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    Cuba pleure Fidel Castro, mais les Cubains de Miami ne le regretteront pas

    media Les gens ont fait la fête à Miami, après l'annonce de la mort de Fidel Castro à La Havne le 26 novembre. REUTERS/Javier Galeano

    Cuba est toujours en deuil, une semaine après la mort du père de la révolution de 1959. Mais à Miami, en revanche, la fête se poursuit chez les opposants en exil de Fidel Castro. Parmi eux, beaucoup d'anciens prisonniers politiques.

    Avec notre envoyé spécial à Miami,  Grégoire Pourtier

    Dans la ville américaine de Miami, sur la calle Ocho, l'épicentre de Little Havana, un monument rend hommage aux « martyrs » du débarquement de la baie des Cochons, la tentative avortée de renverser Fidel Castro en avril 1961.

    Derrière, sur cette 13e avenue, se succèdent d'autres monuments rappelant les souffrances du peuple cubain, jusqu'à ce que l'on arrive à la Casa del Preso, la maison du prisonnier. Abel Nieves, 73 ans, est là. il nettoie la courette.

    « Je suis entré dans la première prison le 23 septembre 1959, pendant la toute première guérilla contre Castro, dans la sierra de los Órganos. Je suis de La Havane, et je n'ai jamais revu La Havane depuis, ni ma mère et mon frère », explique le vieil homme.

    « J'ai été sauvé de la peine de mort, qui avait été requise, grâce à une intervention américaine. J'ai finalement été condamné à 20 ans, et j'ai fait un an et trois jours de plus », raconte Abel Nieves, qui avait 16 ans quand il a été arrêté.

    Sorti de prison à l'âge de 37 ans, il a ensuite passé le reste de son existence en exil. Il n'a rien oublié, détaille le nom des onze prisons où il a été interné, mais aussi les mauvais traitements qu'il a subis.

    A Miami, il a accumulé les petits boulots. Mais il a surtout accueilli les vagues d'anciens prisonniers politiques au sein d'une association fondée en 1981 et installée à la Casa del Preso. Et avec la mort de Fidel Castro, il espère que les choses vont évoluer à Cuba.

    « Je sais qu'il y a de hauts dirigeants de l'armée qui ne sont pas d'accord avec tout ça. On va voir ce qui va se passer, parce qu'ils pourraient dire quelque chose. Raul Castro dirige, mais il n'est pas un leader. Fidel, par sa seule évocation, était un leader », explique Abel Nieves.

    « Je pense qu'il pourrait y avoir une révolte des forces militaires, pas de toutes, mais d'un groupe », conclut l'ancien prisonnier, qui doute en revanche que le peuple puisse bouleverser le destin de Cuba, alors que lui avait pris le maquis adolescent.

    Selon la Commission cubaine des droits humains et de la réconciliation nationale, plus de 8 600 militants et opposants au régime étaient encore placés en détention pour des motifs politiques en 2015.

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