GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Jeudi 15 Novembre
Vendredi 16 Novembre
Samedi 17 Novembre
Dimanche 18 Novembre
Aujourd'hui
Mardi 20 Novembre
Mercredi 21 Novembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Amériques

    «Juste la fin du monde», Xavier Dolan sublime Jean-Luc Lagarce

    media Gaspard Ulliel dans «Juste la fin du monde», réalisé par Xavier Dolan d'après le livre éponyme de Jean-Luc Lagarce. Festival de Cannes 2016

    Ni de fous rires ni d’excès à l’écran. Beaucoup d’adeptes de Xavier Dolan (« Mommy ») resteront sur leur faim. Pourtant, il s’agit d’une rencontre prodigieuse au Festival de Cannes. En lice pour la Palme d’or, le réalisateur québécois, 27 ans, fait renaître le puissant récit Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce sous une forme cinématographique. Le casting réunit de grandes pointures françaises : Gaspard Ulliel, Nathalie Baye, Léa Seydoux, Vincent Cassel, Marion Cotillard. A l’image du livre, le film met en scène les retrouvailles familiales d’un écrivain. Après douze ans d’absence, il souhaite annoncer à sa famille sa mort prochaine.

    Ça s'est passé « quelque part, il y'a quelque temps déjà ». Xavier Dolan commence son récit avec des notes de piano douces. De la pénombre surgit un homme. Assis dans l'avion, il s'apprête à retourner dans son village natal. Douze ans après avoir quitté sa famille, il souhaite annoncer à sa mère, son frère et sa sœur sa mort prochaine, pour garder cette « illusion d'être son propre maître ». Mais il avoue d'entrée : « J'ai peur. »

    Un bal de non-communication

    Commence alors le bal de non-communication et de querelles éternelles entre les membres de la famille. Filmé d’une façon virtuose, Juste la fin du monde est beaucoup plus qu'une adaptation cinématographique. Xavier Dolan danse avec ce texte exquis de Jean-Luc Lagarce (1957-1995), écrit en 1990 par un écrivain malade du sida. Les images épousent le rythme des phrases, des intonations, de la couleur, des respirations. Avec les yeux, les nez, les bouches montrés de profil, les visages dialoguent en gros plans, creusent leurs pensées. Et dès que la lumière change, ils libèrent les torrents de la nostalgie. Le texte résonne sur des images calmes, laissant parfois la place aux tempêtes de la jeunesse et de l’amour sous forme de flashbacks rock et pop.

    Gaspard Ulliel au sommet de son art

    Louis, 34 ans, le fils aîné et favori de sa mère, est magnifié par un Gaspard Ulliel au sommet de son art. Avec ingéniosité, il incarne cet écrivain se préparant à mourir et restant si avare avec ses réponses à deux ou trois mots et son petit sourire.

    Nathalie Baye interprète la mère, mal préparée pour la venue de son fils. Avec des lèvres rouges d'amour et des grandes paupières bleues comme la mer qui les sépare. « Tu as quel âge aujourd’hui ? Tu habites toujours dans ton quartier gay ? » demande-t-elle pleine d'innocence et d'ignorance. « Non », répond-il dévoilant le vide de leur relation. Elle avait tant espéré de réunir cette famille qui n'existe plus depuis longtemps.

    Un silence mutuel

    Antoine, le petit frère surexcité et complexé (surjoué par Vincent Cassel), se sent menacé par retour de ce frère qui avait monopolisé l'attention des parents pendant toute son enfance. Leur silence mutuel ne sera brisé qu'une seule fois, et avec stupeur : « D'ailleurs Louis, ton ancien ami Pierre est décédé. On l'a enterré la semaine dernière. »

    La seule qui sortira indemne de cette histoire familiale est Catherine (Marion Cotillard). La femme d'Antoine garde ses distances, préfère vouvoyer son beau-frère jusqu’ici jamais rencontré. Avec sa manière balbutiante et juste, elle exprime ses vérités : « Louis, ton frère Antoine pense que tu ne t'intéresses pas à sa vie. Et je crois qu'il a aussi un peu raison. Sais-tu qu'il fabrique des outils dans une petite fabrique ? »

    Regretter le temps perdu

    On a compris. Dans cette famille, personne ne sait plus rien de l’autre. La mort approche et les mots pour le signaler s'éloignent. Regretter le temps perdu est la seule chose qui reste.

    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.