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    Etats-Unis: avant de partir, Obama veut en finir avec Guantanamo

    media Vue de la prison de Guantanamo, à Cuba. REUTERS/DoD/Shane T. McCoy/Handout.

    Barack Obama demande au Congrès d'étudier son plan de fermeture de la prison de Guantanamo. Le président américain demande une étude « équitable » et le Congrès s'y attelera dès ce mercredi 24 février. Un texte qui a toutefois peu de chance de passer en pleine année électorale. « Le maintien de cette prison de Guantanamo est contraire aux valeurs de l'Amérique », a expliqué devant la presse Barack Obama, qui a détaillé son plan de fermeture. Il reste à ce jour 91 détenus dans cette prison illégale.

    C'était l'une de ses promesses. L'une des plus concrètes, des plus symboliques, restée pourtant non tenue, près de huit années après son entrée à la Maison Blanche.

    A moins d'un an de son départ de la Maison Blanche, Barack Obama a dévoilé mardi son plan pour fermer le tristement célèbre camp militaire de Guantanamo, située à l'extrême est de l'île de Cuba, ouverte sous l'ère Bush peu après les attentats du 11-Septembre 2001 et l'intervention en Afghanistan qui a suivi.

    Les Etats-Unis peuvent-ils fermer Guantanamo ?

    « Il s'agit de refermer un chapitre de notre histoire », a déclaré Barack Obama depuis la Maison Blanche en évoquant ce centre de détention qui incarne, à travers le monde, les excès dans la lutte antiterroriste des Etats-Unis. « Depuis plusieurs années, il est devenu clair que (cette prison) ne permet pas de renforcer notre sécurité nationale, elle l'affaiblit », a-t-il ajouté évoquant un outil de recrutement pour les jihadistes. « Avec ce plan, nous avons l'occasion d'éliminer définitivement un outil de propagande terroriste, renforcer nos relations avec nos alliés, solidifier notre sécurité et plus important, maintenir les valeurs qui nous unissent en tant qu'Américains », a expliqué Barack Obama.

    L'exécutif a identifié treize sites sur le sol américain susceptibles d'accueillir les prisonniers actuellement détenus sur l'île de Cuba mais n'en a cependant pas communiqué la liste exhaustive et n'en a pas recommandé un en particulier.

    Il reste à ce jour 91 détenus dans cette prison qui a, un temps, accueilli près de 800 personnes. Trente-cinq d'entre eux pourraient être transférés dans des pays tiers dans les mois à venir, selon l'exécutif américain.

    « Fermer Guantanamo est possible », selon le New York Times

    « Si, en tant que pays, nous ne réglons pas ce problème aujourd'hui, quand le ferons-nous ? Allons-nous laisser traîner le dossier pendant 15, 20, 30 ans ? », s'est interrogé le président américain, reconnaissant la complexité de ce dossier, promesse de campagne sur laquelle il a jusqu'ici échoué. D'ailleurs, le plan formulé par Obama et par le Pentagone a peu de chances de passer l'obstacle du Congrès en pleine année électorale. Et en dépit de ce plaidoyer, même la Maison Blanche doute qu'Obama atteindra son objectif. Avant même l'annonce du président, le chef de la majorité au Sénat, Mitch McConnell l'avait déjà rejeté.

    Le coût total du transfert dans les différents centres serait significatif, se situant dans une fourchette de 290 à 475 millions de dollars. En revanche, la détention sur le sol américain, plutôt qu'à Guantanamo, engendrerait des économies annuelles de l'ordre de 65 à 85 millions de dollars par an, ce qui permettrait donc d'amortir le coût transfert en « trois à cinq ans », selon l'exécutif.

    Sans surprise, le projet a immédiatement suscité de vives réactions dans le camp républicain. « Sa proposition manque de détails cruciaux, requis par la loi, comme le coût exact et le lieu d'un nouveau centre de détention », a critiqué Paul Ryan, président républicain de la Chambre des représentants. « Nous ne risquerons pas notre sécurité nationale pour une promesse de campagne ».

    « Fermer Guantanamo d'ici la fin de l'année est possible », estime le New York Times dans un éditorial, appelant les républicains à dépasser une opposition « systématique et irréfléchie ». « Cela rendrait les Etats-Unis plus sûrs, contribuerait à restaurer le rang de l'Amérique comme défenseur des droits de l'homme et représenterait des millions de dollars d'économies pour le contribuable ».

    Marco Rubio, Ted Cruz et Donald Trump ont tous promis, s'ils sont élus, de garder la prison ouverte. Le secrétaire d'Etat John Kerry a indiqué ce mardi qu'il se rendrait à Cuba dans les prochaines semaines pour évoquer les « questions relatives aux droits de l'homme », préalable à la visite historique fin mars à La Havane du président Barack Obama.

    (Avec AFP)

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