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    Amériques

    L’Amérique latine, paradis pour les femmes en politique?

    media Keiko Fujimori a obtenu près de 40 % des voix au premier tour de l'élection présidentielle. Si elle est élue au second tour, elle serait la première femme à diriger le pays et la huitième à diriger un pays d'Amérique latine. REUTERS/Paco Chuquiure

    Au Pérou, Keiko Fujimori est arrivée largement en tête au premier tour de l’élection présidentielle du 10 avril. Même si son élection au second tour reste incertaine, sa position vient confirmer une tendance notable depuis une vingtaine d’années en Amérique latine : les femmes y sont très présentes à de hauts postes en politique. Nombreuses sont celles qui ont été chefs d’Etat ou Premières ministres, dans des sociétés qui restent pourtant très machistes et patriarcales. Une réussite peut-être en trompe-l’œil, car les politiques menées ne sont pas forcément favorables aux femmes.

    Même si chaque pays d’Amérique latine est différent, cette région du monde est souvent présentée comme un modèle pour la place importante qu’y jouent les femmes en politique. De nombreux États ont ainsi été dirigés par des femmes, comme l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, le Costa Rica, l’Équateur (pendant seulement deux jours), le Nicaragua et le Panama. Quatre autres pays – le Guatemala, le Pérou, la République dominicaine et le Salvador – ont connu une vice-présidente.

    Au Guatemala justement, Sandra Torres est parvenue au second tour de l’élection présidentielle le 25 octobre 2015, mais a perdu face à Jimmy Morales. Au Pérou, Keiko Fujimori, après être arrivée largement en tête au premier tour de la présidentielle, tentera de confirmer au second tour qui se déroulera le 5 juin.

    Des progrès importants, mais de nombreuses inégalités subsistent

    Selon des statistiques de l’Union interparlementaire, l’organisation mondiale des Parlements du monde, les femmes occupent 29,58 % des sièges dans les Assemblées et les Sénats d’Amérique latine en 2016.

    Le chiffre dépasse les 40 % à Cuba, en Équateur, au Mexique et au Nicaragua, atteignant même plus de 51 % en Bolivie. En comparaison, la moyenne mondiale en 2016 est de 22,6 %. En 1997, ce chiffre était de 12,7 % pour le continent américain dans sa totalité.

    Dans les années 1990 et 2000, de nombreux pays d’Amérique latine ont promulgué des lois qui imposent des quotas de femmes parmi les candidats aux élections.

    Des politiques ont également été menées contre les violences faites aux femmes. En République dominicaine ou au Nicaragua, le nombre de femmes et de filles tuées a diminué en 2015 par rapport à 2014, indique Amnesty International dans son rapport annuel. Au Mexique, même si les violences à l’égard des femmes « restaient endémiques » selon l’ONG de défense des droits de l’homme, un mécanisme d’alerte a été activé pour la première fois en 2015 dans l’État de Morelos et dans une partie de l’État de Mexico, afin de mobiliser les autorités dans la lutte contre cette violence spécifique.

    « L’Amérique latine est peut-être un exemple quant à la place des femmes à des hauts postes politiques. Les femmes y sont beaucoup moins attaquées de façon misogyne et la différence de sexe est moins mise en valeur qu’en Europe, explique Chloé Constant, sociologue à l’Université autonome métropolitaine de Mexico. Mais il y a des différences importantes entre les pays. Mais aussi entre le milieu urbain et le milieu rural et entre les populations indigènes et les autres. »

    Isabelle Tauzin, professeure à l’université Bordeaux-Montaigne, ajoute que « souvent, dans les familles, il y a une personne, une femme, qui est employée de maison. Cela permet de libérer d’autres femmes pour la politique. Il n’y a pas forcément qu’une inégalité de genres, mais aussi de classes ».

