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    Le Parti républicain risque de perdre sa majorité au Congrès à cause de Trump

    media Des stickers du Parti républicain, le Grand Old Party (GOP), sur une étagère au siège du Comité républicain du comté de Cambria, dans l'État de Pennsylvanie. Mark Makela / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

    Le 8 novembre prochain, Hillary Clinton et Donald Trump s’affrontent à l’élection présidentielle américaine. Mais ce jour-là, aux Etats-Unis, se tiennent aussi des élections pour renouveler la Chambre des représentants et un tiers du Sénat. Le Parti républicain, qui dispose de la majorité dans ces deux chambres, joue donc gros ce 8 novembre. Surtout que la chute de Trump dans les sondages entraîne avec elle celle des candidats républicains au Sénat ou à la Chambre.

    Dans les sondages, Hillary Clinton a pris l’avantage face à Donald Trump dans la course à la Maison Blanche. Et la baisse de Donald Trump semble avoir un impact direct sur les résultats dans les sondages des candidats républicains au Sénat. Dans huit Etats où le magnat de l’immobilier a perdu en moyenne 3,3 points dans les sondages, les candidats de son parti au Sénat ont perdu 2,8 points du 3 au 15 août, comme le montre FiveThirtyEight, un média spécialisé dans le journalisme de données.

    Le Sénat est renouvelé à environ un tiers de ses sièges le 8 novembre. Or le Parti républicain détient 24 des 34 sièges en jeu. Surtout, il ne dispose que d’une courte majorité au Sénat (54 sièges contre 46 pour les démocrates). Il suffirait donc au Parti démocrate de faire basculer cinq sièges en leur faveur pour avoir la majorité absolue (quatre sièges suffisent d’ailleurs si le vice-président est un démocrate, c’est-à-dire si Hillary Clinton est élue).

    « Un candidat faible pénalise une éventuelle majorité de son parti »

    En revanche, à la Chambre des représentants, l’autre organe du Congrès, seront remis en jeu tous les sièges. Et les républicains devraient garder une assez large majorité, car ils peuvent perdre jusqu’à 29 sièges et rester majoritaires. « La carte électorale de la Chambre est très favorable aux républicains, puisqu’ils l’ont redessinée en 2010, lorsqu’ils ont remporté une victoire écrasante dans les urnes. La Chambre est donc à leur avantage jusqu’en 2020, quand les districts seront redessinés », rapporte Corentin Sellin, professeur agrégé d’histoire et spécialiste des Etats-Unis.

    Surtout, en général, les électeurs votent pour le même parti que ce soit au Congrès ou à la présidence. « Aux dernières élections, dans seulement 6 % des districts du Congrès, les électeurs ont voté pour un parti différent selon l’élection. C’est lié à un phénomène très connu en science politique américaine, le "coattail effect" ou le "down-ballot effect". Cela signifie qu’un candidat à la présidentielle fort va entraîner avec lui des candidats de son parti au Congrès. Inversement, un candidat faible pénalise une éventuelle majorité de son parti », décrypte Corentin Sellin.

    La candidature de Trump pose problème aux candidats républicains

    Pour éviter d’être pénalisés par la candidature de Trump, les candidats républicains sont donc amenés à se positionner par rapport au magnat de l’immobilier. « D’ordinaire, cela ne pose pas de problème. On demande souvent même au candidat à la présidentielle de venir faire un meeting dans son Etat pour marquer son soutien », explique encore Corentin Sellin.

    Mais avec la candidature de l’exubérant Trump, la situation n’est clairement pas la même. « Il y a trois cas de figure, analyse Corentin Sellin. Le premier, c’est que le candidat au Congrès dit clairement qu’il ne votera pas pour Trump. C’est le cas par exemple d’Adam Kinzinger, représentant républicain de l’Illinois et candidat à sa réélection. C’est un cas qui reste rare, car le candidat se prive potentiellement des électeurs de Trump. Mais pour Kinzinger, cela paraît cohérent car c’est un républicain modéré qui est candidat dans un district et un Etat démocrate. »

    « Soutenir Trump mais sans adhérer à son programme »

    Le deuxième cas de figure, explique Corentin Sellin, est celui des candidats qui soutiennent Donald Trump à demi-mot, plus ou moins par logique de parti. Par exemple, Ron Johnson, sénateur républicain du Wisconsin, a déclaré qu’il voterait pour Trump mais sans le « soutenir vivement » (« support but not endorse »). Il est candidat dans un Etat qui vote démocrate à la présidentielle depuis 1988, et face à un candidat démocrate, Russ Feingold, « très populaire », rapporte Corentin Sellin.

