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    Amériques

    Primaire républicaine aux USA: la course en tête de Donald Trump

    media Donald Trump, candidat à l'investiture républicaine pour la présidentielle américaine, vainqueur de deux des trois premières étapes de la primaire républicaine, est attendu en tête dans le Nevada. REUTERS/Tami Chappell

    Qui sera le candidat qui représentera le parti républicain à l'élection présidentielle en novembre aux Etats-Unis ? Au sein du camp conservateur, le champ des concurrents s’est éclairci, ils ne sont désormais plus que cinq à briguer l’investiture républicaine. Mais la bataille entre les prétendants est toujours aussi féroce. D’autant plus que Donald Trump continue à mener la danse. Un succès inattendu qui prend de court un parti républicain en quête fébrile d'une alternative au tonitruant et dérangeant milliardaire.

    Le Nevada est, ce mardi 23 février 2016, la scène d’un nouvel affrontement entre les candidats à l’investiture républicaine en vue de l’élection présidentielle de novembre prochain. Dans cet Etat de l’Ouest, le soutien des Latinos est crucial, puisqu’ils y représentent 40% de l’électorat. Malgré ses déclarations plus qu’hostiles à l’égard de la communauté hispanique, malgré ses positions contre l’immigration qui frisent le surréalisme (comme la construction d’un mur infranchissable autour des Etats-Unis), Donald Trump se place une nouvelle fois en tête des sondages pour ce caucus dans le Nevada, loin devant ses concurrents.

    Electorat républicain : de la déception à la colère

    Le succès de ce provocateur est le résultat concret de « la haine féroce » qu’ont voué les républicains au président Obama dès son arrivée à la Maison Blanche en janvier 2009, estime Dick Howard. « Souvenez-vous de la déclaration du président républicain du Sénat de l’époque, Mitch McConnel, qui avait dit que son travail, son devoir était de s'assurer que Barack Obama ne soit pas réélu en 2012. Or il a été réélu », rappelle ce professeur émérite de philosophie politique de l’Université Stony Brook de New York. « Les Républicains ont ensuite demandé à leurs électeurs d'élire des députés et des sénateurs républicains pour pouvoir passer outre Monsieur Obama. Les électeurs ont donc d’abord élu une Chambre (de représentants [ndlr]) à majorité républicaine, et puis, deux ans plus tard, ils ont élu un Sénat républicain ». Mais en dépit de cette majorité, « les Républicains n'ont rien pu faire voter. Toutes leurs promesses sont restées des promesses. Donc si je suis un électeur républicain, je me dis forcément : mais qu'est-ce que c’est que ces gens ? C'est évidemment un establishment qui ne veut que s'assurer des postes et qui ne s'intéresse pas du tout à mes préoccupations ». Pour Dick Howard, cette déception vécue comme une trahison par l’électorat républicain explique « la montée du Tea Party, des outsiders, des gens qui parlent franc. Et là, qui est celui qui parle le plus franchement, semble-t-il ? Et bien c'est Donald Trump ».

    Donald Trump : la créature des républicains qui dévore le parti

    Au lieu d’être des opposants au sens classique du terme, les républicains ont tout bloqué pendant huit ans. Leur stratégie d’obstruction jusqu’au-boutiste au Congrès s’est finalement retournée contre eux, explique Françoise Costes, maître de conférences à l’université de Toulouse : « Donald Trump est la créature du Parti républicain. Et aujourd’hui les républicains se font dévorer par leur propre créature ». De plus, explique cette spécialiste de la politique intérieure américaine, les conservateurs n’ont jamais fait l’inventaire des conséquences désastreuses de la présidence de George W. Bush sur l'image des Républicains.

    Barack Obama a gagné en 2008, « parce que le pays s'est tourné contre le président Bush. Et le Parti républicain n'a jamais voulu admettre pourquoi le pays s’est tourné contre George W. Bush, ni même commencer à y réfléchir. La preuve en est que, jusqu'au week-end dernier, le frère de Georges W. Bush était dans la course (Jeb Bush qui était candidat à l’investiture républicaine, [ndlr]). Ce que prouve bien qu'on n'a jamais réalisé au sein de l'élite républicaine que la présidence de George W. Bush avait été un désastre. Le parti républicain est aujourd’hui un parti malade, qui s’est coupé de ses bases et qui se montre incapable de regarder son passé en face ».

    A qui profitera le retrait de Jeb Bush ?

    Jeb Bush, pourtant grand favori des sondages l’été dernier, n'a finalement jamais su faire décoller sa campagne. Arrivé cinquième samedi dernier lors de la primaire en Caroline du Sud, le fils et frère de deux anciens présidents a finalement jeté l'éponge. Son départ profitera peut-être à Marco Rubio, le jeune sénateur de Floride, qui appelle au rassemblement des Républicains derrière sa candidature.

    « Marco Rubio aimerait bien récupérer les voix et les soutiens et les donateurs de Jeb Bush », explique Jean-Eric Branaa, maître de conférences à l’université Paris 2. « On a vu le Washington Post appeler au rassemblement. Et cet appel, on va l'entendre de plus en plus ». Mais un soutien trop ostentatoire des ténors du parti à ce fils d’immigrés cubains pourrait se retourner contre le parti. « Il y a toujours le danger que Donald Trump quitte la campagne et parte en indépendant, même si cela l'empêcherait de gagner au final. Si on l'embête trop, il pourrait quitter le navire plutôt que de couler tout seul », prévient Jean-Eric Branaa.

    Certains doutent aussi de la capacité du pourtant charismatique sénateur Rubio « d’arracher l’investiture républicaine avec les dents », comme le formule Françoise Costes, pour qui le candidat « n’a pas encore montré assez de niaque pour s’imposer face à Donald Trump. Pour l’instant Marco Rubio contre Trump c’est comme un poisson rouge contre un requin ».

    À en croire Dick Howard, l’autre candidat qui pourrait profiter du report des anciens soutiens de Jeb Bush, c’est John Kasish, gouverneur de l’Ohio, qui affiche des positions modérées. « Kasish n’a aucun intérêt à se retirer de la course avant le Super Tuesday, le 1er mars prochain, quand treize Etats organiseront des primaires et caucus, et avant les primaires du 15 mars dans quatre grands Etats, dont l’Ohio et la Floride, où le vainqueur récupèrera l’ensemble des délégués », souligne le politologue new yorkais.

    Seulement voilà : pour l’instant, personne n’a réussi à briser la dynamique qui semble porter Donald Trump. « Ce candidat n’a pas de programme. Il ne fait que parler de lui, lui et encore lui. Du coup il ne laisse presque aucune prise à ses adversaires », constate le spécialiste Jean-Eric Branaa. L’ultra-conservateur Ted Cruz, qui se maintient à la seconde place et qui, selon Dick Howard, est « un démagogue brillant et machiavélique et sans aucun doute le candidat le plus dangereux pour le pays », n’a pas encore trouvé la parade. Pas plus que les trois candidats encore en lice dont pourraient s’accommoder l’establishment républicain, à savoir Marco Rubio, John Kasish ou le médecin noir à la retraite, Ben Carson.

    Alors Donald Trump serait-il en passe de devenir incontournable pour les républicains ? « Samedi dernier, il a remporté une victoire éclatante en Caroline du Sud, alors que cet Etat ne lui était a priori pas favorable », fait remarquer Françoise Costes avant de conclure : « Si Donald Trump peut gagner en Caroline du Sud, il peut gagner partout ».
     

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