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    Piratage informatique: Obama annonce une série de sanctions contre la Russie

    media Ce 29 décembre, Barack Obama a annoncé des sanctions contre l'ingérence russe dans l'élection américaine. Reuters

    Le président Barack Obama a annoncé jeudi 29 décembre une série de mesures contre la Russie suite au piratage présumé des serveurs des partis démocrate et républicain pendant la campagne électorale. Des sanctions ont été prises contre les services de renseignement russes, trois compagnies et six responsables de ces agences ou sociétés. Trente-cinq personnes sont par ailleurs expulsées des Etats-Unis.

    Barack Obama s’est appuyé sur un décret pris en 2015 contre le piratage informatique, et les mesures annoncées sont massives. La partie immergée de l’iceberg, explique notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio, car d’autres mesures seront prises sans être rendues publiques.

    En attendant, les deux agences de renseignement russe, le GRU et le FSB, sont sanctionnées, ainsi que quatre de leurs cadres. Trois sociétés privées soupçonnées d’avoir apporté leur concours à cette présumée opération de piratage de grande ampleur sont aussi désormais sur liste noire.

    Sur le sol américain, 35 ressortissants russes détenteurs de passeports diplomatiques sont désormais « persona non grata », pour avoir mené « des actions malveillantes incompatibles avec leur mission ». Ces « diplomates » ont trois jours pour quitter le sol américain avec leurs familles.

    Ces derniers ne sont pas forcément en lien avec le piratage. Cette mesure, très « guerre froide », c'est selon la Maison Blanche une représaille au « harcèlement permanent » dont sont victimes les diplomates occidentaux à Moscou et à Saint-Pétersbourg notamment.

    Deux installations russes, dans l’Etat du Maryland et dans la région de New York, seront par ailleurs interdites d’accès. Ces propriétés, d’après le communiqué de la Maison Blanche, ont pour leur part été utilisées pour mener à bien des activités hostiles.

    De plus, précise la Maison Blanche et le président des Etats-Unis, le Trésor américain a également sanctionné deux Russes accusés de piratages visant à collecter des fonds ou des données personnelles.

    Représailles

    L’entourage de Barack Obama insiste : la présidence, qui s’appuie sur les rapports de la CIA et du FBI, n’a aucun doute sur la culpabilité de la Russie, ce qui explique le large spectre des sanctions annoncées contre Moscou. Le communiqué du président américain sortant est en effet très direct.

    Barack Obama avait promis des représailles contre la Russie après les piratages informatiques présumés qui ont perturbé le match électoral entre Donald Trump et Hillary Clinton. Washington accuse notamment des pirates informatiques russes d'avoir dérobé des dizaines de milliers d'emails de responsables démocrates.

    Ces messages ont ensuite été mis en ligne, jetant une lumière crue sur les délibérations internes du camp démocrate et brouillant le message de sa candidate.

    Républicains et démocrates à l'unisson

    Donald Trump a affirmé qu'il ne croyait pas à ces accusations. Jeudi soir, le président élu américain a estimé dans un communiqué qu'il était temps de passer « à d'autres choses plus importantes ». Mais il est isolé dans son propre camp, la plupart des responsables républicains ne mettant pas en doute la réalité des opérations russes.

    Donald Trump va se heurter à l’hostilité de son camp, qui demande des sanctions. Ce sont des sénateurs républicains qui ont annoncé, jeudi soir, leur intention d’organiser des auditions au Congrès sur cette affaire dès la rentrée, ainsi que des sanctions contre Vladimir Poutine lui-même.

    Vladimir Poutine n’est pour le moment pas personnellement visé par les sanctions américaines annoncées, mais le sénateur républicain Lindsey Graham n’exclut pas une action contre le président russe à l’avenir.

