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    [PORTRAIT] Hillary Clinton, retour perdant pour la Première dame

    media Hillary Clinton, lors d'un rassemblement à Reno dans le Nevada, le 25 août 2016. REUTERS/Aaron P. Bernstein

    Huit ans après avoir échoué à l'investiture démocrate face à Barack Obama, Hillary Clinton semblait idéalement placée pour devenir la première femme présidente des Etats-Unis il y a encore deux semaines mais elle a été finalement balayée par Donald Trump, large vainqueur de la présidentielle ce mercredi. Retour sur un itinéraire jalonné d'épreuves, la dernière n'étant pas la moindre.

    « Il faut prendre la critique sérieusement, mais pas de façon personnelle », cette phrase dont elle est l’auteure, Hillary Clinton a dû souvent se la répéter tout au long de l’éprouvante campagne électorale qu’elle a mené durant près de deux ans et qui s'est terminée tôt mercredi matin par une assez large défaite face à Donald Trump. Elle était pourtant préparée, celle qui aurait pu devenir la première femme élue à la Maison Blanche. Beaucoup plus en tout cas que ne l’était son mari Bill Clinton en 1992 lorsque le gouverneur de l’Arkansas, alors âgé de 46 ans, avait créé la surprise en triomphant de George H. Bush et de Ross Perot.

    Pourtant, peu de candidats dans toute l’histoire des Etats-Unis avaient brigué le mandat suprême nantis d’un curriculum vitae comparable à celui de Hillary Clinton : huit ans au Sénat (2001-2009) et quatre à la tête de la diplomatie américaine (2009-2013) mais aussi douze ans Première dame de l’Etat d’Arkansas (1979-80 puis 1982-1992) et surtout huit ans dans le même registre de Première dame à la Maison Blanche (1993-2001), huit ans durant lesquels elle fut certainement la First Lady la plus impliquée dans les affaires du pays depuis Eleanor Roosevelt (on prendra ici «  affaires » dans tous les sens du terme). Au total, ce sont plus de trente ans de vie publique au plus haut niveau que la candidate démocrate mettait dans la balance pour battre Donald Trump.

    L’ambition, Hillary Diane Rodham Clinton l’a eue chevillée au corps, l’héritage d’une éducation stricte prodiguée par un père autoritaire, Hugh Rodham, alors patron d’une PME de draperies et tentures à Chicago et par une mère aimante, Dorothy, femme aux origines très modestes et profondément marquée par la Grande Dépression des années 1930. Le couple aura trois enfants, deux frères Hugh (né en 1950) et Tony (né en 1954) succédant dans la chronologie à Hillary, aînée de la famille, née pour sa part le 26 octobre 1947. Encouragée dans les études par Dorothy, la future First Lady a suffisamment confiance en elle pour écrire à la NASA qu’elle veut devenir astronaute. On est en plein Space Age, elle n’a que 14 ans.

    Républicaine mais pas trop

    A 20 ans, Hillary Rodham n'a pas encore rejoint le camp démocrate. YouTube

    Sa facilité dans les études et son mental de bûcheuse vont d’abord mener Hillary Rodham à Wellesley, une fac élitiste membre des Seven Sisters, les sept universités féminines les plus prestigieuses des Etats-Unis. Déjà en rupture avec les opinons paternelles très conservatrices, l'étudiante appliquée se passionne pour les droits civiques dans cette Amérique de la fin des années 1960 où la ségrégation est encore de mise. L’un des moments-clés de sa jeune existence sera d’ailleurs l’assassinat de Martin Luther King en avril 1968, un jour d’autant plus sombre et marquant pour elle qu’elle avait serré la main du pasteur King lors d’un meeting à Chicago, quatre ans auparavant. « Je suis entrée dans ma chambre et j’ai balancé mon sac à travers la pièce comme si tout venait d’être détruit », confia-t-elle lors d’une interview sur une chaîne de Memphis.

