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    Amériques

    Brésil: le parti centriste PMDB quitte la coalition de Dilma Rousseff

    media Les députés du PMDB acclament la décision de leur parti de quitter la coalition de la présidente Dilma Rousseff, à Brazilia, le 29 mars. REUTERS/Adriano Machado

    Le grand parti centriste brésilien PMDB a voté mardi par acclamation sa sortie de la coalition de la présidente de gauche Dilma Rousseff, sous la menace chaque jour plus précise d'une destitution. La direction nationale du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB, centre), incontournable allié du Parti des travailleurs (PT, gauche) au pouvoir, s'était réunie dans l'après-midi à Brasilia pour officialiser le divorce. La présidente brésilienne a annulé un voyage aux Etats-Unis où elle devait participer à un sommet sur la sécurité nucléaire.

    Avec notre correspondant à Rio de Janeiro,  François Cardona et AFP

    Il n’aura fallu que quelques minutes à peine à la direction nationale du PMDB pour voter à main levée la rupture avec la présidente. Après des mois d’hésitation, le grand parti centriste, allié indispensable de la présidente brésilienne, a finalement tranché en faveur d'une sortie de la coalition au pouvoir.

    Une première historique

    Le PMDB a donc décidé de retirer ses ministres du gouvernement. La direction nationale du parti du vice-président Michel Temer, qui succèdera à Mme Rousseff si elle est destituée par le Parlement, a décidé sa « sortie immédiate du gouvernement », appelant ses ministres à en démissionner.

    « A partir d'aujourd'hui, dans cette réunion historique pour le PMDB, le PMDB se retire de la base du gouvernement de la présidente Dilma Rousseff et personne dans ce pays n'est autorisé à exercer un poste fédéral au nom du PMDB », a annoncé le vice-président du parti, Romero Juca. Une première pour ce parti, depuis la fin de la dictature et le retour de la démocratie en 1985. Une décision qualifiée d’historique, par le sénateur PMDB en charge du vote.

    Première force parlementaire avec 69 députés sur 513 et 18 sénateurs sur 81, le PMDB était le principal allié du Parti des travailleurs (PT, gauche) au sein de la coalition au pouvoir, et faisait partie depuis 2004 du gouvernement. Dès lundi soir, l'un des sept ministres PMDB, celui du Tourisme Henrique Alves, avait annoncé sa démission.

    Le Brésil au bord du gouffre ?

    Michel Temer en successeur?

    Une période de grande incertitude politique vient de s’ouvrir au Brésil. « Temer président ! », « Dehors le PT », ont crié de nombreux membres du PMDB lors de la réunion de la direction du parti, dans une salle du Parlement à Brasilia. La réunion a duré quelques minutes à peine, le temps d'annoncer puis d'approuver par acclamation la proposition de quitter le gouvernement.

    Homme d'appareil discret, Michel Temer, 75 ans, ne dissimule plus son ambition de succéder rapidement à Dilma Rousseff, 68 ans, de plus en plus isolée à l'approche d'un vote des députés sur sa destitution attendu mi-avril. Le parti centriste, rallié à l'opposition de droite, devra réunir au moins deux tiers des voix des députés (342 sur 513) s'il veut obtenir la mise en accusation de la présidente devant le Sénat, qui aura le dernier mot.

    Le Parti des Travailleurs aux abois

    De son côté, Dilma Rousseff se trouve maintenant dans une situation inédite. Menacée par une procédure de destitution, elle vient de perdre son principal allié au Parlement.

    Menacée de destitution, Dilma Rousseff dénonce un «coup d'Etat»

    L'exécutif est désormais extrêmement fragilisé, d'autant que d'autres partis de la coalition pourraient à leur tour abandonner le navire. Mais comme l'explique Alfredo Vallado, professeur à Sciences Po et spécialiste de l'Amérique latine, le Brésil était déjà paralysé au niveau gouvernemental, et cette crise risque de durer, faute d'alternative solide. Tous les partis sont impliqués, de près ou de loin, par les scandales de corruption.

    Le problème, c'est que l'opposition ne présente pas d'alternative et certaines personnalités de l'opposition sont elles aussi mises en cause dans une série de scandales. Le pays est un peu à vau-l'eau
    Alfredo Vallado : «chacun essaie de sauver sa peau» Spécialiste de l'Amérique latine 30/03/2016 - par Juliette Gheerbrant Écouter

    Lula da Silva pourra-t-il sauver Dilma ?

    Mais à ce stade, préserver l'exécutif n'est plus la priorité pour Dilma et Lula, l'ex-président qu'elle a a appelé à la rescousse, également dans le collimateur des juges. En effet, il s'agit désormais pour le Parti des Travailleurs de chercher activement de nouveaux alliés pour appuyer la présidente au parlement. Son objectif : empêcher un vote massif des députés en faveur de la destitution de la chef de l'Etat.

    S'ouvre donc « une période de souk », selon les termes d'Alfredo Vallado. « Lula lui-même a dit qu'il allait essayer de persuader, député par député, de voter contre la destitution. Et pour cela, il va leur proposer soit des ministères, soit des postes, etc. La plupart des partis au Brésil ne sont pas des vrais partis. Ce sont des partis opportunistes, qui recherchent le pouvoir, il y en a une vingtaine. Ils sont divisés, même au sein du PMDB, il y a des personnalités qui sont contre la destitution et qui souhaitent rester au pouvoir. »

    Dilma Rousseff est accusée d'avoir fait supporter temporairement à des banques publiques des dépenses incombant au gouvernement, afin, selon l'opposition, de dissimuler l'ampleur des déficits publics, en 2014, année de sa réélection, et en 2015.

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