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    Amériques

    La Havane, escale de la réconciliation entre chrétiens d'Orient et d'Occident

    media Le pape François et le patriarche Kirill (à gauche) se rencontreront le 12 février à l'aéroport de La Havane. REUTERS/Montage RFI

    Une rencontre historique entre le pape de l'Eglise catholique de Rome, François, et le patriarche de l'Eglise orthodoxe russe, Kirill. Aucune rencontre à ce niveau n'a eu lieu entre les deux Eglises depuis le XVIe siècle. Profitant de la visite du patriarche à Cuba et de l'escale du pape en route vers le Mexique, les deux primats vont avoir un entretien ce vendredi à l'aéroport de la Havane.

    De notre correspondante à Moscou

    Cette rencontre devrait permettre au patriarche Kirill d'asseoir son autorité au sein du monde orthodoxe. Les quinze Eglises orthodoxes qui existent dans le monde, doivent tenir un concile en juin, et Kirill, patriarche de l’Eglise qui a le plus de fidèles, était le seul à n’avoir jamais rencontré le pape. Ce sera donc chose faite.

    Sur le plan politique, même si le Patriarcat affirme avoir pris sa décision en toute indépendance, le Kremlin voit cette rencontre d’un bon œil. Elle permet de dire que la Russie n’est pas isolée. Vladimir Poutine avait donné le ton en rencontrant le pape François en juin dernier.

    Du côté catholique, le pape n'insiste plus, comme le fit Jean-Paul II dans les années 1990, pour venir à Moscou. Ce qui n’était pas du tout du goût du Patriarcat, qui n’avait aucune envie de recevoir un pape polonais, éminemment politique.

    Le pape François se montre également discret à propos de l’Eglise uniate d’Ukraine, une Eglise de rite orthodoxe qui reconnaît l’autorité du pape, et qui est la principale cause de siècles de désaccord entre Moscou et Rome. On ne devrait donc pas en parler à Cuba. En revanche, on parlera des sujets de préoccupations communes, c'est-à-dire de la persécution des chrétiens d’Orient, et la morale séculière. Sur ce point, la famille, l’homosexualité, l’avortement, l’euthanasie, les deux Eglises sont sur la même longueur d’onde.

    ■ Pourquoi Cuba ?

    « Il a été décidé que cette rencontre devait avoir lieu sur un terrain neutre, bien entendu, ni à Moscou ni à Rome. Pas en Europe non plus, car bien que l’Europe soit un continent chrétien depuis des siècles, il est chargé d'une histoire parfois douloureuse, liée aux relations houleuses entre les chrétiens d'Orient et les chrétiens d'Occident. Donc la décision a été prise d'exclure l'Europe pour éviter toute interprétation, toute signification supplémentaire non souhaitable. Il s'agit d'une décision conjointe.

    Et le choix de Cuba n'est pas dû au hasard, car le continent latino-américain est majoritairement chrétien, et c’est un continent où, contrairement à ce qui se passe en Europe, le christianisme se développe activement, ce qui nous réjouit», a expliqué le prêtre Alexandre Volkov, porte-parole du Patriarcat de Moscou.

    «La préoccupation la plus importante de l'Eglise russe est liée à l'Ukraine»

    En 1439, les représentants des Eglises d'Orient et d'Occident se rencontrent, et tentent une « Union » entre les deux Eglises. Un accord est trouvé : les orthodoxes conservent leurs rites, mais acceptent l'autorité du pape. C'est ainsi qu'est né l'Eglise « uniate » qui existe encore aujourd'hui en Ukraine. Mais le Patriarcat de Moscou rejette cet accord.

    Aujourd'hui encore, l'Eglise uniate est une pierre d'achoppement entre Rome et Moscou, comme l'explique Boris Falikov, spécialiste des religions : « La préoccupation la plus importante de l'Eglise russe est liée à l'Ukraine. Ce sont les uniates qui ont adopté une position très rigide à l'égard de la Russie compte tenu des tensions actuelles dans les relations russo-ukrainiennes. A toutes les propositions du pape pour une rencontre, Kirill répondait : « oui, il faudrait bien, mais pour l'instant le problème en Ukraine n'est pas résolu ». 

    Faute d'accord, les deux Eglises ont décidé de taire ce problème pour l'instant. Par ailleurs, les orthodoxes ne reprochent plus aux catholiques de faire du prosélytisme en Russie, comme dans les années 1990, à l'époque de Jean-Paul II. Le chef de l'Eglise orthodoxe russe était le dernier dignitaire chrétien dans le monde à n'avoir jamais rencontré le pape. Cet isolement ne lui était plus bénéfique. Il a donc accepté la main que lui tendent les catholiques depuis les années 1990.

    Le feu vert du Kremlin

    Officiellement, le Patriarcat affirme qu'il n'a pas mis au courant le Kremlin de son initiative, prise en commun avec Rome. Mais la plupart des experts estiment que l'Eglise et le pouvoir étant très proches en Russie, le Kremlin a forcément donné son feu vert.

    « En ce moment la Russie est très isolée. Elle est devient un pays paria. Donc l'un des objectifs du président Poutine, c'est de sortir de cet isolement, mais sans perdre la face. C'est pour ça qu'il a rencontré le pape François. Cette rencontre était destinée à souligner, à montrer au monde entier, que 'nous ne sommes pas des parias', que 'nous avons des intérêts communs avec l'Occident', en particulier en ce qui concerne la Syrie, et la protection des chrétiens syriens », analyse Boris Falikov, chercheur et spécialiste des religions. 

    « Dans cette logique, la rencontre du patriarche Kirill avec le pape François s'inscrit dans le prolongement de la politique russe pour sortir de l'isolement, et pour améliorer son image aux yeux du monde. Je ne pense pas qu'il y ait eu de pression de la part du Kremlin, mais sans aucun doute le Kremlin a donné son feu vert à cette rencontre. Dans ce cas précis, on peut dire que les intérêts de l'Eglise orthodoxe russe, en la personne du patriarche Kirill, et les intérêts de l'Etat russe, en la personne du président Poutine, sont convergents », souligne Boris Falikov.

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