    Un an plus tard, elle fait l’unanimité auprès de ses camarades et de ses professeurs pour prononcer le discours de fin d’année à Wellesley. C’est la première fois qu’une étudiante se voit offrir cet honneur, une opportunité dont la toute fraîche diplômée en sciences politiques profite pour se faire l’écho de la jeunesse contestataire de l’époque avec comme mantra de « rendre possible les choses impossibles ». Son intervention abrupte devant le sénateur républicain Edward Brooke, invité d’honneur de l’université ce jour-là, lui vaut quelques reproches, mais aussi plusieurs articles dans la grande presse dont Life et le New York Times. Bien qu’en phase avec la jeunesse des campus, elle ne se sent pourtant pas encore prête à quitter le camp républicain, dont elle était la représentante à Wellesley. « Peut-on avoir un esprit conservateur et un cœur de gauche ? » se demande-t-elle à cette période.

    Après s’être engagée pour Barry Goldwater, candidat malheureux face au démocrate Lyndon Johnson à la présidentielle de 1964, Hillary fait encore campagne pour les républicains en 1968 en prenant fait et cause pour Nelson Rockefeller. Mais le choix de Richard Nixon pour la présidentielle finit de la détourner du Grand Old Party et elle rejoint alors les démocrates, séduite par le discours d’Eugene McCarthy en faveur d’un retrait du Vietnam. L’année 1969 marque son entrée à l’école de droit de Yale où, contrairement à Wellesley, les filles sont en minorité. C’est là qu’elle va rencontrer Bill Clinton, en 1971. C’est même elle qui fait le premier pas vers lui dans la bibliothèque de l’université, comme elle l’a raconté dans son autobiographie (« puisqu’on n’arrête pas de se regarder, autant faire les présentations » avait-elle osé).

    La cour durera plusieurs mois et le couple ne célèbrera officiellement son union que quatre ans plus tard dans l’Arkansas où Bill a fini par la convaincre de le suivre, après qu’il eut décroché un poste de professeur de droit. En attendant, ils participent tous deux à la campagne du démocrate George McGovern, lequel va être battu à plates coutures par Nixon à la présidentielle de 1972. Pour gagner un jour, il faut aussi connaître l’échec, une leçon qui servira plusieurs fois. A la sortie de Yale, les rôles ne sont pas encore clairement définis entre les deux brillants diplômés. Avant le mariage, le couple Bill-Hillary aurait néanmoins passé un pacte « dont le ciment est l’ambition » révèlent Jeff Gerth et Don Van Natta dans leur biographie Hillary, Histoire d’une ambition.

    Ambition contrariée

    Hillary avait sauvé une première fois la mise à Bill lors de la campagne 1992. Mike Nelson / AFP

    Pas encore prête pour l’Arkansas où elle n'a jamais mis les pieds, Hillary embrasse la carrière d’avocate dans le Massachussetts au début des années 1970 et elle va même rejoindre un temps l’équipe de juristes qui travaille sur la procédure de destitution de Richard Nixon dans l’affaire du Watergate. Elle est alors loin d’imaginer que, vingt-cinq ans plus tard, c’est elle qui devra défendre son mari contre une procédure d’impeachment. Finalement résignée à suivre Bill à Little Rock, capitale d’Etat qui n’est qu’un patelin à l’échelle américaine (150 000 habitants), elle met tant bien que mal ses ambitions en réserve en voyant son mari réussir son pari : élu procureur général de l’Arkansas en 1976, Bill Clinton est intronisé, en janvier 1979, gouverneur de l’Etat à seulement 32 ans, un record de précocité.

    Désormais épouse du gouverneur, Hillary Rodham insiste pour garder son nom de jeune fille, ce qui fait un peu tiquer l’establishment de cet Etat du Sud, hermétique aux idées progressistes. Elle l’a senti venir, mais c’est trop tard : le piège s’est refermé sur elle. Comment exister en tant que First Lady d’un Etat sudiste quand on vient de Yale et qu’on se fond si mal dans le décor ? Pas le temps de se morfondre pourtant, car la voici désormais mère d’une petite Chelsea née le 27 février 1980. Huit mois plus tard, les Clinton tombent de haut : Bill est battu aux élections et devient selon sa propre expression « le plus jeune ex-gouverneur du pays ». Le coup est rude. Pour garder leur train de vie et préparer la suite, voilà les Clinton obligés de se lancer dans des investissements plus ou moins hasardeux, notamment le programme immobilier Whitewater qui s’avèrera un fiasco.

