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    Femmes colombiennes: caractère, ténacité et diversité [portraits]

    media Deux adolescentes colombiennes dans un skate parc dans le quartier de Laureles, à Medellin, en Colombie. RFI/Najet Benrabaa

    Elles sont jeunes, n'ont que 14 à 16 ans, et pourtant, ces adolescentes ont déjà une vision claire de leur pays, et surtout de leur avenir. Jorani, Laura, Mariana et Luz le décrivent sans complexe et s'expriment sans hésitation. D'après ces jeunes filles, une Colombienne n'a pas froid aux yeux. Elle est combative, positive, tenace, et a du caractère.

    De notre correspondante à Medellin,

    A cet âge, le collège et les garçons restent les premières préoccupations de ces adolescentes. Alors, c'est la première phrase qui leur vient naturellement à l'esprit lorsqu'on leur demande : « Que signifie, pour vous, être Colombienne »? Il faut dire que le machisme transpire dans ce pays.

    Jorani, 15 ans, petite brune rondouillarde accrochée à son téléphone, avec lequel elle envoie des messages via l'application WhatsApp (très populaire en Colombie, elle est utilisée même pour le travail), le confirme : « Il y a beaucoup de risques pour les femmes. On entend parler parfois de viols. C'est vrai qu'il suffit de marcher dans la rue pour entendre des " bonita " ou mamacita " (« la belle » ou « ma poule »). C'est une habitude. Dans ces cas-là, je poursuis mon chemin. Je n'y prête pas attention. »

    La jeune fille vit dans le quartier chic de Laureles où l'on trouve les catégories sociales dites de « classe cinq », c'est-à-dire cadres et plus. Medellin compte six classes sociales. Jorani se rend compte de cette chance et nourrit le rêve de vivre à Dubaï. Elle prépare un diplôme pour devenir professeur de sports et veut apprendre l'anglais pour voyager.

    « Être avec un homme, ce n'est pas pour être dépendante de lui »

    Au nord de la ville, à la frontière avec la ville de Bello, une municipalité collée à Medellin, les familles sont de la classe moyenne (catégories 3 et 4). On y retrouve les mêmes problématiques. A 14 ans, Laura est lucide quant au comportement des jeunes Colombiens. « C'est vrai qu'ici les hommes ont plusieurs petites amies à la fois. On fait avec. On le sait, alors on tente d'être la plus affectueuse possible pour éviter qu'ils aillent voir ailleurs. » Laura, qui veut devenir avocate pénale, reste donc confiante et se prépare à de longues études, la tête froide.

    Mariana, 15 ans, soutient son amie et clame la force de caractère des Colombiennes. « Être avec un homme, ce n'est pas pour être dépendante de lui. C'est plus pour continuer à lutter pour nous-mêmes. »

    46 177 cas d'agressions recensés en 2013

    Pourtant, elles sont les premières victimes des violences. Dans le pays, d'après l'institut Medicina Legal, toutes les six heures un homme agresse sa compagne. Le visage meurtri, les os brisés, les organes affectés, la perte de l'estime de soi, la dépression, les pensées suicidaires sont autant de conséquences visibles des violences contre les femmes. C'est d'ailleurs un thème de lutte nationale.

    Campagne publicitaire, actions policières, initiatives législatives, création de ligne téléphonique de soutien psychologique... Malgré tout, les chiffres sont alarmants. En 2013, selon les statistiques de l'Institut national de la santé colombien, les violences domestiques concernaient 46 177 cas dans le pays, soit 73% des cas de maltraitance répertoriés contre les femmes. En 2015, entre janvier et février, 126 femmes ont été tuées dans le pays et 2 631 ont déclaré avoir été victimes d'une agression sexuelle. A cela, s'ajoute le fait qu'être mère adolescente est courant en Amérique latine. La Colombie n'échappe pas à la règle.

    Un niveau d'éducation inégal

    Le niveau d'éducation inquiète les Colombiens, car il y a beaucoup d'inégalité. Luz, 15 ans, est originaire du département Chocó, l'un des plus pauvres du pays. Elle vit désormais à Bello où elle se prépare à passer son bac cette année. « Avec ma famille, on est venus ici, parce qu'il y a plusieurs possibilités que dans le Chocó. Le niveau est beaucoup plus avancé à Medellin. Je noterai mon école 9 sur 10. On a même une formation professionnelle en fin de cursus pour nous aider à nous trouver un boulot après. »

    Pourtant, d'après l'enquête internationale PISA (Program for International Student Assessment), la Colombie est au 61e rang, sur 65, en termes d'éducation pour les étudiants de 15 ans. Des efforts et réformes du gouvernement sont en cours pour réduire les inégalités dans le pays.

    La violence en diminution à Medellin

    Concernant la violence dans le pays, ces jeunes femmes relativisent. Luz explique qu'elle a vu un changement. « Je sens vraiment une amélioration. La violence a baissé. Il y a plus de sécurité par rapport aux années précédentes. Maintenant à Bello, je peux sortir avec mon téléphone portable sans crainte. Avant, ce n'était pas possible. » En revanche, elle affirme que sa peau ébène lui vaut quelques critiques. « On me dit parfois, « Hola la negrita » (« Bonjour, la petite nègre ») Je n'y prête pas attention. »

    Mais tout cela n'affecte pas ces adolescentes. Les Colombiennes ont l'art de voir le positif avant toute chose. Ces jeunes femmes semblent avoir reçu cette force combative ou fierté « paisa » (gentilé des habitants de Medellin). Avec le sourire, toutes le confirment : « On est fière d'être Colombienne », comme prête à défendre et changer leur monde. Plus que jamais, les mots de Michel de Montaigne semblent de nouveau résonner : « Les femmes ont raison de se rebeller contre les lois parce que nous les avons faites sans elles ».

     

    Retrouvez tous les articles de notre série «Femmes de demain» ici.

     

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