    C’est le cas aussi du sénateur républicain Mark Kirk, candidat à sa réélection dans l’Etat de l’Illinois. Attaqué par sa concurrente démocrate Tammy Duckworth sur ses liens avec Trump, Kirk a, en juin dernier, retiré son soutien à Trump, le qualifiant de « trop fanatique et raciste » pour être président. Mark Kirk a dépensé en juillet plus d’un million de dollars pour diffuser à la télévision deux publicités où il prend ses distances avec Donald Trump.

    Dans l’Etat du New Hampshire, la situation est presque la même pour la sénatrice républicaine Kelly Ayotte. Très légèrement devancée dans les sondages par la démocrate Maggie Hassan, qui la lie à Donald Trump, Kelly Ayotte a déclaré « soutenir Trump mais sans adhérer à son programme », rapporte Marie-Cécile Naves, sociologue spécialiste des Etats-Unis. Le sénateur de Pennsylvanie Pat Toomey, candidat à sa réélection, prend lui aussi soin de se démarquer de Trump en se présentant comme un centriste, mais sans complètement désavouer Trump, écrit le Wall Street Journal. Dans l’Ohio, le sénateur républicain Rob Portman brigue une réélection et prend également soin de se démarquer de Trump.

    Des candidats républicains qui cherchent à ménager l’électorat de Trump

    Le troisième et dernier cas de figure est celui des candidats républicains, en particulier dans le Sud conservateur, qui ne peuvent pas retirer leur soutien à Trump, de peur de perdre les électeurs du milliardaire et de ne pas être réélu. C’est le cas en particulier de John McCain, candidat républicain à l’élection présidentielle en 2008, qui remet en jeu son mandat de sénateur de l’Arizona au Congrès. Il doit encore être investi dans la primaire républicaine, où il affronte une partisane de Trump, Kelli Ward.

    John McCain cherche donc à ménager l’électorat de Trump, ce qui explique qu’il ne lui ait pas retiré son soutien, malgré deux polémiques qui les ont concernés par médias interposés. McCain, prisonnier pendant la guerre du Vietnam, a en effet été critiqué par Donald Trump, qui a mis en doute son statut de « héros de guerre », en déclarant : « J’aime les gens qui n’ont pas été capturés. » McCain s’est par la suite montré très critique envers Trump lorsque celui-ci s’en est pris à Khizr Khan, le père d’un soldat américain musulman tué en Irak.

    « Marco Rubio, qui a perdu les primaires présidentielles républicaines face à Trump, a le même problème : à la primaire républicaine pour la candidature comme sénateur de Floride, il affronte Carlos Beruff, un entrepreneur grande gueule, un peu comme Trump et qui convoite les mêmes électeurs. Au moins tant que cette primaire n’est pas passée, Rubio ne peut pas aller ouvertement contre Trump, même s’il a montré qu’il avait des divergences avec lui », analyse Corentin Sellin.

    « Le Parti républicain était déjà très impopulaire avant Trump »

    Mais Corentin Sellin, auteur d’Amérique du Nord. Entre intégration et fragmentation (éditions Ellipses), de préciser : « Le Parti républicain était déjà très impopulaire avant Trump, encore plus que le Parti démocrate. Peut-être que Trump n’a fait que renforcer ce sentiment d’impopularité, mais si le Parti perd sa majorité, tout n’est pas imputable à Trump. »

    Selon une enquête du centre de recherches Pew, publiée le 18 août, le Parti républicain recueille 56 % d’opinions défavorables (un chiffre plus ou moins constant depuis 2009), contre 46 % d’opinions défavorables pour le Parti démocrate. Le Congrès, où les Républicains sont majoritaires, ne recueille de son côté que 13 % d’opinions favorables, selon la dernière enquête Gallup de mi-juillet.

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