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    #NiUnaMenos, mouvement contre la violence machiste en Argentine

    media #NiUnaMenos, dans les rues de Buenos Aires en 2015. Jaluj/Wikipedia

    Les réseaux sociaux appellent à manifester ce vendredi 3 juin en Argentine contre les violences faites aux femmes sous le hashtag de ralliement #NiUnaMenos (Pas une de moins). Plus d'une centaine de villes sont concernées dans tout le pays. C'est la deuxième fois que ce collectif organise un tel événement. L'année dernière, 200 000 personnes y avait participé et avait contribué à une véritable prise de conscience.

    Avec notre correspondant à Buenos Aires,

    C’est un collectif féminin né il y a un peu plus d’un an à l’initiative d’une dizaine de journalistes, écrivaines et chercheuses, qui appelle à manifester. Crée après les morts de deux jeunes femmes qui avaient secoué l’opinion, il a pris pour nom #NiUnaMenos, (pas une de moins). C’est avec ce hashtag, rapidement viralisé sur Twitter, qu’il avait convoqué à l’époque à une première marche à Buenos Aires, le 3 juin 2015, contre les violences faites aux femmes. Au moins 200 000 personnes y avaient participé, défilant avec des banderoles où il était simplement écrit #NiUnaMenos.

    Il y a eu une véritable prise de conscience en Argentine sur la violence sexiste qui tue plusieurs dizaines de femmes par an. #NiUnaMenos est devenu un mouvement, non récupéré politiquement, mais sans autre structure que le collectif initial. Et comme les choses n’ont pas tellement changé, celui-ci appelle à manifester à nouveau ce 3 juin 2016. Et il le fait à travers les réseaux sociaux, parce qu’il n’a pas d’autres moyens de le faire, et parce que ca marche !

    Des féminicides souvent précédées de longues périodes de violence

    Le mouvement #NiUnaMenos part d’un constat. Si le nombre de femmes tuées en raison de leur condition de femmes marque un certain recul -il y en a eu 286 en 2015, 67 sur les cinq premiers mois de 2016-, l’on retrouve toujours les mêmes situations et les mêmes enchaînements. Dans près de 80 % des cas, les assassins sont des conjoints ou anciens conjoints. Pour le reste, il y a aussi de très jeunes filles, violées et tuées, parfois par le nouveau compagnon de leur mère ou par un voisin.

    Mais, surtout, la mort est souvent précédée de longues périodes de violence psychologique et physique. Et c’est là que les institutions sont en cause : la justice tarde à instruire les plaintes et à décider des mesures d’éloignement. Il manque aussi de foyers d’accueil pour les femmes et leurs enfants, et le problème du versement des pensions se pose. C’est tout cela qu’entend dénoncer #NiUnaMenos.

    Une mobilisation plus étendue grâce aux réseaux sociaux

    Toujours sur les réseaux sociaux, des dizaines d’associations ont relayé l’appel de #NiUnaMenos. Il y aura des manifestations à Buenos Aires et dans 120 villes, du nord au sud du pays. Indépendamment du nombre de manifestants, cela devrait faire avancer les choses.

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