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    Amériques

    Après sa défaite au référendum, Evo Morales s'attaque aux réseaux sociaux

    media Le président bolivien Evo Morales à la Paz se prête au jeu du selfie avec une touriste japonaise, le 6 février 2016. REUTERS/David Mercado

    Les internautes de Bolivie, l’un des pays les plus pauvres d’Amérique du Sud, s’indignent des projets du gouvernement de « réguler » les réseaux sociaux. Une volonté directement dictée par Evo Morales après sa défaite lors du référendum du 21 février dernier. Le scrutin portait sur une modification de la Constitution visant à lui permettre de briguer un quatrième mandat à la tête du pays en 2019. Le « non » l’a emporté à 51,3% et pour le président bolivien, c’est la faute d'internet et plus précisément des réseaux sociaux.

    De notre correspondant à La Paz, Reza Nourmamode

    La défaite d'Evo Morales au référendum organisé pour modifier la Constitution est historique. Pour le leader indigène qui rêvait de pouvoir diriger le pays jusqu’en 2025, le principal responsable de ce résultat, ce sont les réseaux sociaux qui auraient été utilisés par la droite pour « mentir et calomnier », notamment en relayant les accusations de corruption et de trafic d'influence qui l’ont visé durant la campagne.

    « Je crois que nous n’avons pas été experts sur le thème des réseaux sociaux. Et les réseaux sociaux, avec leurs mensonges, nous ont fait du mal. Nous en sommes convaincus. Durant cette campagne, il n’y pas eu de débat idéologique, ni programmatique, et encore moins éthique. Nous n’avons jamais pardonné et nous ne pardonnerons jamais la corruption. Les informations, les enquêtes, sont les bienvenues. Mais avec des documents, avec la vérité, et non pas comme sur les réseaux sociaux, avec des mensonges et des mensonges », a déclaré le chef de l'Etat.

    Un projet de loi pour « réguler » les réseaux sociaux

    Le président bolivien ne se contente pas de critique verbale envers le Web. Il a ouvert un débat public pour « réguler » les réseaux sociaux en Bolivie. Un projet de loi venant de son parti, le MAS, a même été dévoilé. Il comporte notamment trois nouveaux délits pénaux concernant les réseaux sociaux : la violation d'informations personnelles, l'atteinte à l'honneur, et la création de faux comptes dans le but de recueillir des informations de mineurs.

    Le délit « d'atteinte à l'honneur d'une personne individuelle ou collective, publique ou privée » serait ainsi puni d'une peine de prison d'entre six mois et trois ans. Les partisans de Morales assurent également que cette loi sera un instrument de lutte contre la discrimination et le racisme. Un racisme dont s’est estimé victime le président durant la campagne du référendum. A noter que ce projet de loi n’a pas été déposé à ce jour et qu’il peut donc encore être modifié.

    Un contrôle du Web qui inquiète les Boliviens

    Les réactions varient évidemment selon les préférences politiques. Dès le lendemain du référendum, un ministre du gouvernement a annoncé avoir fermé son compte Twitter en solidarité avec le président. Le même jour, l'armée de l'air bolivienne a elle interdit à ses employés d'utiliser les réseaux sociaux. Du côté des internautes pro-gouvernement, on est tout de même un peu divisés sur la question. Mais les plus militants approuvent l’initiative présidentielle, et espèrent qu’elle conduira vers un Internet « plus propre et plus responsable ».

    Sur les réseaux sociaux, la grande majorité des utilisateurs s’inquiète en tout cas de l’ouverture même du débat. On estime, par exemple, que le gouvernement ferait mieux de procéder à une auto-critique au lieu de désigner des boucs émissaires. D’autres crient à la censure et à la dérive dictatoriale, et avertissent des risques d’acheminement vers un régime de contrôle du Web semblable à ceux en vigueur en Chine ou en Iran.

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