GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Dimanche 10 Novembre
Lundi 11 Novembre
Mardi 12 Novembre
Mercredi 13 Novembre
Aujourd'hui
Vendredi 15 Novembre
Samedi 16 Novembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Amériques

    Primaire républicaine: la stratégie risquée de John Kasich

    media John Kasich fait le pari qu’aucun candidat n’aura la majorité absolue des délégués à la fin de la primaire, et qu’il sera investi par le Parti républicain à la Convention en juillet. Une tactique «anti-démocratique», selon Donald Trump. REUTERS/Bryan Woolston

    Alors qu’il est largement derrière Donald Trump et Ted Cruz dans la primaire républicaine, John Kasich se maintient dans la course à l’investiture. Sa stratégie veut qu’aucun candidat ne recueille la majorité absolue des délégués à la fin de la primaire, afin que le candidat soit choisi à la Convention du parti en juillet. Quand les délégués seront libres de leur vote, Kasich, candidat plus apprécié par les instances du Parti républicain, espère être choisi. Sa stratégie est dangereuse, car elle risque à la fois d'affaiblir le candidat républicain qui sera choisi, et parce qu'elle est révélatrice d'une « crise » de la démocratie américaine.

    Gouverneur de l’Ohio depuis 2011, John Kasich, 63 ans, n’a remporté qu’un seul Etat lors de la primaire républicaine : le sien. Lors de la primaire du New Hampshire, qui était le deuxième Etat à voter, le 9 février, il a créé la surprise en arrivant deuxième derrière Donald Trump. Mais cela ne lui avait permis de « récolter » que quatre délégués.

    Avant la primaire de New York du 19 avril où le magnat de l’immobilier Donald Trump est favori, John Kasich culmine à 143 délégués. Il est - très - loin derrière Donald Trump et le sénateur du Texas Ted Cruz, qui disposent respectivement de 742 et 529 délégués. La course est tellement serrée qu’aucun des deux ne semble être en mesure de recueillir les 1 237 délégués nécessaires pour remporter l’investiture. La nomination se décidera donc a priori à la Convention nationale républicaine, en juillet.

    « Théoriquement, à la Convention, tous les candidats vaincus se retrouvent derrière le vainqueur de la primaire. Il y a beaucoup d’hypocrisie, mais formellement ils le soutiennent tous en vue de la présidentielle », explique Thomas Snégaroff, historien spécialiste des Etats-Unis.

    Kasich espère une convention ouverte pour se rattraper

    Dans une convention ouverte, le candidat n’est pas préalablement choisi, donc les délégués négocient, débattent et votent jusqu’à ce qu’un candidat recueille la majorité absolue. Lors du premier tour, la quasi-totalité des délégués sont tenus de voter pour le candidat pour lequel ils ont été élus. Même les 171 délégués dépendants de Marco Rubio devront voter pour lui, alors même que le sénateur de Floride a suspendu sa campagne le 15 mars.

    « Ensuite, au fur et à mesure des tours, les délégués sont de plus en plus indépendants et peuvent voter comme ils le souhaitent. Mais chaque Etat a ses propres règles sur la façon de voter de ses délégués, c’est un système très complexe. Cela peut prendre beaucoup de temps », explique Thomas Snégaroff, également chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques.

    Selon Marie-Cécile Naves, sociologue spécialiste des Etats-Unis, « le Parti républicain ne veut ni de Trump ni de Cruz. Avec John Kasich, il aurait un candidat plus modéré qui peut aller chercher Hillary Clinton sur ses bases ». Le parti a d’ailleurs déjà rendu Kasich virtuellement éligible à une éventuelle convention ouverte en annonçant que la « règle 40(b) » n’allait pas être appliquée. Cette règle exige qu’un candidat ait remporté huit Etats pour pouvoir participer à la Convention.

    Dans l’histoire récente, le candidat du parti a été choisi lors d’une convention ouverte seulement deux fois. En 1976, le Parti républicain a connu cela entre le président sortant Gerald Ford et Ronald Reagan. Et en 1980, le Parti démocrate a connu la même chose avec Ted Kennedy et le président sortant Jimmy Carter. « Les deux fois, cela a été catastrophique pour les partis en question. Les candidats choisis en sont sortis très affaiblis. Et à ces deux reprises, le président sortant a été battu, ce qui n’arrive que très rarement. Ça finit un peu dans le sang », raconte Thomas Snégaroff.

