanders, sur son compte suivi par plus de 4,7 millions de personnes :

    « Instagram permet aussi de montrer les coulisses de la campagne, d’une émission de télévision ou du staff », poursuit Clémence Pène. C’est le cas, par exemple, du républicain Donald Trump, qui poste des photos de lui dans son jet privé lorsqu’il sillonne le pays :

    « Il est aujourd’hui trop tôt pour dire quel réseau social sera le plus déterminant dans l’élection, conclut Clémence Pène. Aujourd’hui, dans les primaires, on est plus dans une phase de likes, de soutiens. Mais peut-être qu’on est arrivé à un stade de maturité dans notre connaissance du big data en politique. La petite surprise, c’est que maintenant tout le monde a les cartes en main pour être actif sur les réseaux sociaux. Donc 2016 sera peut-être l’élection qui se jouera plutôt sur le fond. »

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.