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    Amériques

    La grève du sexe, un acte politique vieux comme le monde

    media Popularisée par Aristophane il y a 2400 ans, la grève du sexe a été ces dix dernières années régulièrement utilisée comme arme politique. Getty Images/Rapid Eye

    Aux Etats-Unis, un couple a lancé un appel à la grève du sexe pour faire barrage au candidat républicain Donald Trump. La méthode n’est pas nouvelle, elle était déjà employée dans l’œuvre d’Aristophane il y a 2400 ans et à plusieurs reprises ces dernières années dans le monde entier. Avec plus ou moins de réussite.

    Les partisans de Donald Trump sont avertis. « Pas de sexe. Pas de rencards. Aucune chance », ont prévenu Chandler et Blake Smith sur leur site internet baptisé « Vote Trump get dumped ». Ce qu’on pourrait traduire par : « Vote Trump, fais-toi jeter ». Au début du mois de mars, ce couple de l’Ohio a lancé un appel à la grève du sexe contre les partisans de Donald Trump afin de stopper son irrésistible ascension.

    Chandler et Blake Smith reprochent au candidat républicain qui enchaîne les victoires dans les primaires américaines ses positions ouvertement sexistes. « Si Donald Trump traite les femmes comme des objets, il traite 50,8 % de la population américaine comme un objet. Et ce n’est pas cool », justifiait Chandler Smith sur le site internet du bimensuel américain National Review.

    La grève du sexe comme moyen de pression politique : l’idée pourrait paraître farfelue. Elle est pourtant éprouvée depuis longtemps. En 411 avant J.-C., le dramaturge Aristophane raconte ainsi dans sa comédie éponyme l’histoire de Lysistrata, une belle Athénienne qui convainc les femmes de toutes les cités grecques à se refuser à leurs maris pour mettre fin à la guerre du Péloponnèse. Depuis, la réalité a rejoint la fiction. Et parfois même avec succès.

    2003, Liberia : mettre fin à la guerre civile

    A la tête de son association Women of Liberia Mass Action for Peace qui rassemble chrétiennes et musulmanes, Leymah Gbowee milite pour la fin de 14 ans de guerre civile. Elle organise des manifestations réunissant plusieurs milliers de personnes afin que la parole des femmes soit écoutée dans le processus de paix. En vain. Leymah Gbowee passe alors à la vitesse supérieure et incite les Libériennes à observer une grève du sexe.

    Verdict : succès. Le président Charles Taylor finit par céder et rejoindre la table des négociations. Il quitte le pouvoir, ouvrant la voie à une période de transition qui aboutit deux ans plus tard à l’élection d’Ellen Johnson Sirleaf. En 2011, Leymah Gbowee obtient le prix Nobel de la paix.

    2006, Colombie : faire cesser la guerre des gangs

    Dans une ville ravagée par une guerre des gangs qui a fait 480 morts l’année précédente, des dizaines de femmes de Pereira lancent la « grève des jambes croisées » pour faire taire les armes. Elles entendent faire comprendre aux gangsters que, contrairement à ce qu’ils peuvent penser, commettre des violences ne les rend pas sexy.

    Verdict : succès. Du moins si l’on en croit des chiffres rapportés par le Guardian qui rapportait une chute du taux de criminalité de 26,5 % en 2010.

    2009, Kenya : pousser l’exécutif à s’entendre

    En mai 2009, un collectif d’associations féminines décrète la « semaine de l’abstinence » pour forcer le président Mwai Kibaki et le Premier ministre Raila Odinga à oublier leurs différends et agir contre la pauvreté. Dès son lancement, Ida Odinga, l’épouse du Premier ministre, se dit solidaire de l’initiative. Les organisatrices promettent même des dédommagements aux prostituées pour obtenir leur soutien et empêcher aux hommes toute échappatoire.

    Verdict : échec. Un article du Monde de l’époque rapporte que le mouvement a été peu suivi. A défaut d’avoir atteint son objectif, le collectif se félicite tout de même d’avoir pu faire entendre ses idées.

    2011, Belgique : sortir de huit mois de crise politique

    Huit mois après les dernières élections législatives, la Belgique est en février 2011 toujours privée de gouvernement. Lassée de voir son pays s’engluer dans une crise politique, la sénatrice belge Marleen Temmerman reprend l’initiative kényane à son compte et appelle les femmes à se refuser à leurs maris jusqu’à la formation d’un nouveau gouvernement.

    Verdict : échec. L’appel de Marleen Temmerman a fait sourire, mais n’a pas suscité l’enthousiasme. « Il faudrait vraiment que le pays soit au bord du génocide pour que je participe », avait ainsi réagi une jeune Belge sur sa page Facebook.

    2011, Colombie : faire reconstruire une route

    En juin 2011, 300 femmes de Barbacoas, dans le sud-ouest de la Colombie, lancent une grève du sexe pour que la route qui relie leur petite ville reculée au reste du pays soit rénovée. Il en va de leur vie, disent-elles, car il leur faut compter 14 heures pour rejoindre l’hôpital le plus proche.

    Verdict : succès. Un succès en deux temps. Après 112 jours de grève du sexe, les femmes de Barbacoas obtiennent du gouvernement la promesse de débloquer des fonds pour la réfection de la route. Il leur faudra néanmoins mener une seconde manifestation pour que cette promesse soit mise à exécution.

    2011, Philippines : mettre fin à 70 ans de conflits

    Voilà plus de quarante ans que leur village est miné par des conflits familiaux et financiers meurtriers. En 2011, les habitantes de Dado, aux Philippines, décident donc de se prendre en main en se refusant à leurs maris.

    Verdict : succès. Après quelques semaines de grève du sexe, le Haut Commissariat aux réfugiés, présent sur place, rapporte que les combats à Dado ont cessé (article en anglais).

    2012, Togo : pousser aux réformes et Faure Gnassingbé à la démission

    En août, le collectif Sauvons le Togo appelle toutes les femmes togolaises à observer une semaine de grève du sexe. Après des manifestations sévèrement réprimées, l’objectif est d’inciter les hommes à s’investir davantage dans le mouvement de contestation et pousser le président Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, à démissionner.

    Verdict : échec. Non seulement le président Gnassingbé n’a pas démissionné, mais il a été réélu en mai 2015 pour un troisième mandat avec 58,77 % des voix.

    2014, Soudan du Sud : mettre fin à dix mois de guerre civile

    Alors que les partisans du président Salva Kiir et de son rival Riek Machar s’entretuent depuis plus de dix mois, des militants pour la paix lancent en octobre une grève du sexe pour contraindre les belligérants à cesser les combats.

    Verdict : échec. En février dernier, après plus de deux ans de guerre civile, le président Salva Kiir a nommé Riek Machar au poste de vice-président, en vertu de l’accord de paix signé en août 2015. Mais la méfiance reste de mise. Car la signature de l'accord n’avait pas fait cesser les violences au Soudan du Sud.

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