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    Moyen-Orient

    La Syrie, gros point noir du bilan de Barack Obama en politique étrangère

    media Le président sortant des Etats-Unis, Barack Obama, le 13 décembre 2016 à Washington. REUTERS/Kevin Lamarque

    Depuis le début du conflit syrien, en mars 2011, malgré des promesses et des tentatives de compromis, les Etats-Unis sont restés en retrait dans ce dossier. A l'heure où Barack Obama s'apprête à laisser les clés de la Maison Blanche à son successeur Donald Trump, le bilan de sa politique étrangère en Syrie est franchement mitigé.

    « La ligne rouge pour nous, c'est le déplacement et l'utilisation d'armes chimiques. » Un an après cette déclaration de Barack Obama, lancée à l'été 2012, le président syrien Bachar el-Assad franchit cette fameuse « ligne rouge ». En août 2013, le régime de Damas est accusé d'avoir attaqué au gaz sarin une banlieue de la capitale tenue par les rebelles. Près de 1 500 civils meurent.

    Très vite, Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France se mettent d'accord pour lancer des frappes aériennes. Mais le Parlement britannique recule, et à la toute dernière minute, Barack Obama informe alors son allié français qu'il va demander l'aval du Congrès aussi. Les Russes s'engouffrent. En coulisses, ils parviennent à convaincre Bachar el-Assad de livrer son arsenal d'armes chimiques pour qu'il soit détruit en mer. Les Occidentaux n'interviendront pas contre le régime syrien.

    L'épisode de la ligne rouge est désormais considéré comme un tournant sur la scène internationale. Pour ne pas avoir respecté la règle qu'ils s'étaient fixée, les Américains ont perdu toute crédibilité et laissé un vide en Syrie, que la Russie de Vladimir Poutine va venir combler, intervenant militairement à un moment où Bachar el-Assad semblait perdre pied face à la rébellion, en 2015.

    Dès sa reculade, Obama, pour ne pas être intervenu avec assez de force, ne pas avoir assez soutenu la rébellion, va subir nombre de critiques. Lui se dit satisfait sur un point, ne pas s'être embourbé dans le chaos syrien comme son prédécesseur l'avait fait en Irak. Il se garde une priorité : la lutte contre le groupe Etat islamique. Bachar el-Assad en a-t-il conclu que les Américains ne représentaient plus une menace pour lui ? Obama s'en va, Assad, lui, est toujours là.

    Et au moment où se met en place une trêve conclue sous l'égide de la Russie et de la Turquie, sans les Etats-Unis, les experts reviennent désormais les uns après les autres sur la spirale infernale dans laquelle la Syrie est plongée. Ainsi, la crise profonde que traverse ce pays, cette catastrophe humanitaire, reste pour beaucoup attribuée au manque de prise de décision de M. Obama.

    Pour l'écrivain Simon Sarfati, professeur au Centre d'études des relations stratégiques de Washington, la Syrie, c'est « le grand échec » du 44e président des Etats-Unis.

    Le grand succès d'Obama est l'accord nucléaire avec l'Iran. Son grand échec, l'histoire lui en voudra, je crois, c'est d'avoir mécompris la nature du «printemps arabe»

    Simon Sarfati, Centre d'études des relations stratégiques et internationales de Washington (CSIS) 31/12/2016 - par Anne-Marie Capomaccio Écouter

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