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    Amériques

    Primaires américaines: qui finance la campagne des candidats?

    media Un homme brandit une pancarte lors d’une manifestation contre l’argent en politique, devant la Cour suprême de Washington, le 8 octobre 2013. Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

    Aux Etats-Unis, la campagne des primaires est bien entamée et la question du financement de cette campagne se pose tellement que les candidats en ont fait un argument politique. « Je finance moi-même ma campagne », se vante souvent le candidat républicain Donald Trump, qui en conclut qu’il n’est pas dépendant des lobbys. Le démocrate Bernie Sanders, de son côté, a toujours affirmé qu’il n’accepterait jamais d’argent des Super PAC, ces comités qui soutiennent certains candidats à coup de millions de dollars d’argent privé. Mais où sont le vrai et le faux dans ce qu’affirment les différents candidats ?

    Financer une campagne électorale aux Etats-Unis n’est pas une mince affaire. Pour faire simple, les candidats peuvent se financer par deux principaux moyens :

    • Leur comité de campagne
      Ce dernier peut être lui-même financé par le candidat en personne (sur fonds propres ou via un prêt), par des donations privées (limitées à 2 700 dollars), ou par le parti du candidat, etc. ;
    • Les lobbys, également appelés PAC

    Les PAC, pour comités d’action politique (Political action commitee en anglais), sont des lobbys qui s’organisent pour contribuer financièrement à une campagne politique. Pour une campagne électorale, l’argent que les PAC peuvent recevoir de leurs membres est limité à 5 000 dollars par personne. Seuls les citoyens peuvent donner de l’argent. Sont donc exclus les entreprises et les syndicats.

    Mais s’ils sont indépendants des partis politiques et des candidats, les PAC n’ont pas de plafond de dons et peuvent également recevoir des dons d’entreprises ou de syndicats. Ces PAC « indépendants », appelés Super PAC, sont, de fait, utilisés pendant les campagnes pour favoriser un candidat ou en dénigrer un autre. Les Super PAC permettent aux candidats d’être soutenus avec des fonds quasiment illimités. La seule condition est que le candidat ne soit pas en relation directe avec le Super PAC, les deux restant juridiquement indépendants l’un de l’autre.

    « Les Super PAC faussent la campagne », affirme à l’AFP Lawrence Noble, un ancien responsable de la Commission électorale fédérale (FEC), l’agence indépendante chargée de faire appliquer la loi sur le financement électorale américain. Il ajoute : « L’argent ne peut pas combler les lacunes d’un mauvais candidat, mais il permet de le maintenir en vie alors qu’il devrait déjà être hors course. »

    Jeb Bush reçoit beaucoup d’argent des Super PAC… qu’il compte supprimer

    Le candidat qui a le plus bénéficié de l’argent d’un Super PAC est le républicain Jeb Bush. Le Super PAC Right to Rise a en effet dépensé plus de 68 millions de dollars pour le soutenir, selon le Campaign Finance Institute, un think-tank qui étudie la place de l’argent dans la politique américaine. C’est un montant bien supérieur aux autres candidats, le sénateur de Floride Marco Rubio (républicain), arrivant loin derrière avec plus de 18 millions de dollars reçus des Super PAC.

    Le Super PAC de Jeb Bush a également financé des campagnes de dénigrement des autres candidats républicains Marco Rubio, John Kasich, Chris Christie (qui s’est depuis retiré de la course) et Ted Cruz. Mais la campagne de Jeb Bush est loin d’être à la hauteur de ces dépenses. L’ancien gouverneur de Floride est  actuellement cinquième sur sept en termes de délégués obtenus parmi les candidats républicains, derrière Donald Trump, Ted Cruz, Marco Rubio et John Kasich.

