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    Amériques

    Primaire républicaine: le succès de Trump met le parti dans l’embarras

    media Le candidat républicain Donald Trump, le 9 février 2016 à Manchester dans le New Hampshire. REUTERS/Jim Bourg

    Le magnat américain Donald Trump a remporté la première victoire électorale de sa carrière avec 35 % des suffrages lors de la primaire républicaine du New Hampshire, mardi 9 février. Il devance le gouverneur de l’Ohio John Kasich, crédité de 16 % des voix. Viennent ensuite Ted Cruz, Jeb Bush et Marco Rubio, dans un mouchoir de poche. Pour le milliardaire, ce résultat compte beaucoup. Il le rend incontournable, dans un camp républicain pourtant réticent.

    Avec notre envoyée spéciale à Manchester (New Hampshire),  Anne-Marie Capomaccio

    L’entrée de Donald Trump sur scène était réglée comme du papier à musique. Le vainqueur du jour a attendu la fin du discours du démocrate Bernie Sanders pour apparaître sur le morceau Revolution des Beatles, face à une foule surexcitée par des heures d’attente dans le froid, ainsi que par l’annonce des résultats.

    Visiblement ému par la première victoire politique de sa carrière, le sulfureux milliardaire a réitéré ses promesses d’une Amérique qui va gagner dans tous les domaines. Emu certes, mais plus sûr de lui que jamais : « Je serai le meilleur président pour l’emploi que Dieu ait jamais créé », a-t-il lancé à ses partisans.

    Les supporters de Donald Trump sont manifestement séduits et soulagés par ce succès. Ce discours est par exemple celui que Jason Villeneuve attendait : « Tout ce qui importe, c’est qu’il est coriace. Est-ce qu’il est gentil ? Pas toujours ! A-t-il raison ? Pas toujours ! Est-il coriace ? Toujours ! »

    Après cette soirée, le magnat de l'immobilier devient incontournable dans un Parti républicain jusqu'ici réticent. Un parti que le champion des sondages ignore superbement. M. Trump le répète à l’envi, il considère les politiciens professionnels comme des incompétents. « Seule mon expérience d’homme d’affaires peut sauver l’Amérique de la faillite », argue-t-il.

    A la recherche d'un recours

    Le sérail républicain, qui avait parié sur un feu de paille lorsque Donald Trump a déclaré sa candidature, se retrouve aujourd'hui face à un dilemme : accepter ou non cet incontrôlable candidat, si sa victoire dans le New Hampshire se confirme dans les autres Etats.

    Rebuté à la perspective d’être représenté par un tel trublion dans l'élection présidentielle américaine de novembre prochain, l’establishment du parti se cherche désespérément un recours. Un candidat qui puisse rassembler les électeurs refroidis par les outrances du businessman.

    La semaine dernière, grâce à son bon score dans le caucus de l'Iowa, le jeune sénateur de Floride Marco Rubio semblait en mesure de représenter cet espoir. Mais sa mauvaise performance de mardi soir - il arrive cinquième avec environ 10 % - ne présage rien de bon pour la suite. En revanche, un autre candidat a réussi une percée dans le New Hampshire : le gouverneur de l’Ohio, John Kasich, deuxième du scrutin.

    C’est le plus modéré des prétendants républicains. Tout l’oppose à Donald Trump : ses positions sur la couverture sociale comme son refus public d’expulser les sans-papiers. Pour l’instant, sa position est fragile, toujours menacée par Jeb Bush ou Marco Rubio, qui aspirent encore à incarner ce recours. Le Parti républicain demeure donc déchiré. La seule évidence, c’est qu’il faudra désormais composer avec Trump.

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