    « Nous allons agir, a déclaré l'élu de Caroline du Sud. Nous allons organiser des auditions et décider de sanctions qui vont frapper Poutine en tant qu’individu, ainsi que son entourage proche, pour avoir tenté de perturber nos élections. Ils agissent dans le monde entier, pas seulement aux Etats-Unis. »

    Inquiétude dans les deux camps aux Etats-Unis

    Elus républicains et démocrates semblent unis sur le sujet. Moscou mérite ces sanctions, selon eux, et les Européens ayant des élections à venir seraient bien inspirés de vérifier leurs propres serveurs informatiques, préviennent les Américains.

    « Nous savons, explique l’un des conseillers de Barack Obama, que Moscou a prévu d’autres opérations de piratage, sur le modèle de celle qui a été menée aux Etats-Unis. » En somme, les européens doivent se tenir prêts. L'OSCE a d'ailleurs été piratée récemment.

    Dans sa déclaration, Barack Obama invite donc les pays amis et alliés des Etats-Unis à « travailler ensemble pour contrer les efforts de la Russie visant à saper les bonnes pratiques internationales et à s'ingérer dans les processus démocratiques ».

    « Nous pensons que ce qui s'est passé pendant les élections aux Etats-Unis, bien que cela ait été totalement imprévisible, constitue une menace pour les bases de la démocratie. Les Russes ont essayé de s'introduire dans notre processus électoral et de peser sur les élections », a déclaré le sénateur républicain John McCain.

    « Nous ne pensons pas que les agissements russes ont influencé le résultat. Mais c'est la démocratie qui est menacée si une autre nation peut influencer les résultats d'une élection aux Etats-Unis ou de n'importe quelle démocratie dans le monde », a ajouté l'ancien candidat à la Maison Blanche.

    Moscou promet des représailles

    La Russie prépare déjà une riposte « adéquate », a annoncé, dans la nuit de jeudi à vendredi, le porte-parole du Kremlin. Dimitri Peskov dénonce des sanctions « arbitraires, infondées et illégales du point de vue du droit international ».

    Dimitri Peskov observe là une « manifestation imprévisible et même agressive de la politique étrangère américaine ». Et pour le porte-parole de Vladimir Poutine, la décision de Washington « poursuit deux objectifs ».

    D'abord, « détruire définitivement les relations russo-américaines qui ont déjà atteint le fond ». Ensuite, « porter un coup dur aux projets dans le domaine de la politique étrangère de l'administration du président élu » Donald Trump.

    Mais le président de la commission des Affaires étrangères du Parlement russe, Konstantin Kossatche, estime qu’il est urgent d’attendre la réaction du futur chef de l’Etat américain avant d’envisager des contre-sanctions.

    Les décisions anoncées ont pour rappel été prises par décret de Barack Obama, ce qui signifie qu'elles peuvent être inversées par Donald Trump dès son arrivée à la Maison Blanche le 20 janvier.

    Konstantin Kossatche dénonce cependant un acte d’agression diplomatique de la part des Etats-Unis et y voit le résultat de deux facteurs : l’échec des Etats-Unis à s’imposer sur la scène internationale et la défaite d’Hillary Clinton à la présidentielle.

    Avant la réaction officielle de la diplomatie russe, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères a publié dans la nuit un message sur son compte Facebook, dans lequel elle traite l’actuelle administration américaine de  « groupe de ratés et d’aigris de la politique étrangère ».

    Selon le Kremlin, ces mesures ont aussi pour objectif de mettre en difficulté la ligne défendue par Donald Trump en politique étrangère. Le futur président veut en effet rétablir de bonnes relations avec Moscou.

    « Le monde entier », écrit Maria Zakharova, comme à son habitude très tranchée, « observe ce coup terrible porté au prestige de l'Amérique par Barack Obama et son équipe d’illettrés chargés de la politique étrangère » de leur pays.

    Maria Zakharova a confirmé que Moscou réagirait en appliquant des mesures de réciprocité. Selon elle, des déclarations doivent être faites en ce sens ce vendredi, relate notre correspondant à Moscou, Etienne Bouche.

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