    Une situation dangereuse pour le Parti républicain et les Etats-Unis

    Pour les délégués, prendre le risque de préférer Kasich à Trump comme candidat est dangereux, alors que Trump est largement devant. « S’il y a une convention ouverte en juillet, il y a le risque que Trump, s’il venait à perdre, ne soutienne pas l’autre candidat. Et il a bien annoncé qu’il ne le ferait pas », souligne Thomas Snégaroff.

    « Trump a parlé de "déni de démocratie" s’il n’est pas choisi à la Convention alors qu’il mène la course en tête. Il a même laissé planer la menace d’une candidature indépendante », rappelle Marie-Cécile Naves, notamment auteur du Nouveau visage des droites américaines. Le 17 avril, Trump a déclaré que le système politique était « à 100% corrompu », et qu’il espérait qu'une convention ouverte « n’impliquerait pas de violence », dans une menace à peine voilée.

    Une candidature indépendante de Trump organiserait « la défaite de son propre camp, selon Thomas Snégaroff. Trump a pourtant fait la promesse qu’il ne se présenterait pas en indépendant s’il n’est pas choisi à la primaire, avant de dire qu’il n’était pas lié par cette promesse ».

    Le Parti républicain souhaite éviter ce « déni de démocratie » que dénonce déjà Trump. Car, le 8 novembre, le même jour que l’élection présidentielle, « il y aura aussi des élections législatives et locales importantes. Le parti a peur que, s’il ne respecte pas leur vote, les électeurs de sa base se détournent, ne se sentant pas écoutés », rappelle Marie-Cécile Naves. Le parti pourrait y perdre gros puisqu’une importante partie des sièges du Congrès, notamment, seront renouvelés.

    Thomas Snégaroff, également auteur de Bill et Hillary Clinton. Le mariage de l’amour et du pouvoir, ajoute : « Il faut rappeler que chez les démocrates aussi, de nombreuses personnes critiquent le fait que Bernie Sanders ne sera peut-être pas choisi comme candidat, alors qu’il a gagné dans les sept derniers Etats. Ils critiquent aussi le système des super délégués [ces délégués nommés et non élus, ndlr], qui ont, pour une très grande majorité, choisi Clinton plutôt que Sanders. Et on se retrouve donc dans une situation paradoxale où Donald Trump, qui est le symptôme de la crise démocratique actuelle des Etats-Unis, est celui qui semble défendre le plus la démocratie. »

    Le « prince de la lumière et de l’espoir » contre les « princes des ténèbres »

    La campagne électorale de Kasich n’a que très peu retenu l’attention des médias américains. Par leurs déclarations polémiques, Donald Trump et, dans une moindre mesure, Ted Cruz, ont eu davantage de visibilité. Lors d’un débat républicain très houleux, Kasich s’était présenté comme « le seul adulte » de la scène.

    Il s’est lui-même qualifié de « prince de la lumière et de l’espoir » contre les « princes des ténèbres » que seraient les autres candidats. Le New York Times, quotidien de référence des démocrates et des républicains modérés, l’a adoubé. Mais la ligne modérée de Kasich est devenue inaudible avec la crise qui secoue le Parti républicain. Et ceux qui la représentent, comme Chris Christie, Jeb Bush ou Marco Rubio, se sont tous retirés de la course.

    Pourtant, comme le rapporte le site d’informations Vox, Kasich est le seul candidat en mesure de battre Hillary Clinton lors de l’élection générale, si celle-ci est choisie par les démocrates. Des projections dans ce sens ont été réalisées par l’institut de sondage Morning Consult, qui a interrogé plus de 44 000 personnes pendant plus de quatre mois. Des projections corroborées par de nombreux sondages nationaux qui montrent que Kasich a de bien meilleures chances que Trump et Cruz contre Clinton. Des sondages que relaient sur son compte Twitter John Kasich, qui croit encore à ses chances :

    Ces sondages n’étonnent pas Thomas Snégaroff. « Lors de la primaire, les gens qui se déplacent pour voter sont les plus politisés, explique le spécialiste. Pour les caucus et les primaires fermées, ce sont même uniquement les membres du parti qui votent. Or, une victoire à la présidentielle se construit sur les indécis, ce ventre mou qui finit par être séduit par une figure. Cela crée un paradoxe où Trump, premier à la primaire républicaine, est aussi le plus détesté de tous les candidats. Donc dans un duel avec Clinton, celle-ci gagnerait. Mais Clinton, elle aussi, est rejetée par une partie des Américains, donc ce ventre mou pourrait lui préférer Kasich, même s’il pèse peu dans la primaire. »

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.