    Certains des soutiens de Jeb Bush ont ainsi reproché à son Super PAC de ne pas avoir été assez virulent envers Donald Trump. Ce dernier a pourtant désigné Jeb Bush comme « candidat faible » et « personnage pathétique », se moquant même de lui pour « avoir dépensé 100 millions de dollars et s’être retrouvé en queue de peloton » :

    L’ancien gouverneur de Floride, qui a donc du mal à faire démarrer sa campagne, a annoncé qu’il serait prêt à supprimer le « système ridicule » des super PAC, notamment en augmentant le plafond des donations de campagne. Une situation ironique, que n’a pas hésité à mettre en lumière Donald Trump, qui a tweeté : « Maintenant que Jeb Bush a récolté des lobbys 120 millions de dollars pour sa campagne ratée, il dit qu’il mettrait un terme aux super PAC. Triste ! »

    Trump ne finance pas vraiment lui-même sa campagne

    Donald Trump, de son côté, se vante souvent de financer avec son propre argent sa campagne, ce qui est selon lui une façon de se « libérer » des lobbys et des groupes d’intérêt :

    Mais ce que Donald Trump a érigé en argument de campagne n’est pas tout à fait vrai. D’abord, il reçoit plus de 200 000 dollars des Super PAC, ce qui reste, il est vrai, le montant le plus faible reçu par un candidat de la part de ces comités.

    Mais surtout, quand on regarde le total des 19 millions de dollars reçus par le comité de campagne de Trump, plus de 12 millions ont en fait été empruntés par le magnat de l’immobilier. Il pourra rembourser ce prêt avec les fonds du comité, et pas forcément avec sa fortune personnelle. Celle-ci est estimée à 4,5 milliards de dollars par le magazine Forbes. Donald Trump a également accepté plus de 6 millions de dollars issus de contributions individuelles.

    En réalité, tout ce que Trump a injecté de sa fortune personnelle dans la campagne s’élève à près de 220 000 dollars.

    Bernie Sanders compte beaucoup sur les « small-dollar donors »

    Bernie Sanders, le rival démocrate d’Hillary Clinton, n’a lui pas dépensé un sou de sa poche pour sa campagne. Lui mise essentiellement sur les « small-dollar donors », ces très nombreux citoyens qui lui donnent de petites sommes, en moyenne 26 dollars par contribution, selon son équipe de campagne.

    Sanders a reçu, au total, plus de 73 millions de dollars de contributions individuelles. Près de 60 millions de dollars de ce total sont issus de contributions inférieures à 200 dollars.

    Cela dit, Bernie Sanders a été soutenu à hauteur de 1,7 million de dollars par des Super PAC. Pourtant, il avait promis qu’il n’allait pas recevoir d’argent de ces groupes car, pour lui, ils corrompent le système politique. Mais une très grande part de cet argent issu des super PAC provient du National Nurses United for Patient Protection, le plus grand syndicat américain d’infirmiers. Une porte-parole de ce syndicat a expliqué à CNN : « Notre organisation protège les infirmiers et les patients. Aucun candidat n’a mieux fait entendre les problèmes critiques dont les infirmiers se font l’écho depuis plusieurs années que Bernie Sanders. Nous sommes fiers de (le) soutenir. »

    Sanders, qui maintient que ce syndicat ne peut pas être considéré comme un super PAC, critique « la dépendance (de Clinton) envers les donations de Wall Street et autres lobbys ». En tout cas, il est vrai qu’Hillary Clinton compte davantage de contributions élevées. Plus de 73 millions de dollars reçues par son comité de campagne sont issus de contributions supérieures à 2 000 dollars. Les contributions inférieures à 200 dollars ne représentent « que » près de 23,5 millions de dollars. Et Hillary Clinton est la candidate qui a reçu le plus d’argent via son comité de campagne.

    Selon les chiffres de la Commission électorale fédérale, Jeb Bush, Hillary Clinton, Jim Gilmore, John Kasich et Marco Rubio sont les candidats dont les contributions supérieures à 2 000 euros sont celles qui leur rapportent le plus. En revanche, Ben Carson, Ted Cruz, Bernie Sanders et Donald Trump comptent davantage sur des contributions inférieures à 200 dollars.

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