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    Amériques

    Le pape quitte le Mexique après une messe à Ciudad Juarez

    media le pape François après son arrivée à la frontière entre le Mexique et les Etatas-Unis, peu avant sa messe à Ciudad Juarez, le 18 février 2016. REUTERS/Gabriel Bouys/Pool

    Le pape François a quitté le Mexique à l’issue d’une visite de cinq jours. Son périple marathonien, qui s’est achevée au nord du pays, lui aura permis d’appréhender des réalités différentes, comme celles des indigènes au Chiapas ou des migrants à Ciudad Juarez. A travers ses discours et ses homélies, il a aussi dénoncé les grands maux dont souffre ce pays. Mais à l’heure du bilan, certains milieux mexicains éprouvent une grande frustration.

    Ciudad Juarez, qui fut longtemps la capitale mondiale du crime, a été le théâtre d'une messe unique en son genre, rapporte notre envoyé spécial Antoine-Marie Izoard. Il s'est agi d'une messe célébrée par un pape presque à cheval sur deux pays séparés par un mur.

    L'autel était situé à moins de 100 mètre du Rio Bravo et des barbelés derrières lesquels se pressaient quelques centaines d'immigrés mexicains aux Etats-Unis. 50 000 autres ont suivi la messe dans le stade de la ville texane d'El Passo et ont reçu la communion au même titre que les fidèles installés au sud, côté mexicain, avec le pape.

    Le souverain pontife s'est arrêté face à la frontière pendant quelques instants, pour une prière au pied d'une grande croix en mémoire des migrants ayant perdu la vie dans leur traversée.

    Evoquant l'immigration, il a déploré le sort de migrants « réduits en esclavage, emprisonnés, victimes d'extorsion », et s'en est pris avec virulence aux trafiquants d'êtres humains.

    AMI


    ■ Des sujets de frustrations

    Notre correspondant au Mexique, Patrick John Buffe, rappelle que Ciudad Juarez est aussi tristement célèbre pour son taux de féminicides, et que les familles de milliers de femmes assassinées et disparues dans tout le pays attendaient un message fort du pape.

    Leurs espoirs ont été déçus. François a bien évoqué la violence et le chemin de croix des migrants au Mexique, mais pas d’allusion directe aux victimes de féminicides. C’est à peine s’il a évoqué au passage « les nombreuses femmes à qui on a arraché injustement la vie ».

    Autre grande frustration : celle des parents des 43 étudiants d’Ayotzinapa disparus voilà bientôt une année et demie. Malgré leurs demandes insistantes, le pape n’a pas accepté de les rencontrer. Pas plus qu’il n’a voulu recevoir les victimes des prêtres pédophiles.

    En revanche, il faut mettre au crédit du souverain pontife les critiques qu’il a adressées aux dirigeants et à la classe politique mexicaine. Il n’a pas hésité à les rendre responsables de la situation dramatique que connaît le pays en matière de corruption, de violence et de pauvreté. Mais il n’a non plus pas épargné la hiérarchie catholique, dont il a critiqué le conservatisme, le cléricalisme et le manque d’engagement.

    PJB

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