    En 1982, Hillary ravale sa fierté. Elle abandonne son nom de jeune fille, troque ses binocles de laborantine coincée pour de discrètes lentilles de contact et adopte un look de blonde standard, serre-tête noir dans les cheveux et boucles d’oreilles en évidence. Requinqué, Bill récupère son fauteuil de gouverneur dès janvier 1983 et la voilà repartie pour un CDD de dix ans à Little Rock en qualité de First Lady. Ce deuxième mandat va néanmoins servir de tremplin au candidat Clinton pour la présidentielle et permettre à Hillary de travailler l’un de ses points forts : la réforme de l’éducation dont elle se voit confier la charge pour l’Arkansas avec un succès remarqué. Après avoir hésité en 1988, Bill se lance pour de bon dans la présidentielle de 1992. On est en pleine campagne pour la primaire démocrate du New Hampshire, quand Hillary va lui sauver la mise une première fois.

    Alors qu’une chanteuse de bar du nom de Gennifer Flowers prétend avoir eu une relation de douze ans avec son gouverneur de mari, Hillary le défend avec conviction dans 60 minutes, la populaire émission dominicale de CBS. Même si elle se serait bien passée de cet épisode peu glorieux, désormais toute l’Amérique la connaît. La course à la Maison Blanche aurait pu s’arrêter là mais Bill, fidèle à son surnom de Comeback Kid, va progressivement refaire son retard sur Paul Tsongas pour l'investiture démocrate, en route vers un parcours triomphal qui le mène jusqu’à la Maison Blanche. A Washington, Hillary est redevenue ambitieuse. Contre l’avis général, elle demande et obtient un bureau dans l’Aile Ouest de la Maison Blanche, le cœur du réacteur, du jamais vu pour une Première dame.

    Scandales et rédemption

    Barack Obama lui avait barré la route à la présidentielle de 2008. (Photo : Reuters)

    Elle s’attèle alors prioritairement à la réforme du système de santé, un travail de titan dans lequel elle met toute son énergie. Ses nombreux adversaires, rebutés par son mode de fonctionnement autoritaire, l’attendent au tournant. En septembre 1994, sa réforme, très compliquée, est enterrée par le Sénat qui est pourtant à majorité démocrate. Pire, deux mois plus tard, les démocrates perdent la majorité aux deux Chambres lors des élections de Midterm. « J’ai réalisé que la fonction de Première dame des Etats-Unis était très différente de celle de Première dame de l’Arkansas. Cela m’a demandé un temps d’adaptation » écrira-t-elle bien plus tard dans Mon Histoire, son autobiographie. Mortifiée par cet échec cinglant, elle refait quand même surface début 1996 avec un best-seller : Il Faut tout un village pour élever un enfant qui se vend à plus de 650 000 exemplaires aux Etats-Unis.

    Le triomphe sera toutefois de courte durée malgré la réélection de Bill pour un deuxième mandat aux dépens de Bob Dole et de Ross Perot. Alors que des affaires montées en épingle par les républicains (Whitewater, Travelgate, Troopergate, Paula Jones) ont déjà considérablement nui à la présidence, le scandale Monica Lewinsky éclate en janvier 1998. Instruit par l’obstiné juge fédéral Kenneth Starr, le Monicagate va faire vaciller Bill Clinton qui échappe de justesse à une procédure de destitution par le Congrès en janvier 1999. En public, Hillary lui assure évidemment un soutien sans faille. En privé, c’est une autre histoire. Les disputes sont violentes à la Maison Blanche et le 42e président des Etats-Unis devra même dormir plusieurs mois sur un divan dans un studio aménagé du deuxième étage. Paradoxalement, Hillary sort grandie de cet épisode déshonorant et c’est précisément à cette époque que son ambition présidentielle prend forme.

    Bill est encore en fonction quand elle lance, en 2000, le premier étage de la fusée : la conquête d’un siège de sénatrice de l’Etat de New York. Elle va y parvenir d’autant plus facilement que son adversaire républicain supposé, le populaire maire de New York Rudy Giuliani, doit se retirer de la course en pleine campagne électorale pour des problèmes de santé et, ironie suprême, à cause de la révélation d’une relation extraconjugale qui l’amènera à divorcer. Après avoir mené une campagne citée en exemple face à Rick Lazio, la sénatrice Clinton – première femme élue à ce poste dans l’Etat de New York – va se montrer une élue travailleuse et assidue, obtenant par exemple des fonds très rapidement pour la reconstruction du World Trade Center détruit le 11 septembre 2001 et participant activement à plusieurs commissions, dont celle des Forces Armées.

