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    JO de RIO: les organisations de défense des droits de l'homme accusent

    media Démolition de maisons dans la favela de Vila Autódromo, à Rio de Janeiro, en juillet 2015. Reprodução Facebook

    A quelques jours du début des Jeux olympiques, la ville de Rio de Janeiro et le Comité olympique doivent faire face à de graves accusations, lancées par les organisations de défense des droits de l'homme, Amnesty International et Terre des hommes. Selon elles, l'organisation des grands événements sportifs, comme les JO au Brésil, a été entachée par l'expulsion forcée de plusieurs milliers d'habitants pour permettre la construction d'infrastructures et par une très forte hausse des homicides de civils perpétrés par les forces de sécurité. A Rio, l'année dernière, un meurtre sur cinq avait été commis par la police. Une situation qui s'est aggravée à la veille des Jeux.

    Après des mois d'enquête, le constat d'Amnesty International est accablant, rapporte notre correspondant à Rio de Janeiro, François Cardona. Il y a eu une augmentation de près de 100 % du nombre de personnes tuées par la police par rapport à l'année dernière. Et plus de 4 000 personnes expulsées de chez elles à cause de l'organisation des Jeux. L'organisation de défense des droits de l'homme avait déjà pointé que lors de la Coupe du monde de football de 2014, « après une baisse consécutive de plusieurs années, il y avait [eu] une augmentation de 40 % des homicides suite aux interventions policières, qui s’étaient poursuivies d’ailleurs en 2015 », rapportait Geneviève Garrigos, présidente d’Amnesty International France.

    Ainsi la petite favela de Vila Autódromo a été démolie à partir de 2013 et ses habitants relogés au prétexte que la favela était située sur la lagune de Jacarepagua et qu'elle la polluait, et de sa proximité avec le Parc olympique. Maria da Penha est l'une des rares habitantes à avoir refusé de quitter sa maison. Elle est devenue le symbole de la résistance aux bulldozers. « C'est la faute des autorités brésiliennes et du Comité olympique, parce que ma petite communauté aurait pu continuer de vivre là-bas, juste à côté des Jeux olympiques. Nous ne les empêchions en rien d'avoir lieu » explique-t-elle à RFI.

    Expulsions par milliers, spéculation immobilière, exécutions extra-judiciaires par la police, victimes civiles en hausse : Andrea Florence, de l'association Terre des hommes, associée à Amnesty, accuse le Comité olympique d'avoir ignoré volontairement ces problèmes. « C'est facile de dire : " C'est normal, au Brésil, la police tue ; au Brésil, on expulse. " Mais c'est justement parce que le comité savait que cela existait qu'il aurait dû faire quelque chose pour l'éviter. C'est le rôle du Comité olympique. »

    Pour que cela ne se reproduise pas, Amnesty International demande que le Comité olympique intègre des dispositions relatives aux droits humains lors de l'attribution des prochains Jeux aux villes candidates.

    → Pour aller plus loin, le dossier d'Amnesty : « La face obscure des Jeux de Rio »

    Située au cœur de la nouvelle « Rio de Janeiro », Vila Autodromo, bordée par le futur village olympique, doit être détruite (photo de 2012). RFI/François Cardona

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