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    Barack Obama: huit années de succès et d’échecs diplomatiques

    media Le président sortant des Etats-Unis, Barack Obama, le 13 décembre 2016 à Washington. REUTERS/Kevin Lamarque

    Barack Obama prononce ce mardi 10 janvier son dernier discours en tant que président des Etats-Unis. A dix jours de la fin de ses huit années à la tête de la première puissance mondiale, l’heure est au bilan de sa politique internationale.

    ■ Le rapprochement avec Cuba

    Le 17 décembre 2014, Barack Obama et Raul Castro annoncent des discussions en vue d'un rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays, après 18 mois de discussions secrètes, sous l’égide de l’Eglise catholique.

    Le 20 juillet 2015, les deux ambassades à Washington et à La Havane rouvrent et les relations diplomatiques sont officiellement rétablies après 54 ans de gel. Obama assouplit les restrictions financières et commerciales avec Cuba, et il est le premier président américain à mettre le pied sur le sol cubain en 88 ans lors d’une visite historique le 20 mars à La Havane. Dans la foulée, il annonce des mesures pour faciliter les voyages des citoyens américains vers l’île de Cuba.

    En septembre, des liaisons aériennes directes de compagnies américaines sont établies avec Cuba. Et en octobre, pour la première fois, les Etats-Unis s'abstiennent lors du vote à l’Assemblée générale de l’ONU. Barack Obama appelle à la fin de l’embargo qu’il juge d’un autre temps, mais le Congrès y est toujours opposé et exige des contreparties sur la situation des libertés individuelles à Cuba. Et son successeur Donald Trump a menacé de revenir sur la reprise des relations avec La Havane si le régime castriste ne fait pas plus de concessions sur les droits de l’Homme et l’économie de marché.

    Des touristes passent devant une affiche célébrant la venue de Barack Obama. La Havanne, 18 mars 2016. AFP PHOTO/YAMIL LAGE

    ■ L’accord sur le nucléaire iranien

    En juillet 2015, l’Iran accepte de réduire ses activités nucléaires pour en garantir un usage exclusivement civil. En contrepartie, Téhéran bénéficie de la levée de la plupart des sanctions internationales qui entravaient son développement.

    Cet accord, Barack Obama l’a voulu. Dès son arrivée à la Maison-Blanche en 2009, il parle de « tendre la main » à l’Iran. A l’époque, la République islamique est présidée par l’ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, dont la réélection contestée cette même année déclenche un profond mouvement de protestation. Il faut donc attendre 2013 et l’élection du modéré Hassan Rohani pour que le dialogue s’engage. Pour la première fois depuis la Révolution islamique, on voit un chef de la diplomatie américaine – John Kerry – négocier des nuits entières avec son homologue iranien, Mohammad Javad Zarif.

    Les discussions serrées et extrêmement techniques se font dans un cadre international, avec les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne comme interlocuteurs de l’Iran. Mais la Maison-Blanche semble déterminée à conclure, quitte à irriter la diplomatie française alors soucieuse d’incarner une ligne ferme dans la négociation. Mais ce sont surtout les alliés des Etats-Unis au Moyen-Orient, Israël et Arabie saoudite en tête, qui ne digèrent pas l’accord, au nom de leur hostilité envers Téhéran.

    L’accord sur le nucléaire ne remet cependant pas les compteurs à zéro entre les Etats-Unis et la République islamique. Les deux pays n’ont toujours pas de relations diplomatiques et Washington maintient des sanctions unilatérales contre l’Iran, qu’il accuse de soutenir le terrorisme. De son côté, la République islamique accuse régulièrement les Etats-Unis de ne pas tenir leurs engagements. Successeur de Barack Obama, Donald Trump n'a pas caché son hostilité à cet accord, parlant même de le « déchirer » pour en négocier un meilleur.

    Le président américain, Barack Obama (g) et le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad (d). (Photo : Reuters)

    La colère d'Israël

    Barack Obama est arrivé au pouvoir aux Etats-Unis la même année que Benyamin Netanyahu en Israël. Les deux hommes ont gouverné ensemble ces deux pays alliés. Et s’ils n’ont eu de cesse de réaffirmer l’amitié qui unit Etats-Unis et Israël, leur relation personnelle fut plus compliquée. Elle est allée de la froideur à l’hostilité affichée, analyse notre correspondant à Jérusalem, Guilhem Delteil.

    « Ce n’est pas une façon de traiter un allié », tempêtait ainsi Benyamin Netanyahu il y a deux semaines. Le chef du gouvernement israélien était en colère contre Barack Obama qu’il accusait ouvertement d’avoir « initié et soutenu » la résolution 2334 du Conseil de sécurité de l’ONU. Un texte dont l’administration américaine aurait même, dit-il, « supervisé la formulation ».

    Cette résolution, adoptée moins d’un mois avant le départ de Barack Obama de la Maison-Blanche, restera vraisemblablement le principal héritage du président américain sortant sur le dossier israélo-palestinien. Lui qui rêvait d’être celui qui arriverait à mettre un terme à ce conflit aura fait passer un texte qui réclame la fin de la colonisation israélienne en Cisjordanie et à Jérusalem-Est et qui ne peut désormais être abrogé.

    La colonisation israélienne restera la principale pomme de discorde entre Barack Obama et Benyamin Netanyahu. Le président américain n’a eu de cesse de réclamer son arrêt. En vain. Et les désaccords sont tels entre les deux hommes que le chef du gouvernement israélien craint une nouvelle initiative américaine durant la dernière semaine du mandat de Barack Obama. La défiance aura régné jusqu’au bout.

    Barack Obama et Benyamin Netenyahu, lors d'une rencontre en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, à New York, le 21 septembre 2016. REUTERS/Kevin Lamarque

    ■ L’échec syrien

    L’incapacité des Etats-Unis à venir en aide à la rébellion syrienne et à trouver une solution politique à une guerre civile qui a fait plus de 300 000 morts et provoqué le déplacement de plusieurs millions de personnes va sans doute peser lourd dans le bilan de la présidence Obama.

    Lors de sa dernière conférence de presse, Barack Obama a reconnu avec amertume l’échec complet de son action en Syrie. Malgré tout, le président américain s’est dit convaincu qu’il n’avait d’autre choix, en Syrie, que de rester en retrait et d’éviter une intervention militaire directe. C’est l’application stricte de la « doctrine Obama » : ne pas s’engager dans un conflit en l’absence de menace directe pour les intérêts américains.

    A l’automne 2013, Barack Obama renonce donc à frapper le régime syrien pourtant accusé d’avoir franchi la « ligne rouge » en utilisant des armes chimiques. Pour ses détracteurs, ce revirement va ôter toute crédibilité à la politique américaine dans les trois années qui suivront. En renonçant à l’usage de la force, les Etats-Unis auront de fait laissé le champ libre à la Russie qui va s’engouffrer dans la brèche en volant au secours du régime syrien. Le mandat de Barack Obama s'achève par la chute d'Alep-Est, symbole à la fois d'une rébellion sur le déclin et d'un Bachar al-Assad renforcé. Elle est la démonstration cinglante de l'échec subi par le 44e président américain dans le dossier syrien.

    Barack Obama et l'hôte du sommet du G20, Vladimir Poutine, le 5 septembre 2013, sur l'écran géant de la salle de presse du G20. REUTERS/Grigory Dukor

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