    Brillamment réélue pour un deuxième mandat en 2006 (67% des voix), la sénatrice Clinton va cependant traîner comme un boulet une décision prise en 2003 : son vote en faveur de la guerre en Irak prônée par George W Bush. Un boulet qui va enrayer la mise à feu du deuxième étage de la fusée : l’investiture démocrate pour la présidentielle de 2008 qu'elle briguait depuis quatre ans. Un jeune et charismatique sénateur de l’Illinois dénommé Barack Obama – qui a eu, lui, la bonne idée de voter contre l’aventure irakienne – va non seulement lui brûler la politesse pour l’investiture, mais devenir dans la foulée le premier président noir des Etats-Unis. En fin politicien, Obama propose alors à Hillary de devenir sa Secretary of State, autrement dit sa ministre des Affaires Etrangères. Réticente au début, elle va s’atteler à la tâche avec détermination au point de battre les records détenus jusque-là par Madeleine Albright :112 pays visités, près de 1 million de miles parcourus et plus de 2 000 heures de vol en l’espace de quatre ans.

    Vers un retour à la Maison Blanche

    Entourée de sa fille Chelsea et de Bill lors de la Convention démocrate à Philadelphie. REUTERS/Mike Segar

    Malgré le revers de Benghazi où quatre diplomates américains, dont l’ambassadeur, sont assassinés lors d’une attaque terroriste en septembre 2012 et en dépit de l’affaire des courriels non sécurisés qui va continuer à la poursuivre jusque dans les derniers jours de la campagne présidentielle en cours, Hillary quitte son poste en février 2013 sur un bilan jugé très positif, et avec score de 69% d’opinions favorables. C''était évidemment de très bon augure en vue de la présidentielle de 2016 qu’elle a désormais en ligne de mire.

    Epuisée et en proie à divers problèmes de santé dont une mauvaise chute qui lui vaudra une commotion cérébrale et l’apparition d’un caillot de sang près du cerveau, elle met ces trois années à profit pour réparer le combat qui s’annonce. Mais comme rien n'est jamais acquis, elle doit d'abord batailler ferme pour venir à bout d’un adversaire démocrate plus coriace qu’escompté, le sénateur du Vermont Bernie Sanders qui lui mène la vie dure jusqu’à la Convention démocrate de juillet. Ce n'est rien cependant en comparaison des attaques que va fomenter contre elle son adversaire républicain Donald Trump durant une campagne d’une bassesse jamais atteinte dans l’histoire récente des Etats-Unis.

    Détestée par l’électorat populaire pour qui elle représente l’élite corrompue, discréditée auprès d’une partie de l’opinion pour qui elle n’a pas toujours été franche dans les affaires la concernant et décriée aussi par les progressistes qui lui reprochent ses liens avec Wall Street, à l'heure du verdict des urnes, elle ne jouissait plus de l'estime dont elle bénéficiait encore en 2013 quand elle quittait le département d’Etat. En dépit de cette adversité, Hillary Clinton pensait pouvoir quand même accomplir ce qu’aucune Américaine n’avait fait avant elle : devenir la première femme à diriger les Etats-Unis.

    Ce mardi, cette ambition a été balayée par la victoire de Donald Trump, une victoire suprise car pratiquement aucun intsitut de sondage ne l'avait prévue. Perçue comme un dernier coup du sort à onze jours du scrutin, la réouverture par le FBI de l'enquête sur les courriels non sécurisés contenus dans un serveur personnel de Hillary Clinton n'a certainment pas été suffisant pour faire basculer l'électorat en faveur de Donald Trump. Le déficit d'image de la candidate et la colère de l'opinion étaient sans doute plus larges et profonds au bout de cette campagne 2016 émaillée de très nombreux rebondissements, jusqu'à son issue finale que peu de monde avait envisagée.

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