    « Les femmes représentent souvent un homme »

    Ce qui est regrettable, selon Isabelle Tauzin, c’est que « les femmes représentent souvent un homme. Au Pérou, Keiko Fujimori est venue à la politique par son père, Alberto, après être devenue première dame du pays en 1994, au divorce de ses parents. Au Brésil, Dilma Rousseff a été poussée par Lula [dont elle était chef de cabinet]. En Argentine, Cristina Kirchner a pris la place de son mari Nestor ». Auxquelles on pourrait ajouter Sandra Torres, qui a échoué au second tour de l’élection présidentielle au Guatemala : elle est une ancienne première dame, épouse divorcée de l’ex-président Alvaro Colom (2008-2012). Ou encore Isabel Perón, première femme au monde à devenir présidente d’une République. Elle a succédé à son mari, Juan Perón.

    Dans un rapport sur la place des femmes en politique en Amérique latine, publié en 2010, deux chercheuses montrent que les femmes sont moins susceptibles d’accéder à un poste exécutif au niveau régional. Les partis politiques ont tendance à privilégier les hommes pour ces élections locales, car ils sont perçus comme des candidats plus forts, capables de décrocher le poste. En revanche, pour les élections législatives, où de nombreux sièges sont en jeu, les partis peuvent vouloir diversifier leurs candidats et donc proposer à des femmes de se présenter.

    Les femmes ministres restent, elles, cantonnées, « de façon disproportionnée », selon les chercheuses, aux portefeuilles « doux », comme les services sociaux, l’éducation, le tourisme, la culture et le logement.

    Les politiques en faveur des femmes peinent à se développer

    Ce rapport montre également que la présence de femmes au pouvoir ne signifie pas forcément que les politiques menées leur sont favorables. D’importantes inégalités hommes-femmes subsistent ainsi en Amérique latine. Les pays de cette région restent ainsi largement conservateurs sur la question de l’avortement. Amnesty International rapporte aussi que de nombreuses femmes sont victimes de meurtre – féminicide – au Guatemala ou au Salvador. Respectivement 766 et 475 femmes y ont été tuées en 2015, des chiffres en hausse par rapport à l’année précédente.

    Amnesty ajoute que « la mise en œuvre de la législation adoptée en 2007 par le Venezuela pour ériger ces actes [de violence] en infractions pénales était freinée par un manque de ressources ». Dans ce pays, « des poursuites ont été engagées dans moins de 1% des plaintes pour violences liées au genre déposées en 2014, dont le nombre s’élevait à plus de 70 000. […] Dans 96 % des affaires jugées, aucune déclaration de culpabilité n’a été prononcée ».

    Au Pérou, une éventuelle élection de Keiko Fujimori ne serait pas une grande avancée pour les femmes, selon Chloé Constant. « Keiko a toujours déclaré que son père serait libéré si elle était élue. » Elle est la fille d’Alberto Fujimori, condamné à 25 ans de prison pour avoir commandité deux massacres dans le cadre de la lutte contre la guérilla. Lors de sa présidence autoritaire, il avait mené une politique de stérilisation souvent forcée sur environ 200 000 femmes, indigènes ou pauvres pour la plupart.

    Les politiques menées en faveur des femmes souffrent d’ailleurs de fortes oppositions. L’Église catholique, à la fois puissante et conservatrice dans cette région, ne rejette pas la présence de femmes à de hautes responsabilités politiques. « La seule condition est qu’elle ne réclame pas de droits particuliers, notamment relatifs à l’avortement, à la contraception, tout simplement à disposer de leur corps », explique Chloé Constant. Cela a poussé des femmes chefs d’Etats, comme Cristina Kirchner, à rejeter le qualificatif de « féministe ».

    Cela n’empêche pas certaines dirigeantes de tenter d’imposer une nouvelle vision. Michelle Bachelet, présidente du Chili, s’est ainsi distinguée comme peut-être une des porte-paroles les plus importantes des droits des femmes. Elle a notamment été directrice exécutive d’ONU Femmes, organisme des Nations unies qui défend les droits des femmes dans le monde. Elle a notamment réussi à faire passer à la Chambre des députés une loi autorisant l’avortement thérapeutique en cas de viol, de fœtus non viable et de risque pour la santé de la mère. Et ce, en dépit de la pression de l’Eglise catholique et des groupes conservateurs. L’avortement était interdit depuis la dictature de Pinochet, qui en avait fait une infraction pénale.

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