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    Amériques

    Etats-Unis et Mexique: les hauts et bas d'une relation tumultueuse

    media Les répliques en cire des présidents américain et mexicain, au Musée de Cire de Mexico, le 30 janvier 2017. REUTERS/Henry Romero

    Les relations entre le Mexique et les Etats-Unis se sont considérablement tendues, depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump. Le projet d’un mur frontalier et la brouille diplomatique avec le président Peña Nieto, entre autres, réveillent les vieux fantômes de l’histoire. Car avant de gérer des relations cordiales de voisinage, les deux pays, étroitement liés l’un à l’autre à bien des égards, ont aussi un vieux passif territorial.

    « Pauvre Mexique ! Si loin de Dieu, si près des Etats-Unis ». Cette phrase, attribuée au président Profirio Diaz à la fin du XIXe siècle, est un dicton populaire que les Mexicains utilisent pour traduire la relation complexe de leur pays avec son voisin. La formule est plus que jamais d’actualité depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche.

    Ce dernier a promis la construction d’un mur à la frontière, l’expulsion massive d’immigrés clandestins ou encore la remise en question de l’Alena, l'accord de libre-échange nord-américain. La signature du décret prévoyant la construction du « mur de la honte », comme l’ont baptisé les Mexicains, a même provoqué une brouille diplomatique avec le président Peña Nieto, qui a annulé la semaine dernière sa visite à Washington.

    Au Mexique, cette situation inquiète et les positions du président américain sont considérées par la population et la classe politique comme des marques d’irrespect et d’humiliation. Alors que depuis deux décennies, le Mexique et les Etats-Unis se sont considérablement rapprochés, cette tension nouvelle entre en résonnance avec des passages plus tumultueux de leur histoire commune. Car les deux voisins n’ont pas toujours eu des relations cordiales.

    Conflit territorial

    Après s’être émancipée du royaume d’Espagne et avoir obtenu son indépendance en 1821, la jeune république mexicaine, qui manque de ressources et de main d’œuvre, fait venir des colons américains pour cultiver ses terres, notamment au Texas. Ces colons entrent régulièrement en conflit avec les autorités mexicaines, et la Révolution texane aboutit, en 1836, à la création de la République du Texas.

    Le gouvernement mexicain refuse de reconnaître cette dernière, qui est finalement annexée par les Etats-Unis en 1845. La guerre américano-mexicaine qui en résulte, de 1846 à 1848, s’avère être un désastre pour le Mexique. Le pays est contraint de céder les territoires de la Californie et du Nouveau Mexique, l’équivalent aujourd’hui des Etats du Nevada, de l’Utah, de l’Arizona, du Colorado, et bien sûr, du Nouveau Mexique et de la Californie.

    Une lithographie représentant la chute de Mexico durant la guerre américano-mexicaine, d'après une illustration de Carl Nebel, 1851. Adolphe Jean-Baptiste Bayot/Domaine public

    Traumatisme historique, le Mexique célèbre encore aujourd’hui la mémoire des « Niños Héroes ». Selon la légende, ces cadets se sont battus contre l’envahisseur jusqu’à la fin, préférant la mort à la reddition, lors de la bataille de Chapultepec. Mais si le traité de Guadalupe Hidalgo scelle la victoire des Américains, le Mexique n’est pas au bout de ses peines avec son puissant voisin du nord.

    Interventions en pleine guerre civile

    Alors que les relations entre les deux pays, surtout économiques, s’améliorent sous la présidence de Profirio Diaz (1876-1911), la révolution et la guerre civile mexicaine changent la donne. Le successeur de Diaz, Francisco Madero est assassiné en 1911 et le général Huerta prend le pouvoir. Les Etats-Unis ne reconnaissent pas le régime de Huerta et demandent la tenue d’élections démocratiques. L’arrestation de marins américains dans le port de Tampico donne aux Etats-Unis l’occasion d’intervenir en 1914. Ils occupent Veracruz pendant sept mois, déstabilisant le régime de Huerta, qui finit par abandonner la présidence.

    En 1915, parmi les factions révolutionnaires qui se disputent le pouvoir, le gouvernement américain apporte son soutien à Venustiano Carranza, rival de Pancho Villa. Alors que les incidents à la frontière sont récurrents, ce dernier mène en mars 1916 une violente attaque contre la ville de Columbus et le camp Furlong, au Nouveau Mexique. Les Etats-Unis décident alors de mener en représailles une expédition punitive pour capturer Villa, mais sans succès. Les troupes américaines, fortes de 5 000 hommes, quittent le Mexique en 1917.

    «J'en ai assez de tout ça». Oncle Sam traverse la frontière mexicaine afin de poursuivre Pancho Villa. Clifford Kennedy Berryman/Domaine public

    Rapprochement économique et diplomatique

    La Seconde Guerre mondiale marque un tournant dans les relations mexicano-américaines. Dans ce contexte, les deux pays s’allient et, alors que les Etats-Unis s’engagent dans la guerre, ils ont besoin des métaux mexicains, notamment du cuivre et d’argent, mais aussi de main d’œuvre. Ils mettent en place le programme Bracero, qui permet à des milliers d’ouvriers mexicains de venir travailler dans les usines et dans les champs.

    A l’occasion de cette nouvelle alliance, le président mexicain Manuel Avila Camacho rencontre Franklin D. Roosevelt, puis Harry S. Truman. Ce dernier va même jusqu’à rendre hommage aux fameux « Niños Héroes » morts durant la guerre de 1846-1848. Une ère de rapprochement s’ouvre alors, qui se concrétise notamment avec la signature de plusieurs traités dans les années 60 et 70 mettant fin à différents contentieux territoriaux.

    Depuis, les images des rencontres entre chefs d’Etats des deux pays sont devenues monnaie courante. Symbole de cette proximité, les présidents mexicains sont traditionnellement parmi les premiers à visiter ou à recevoir leurs homologues américains. De Reagan à Obama, en passant par Clinton et les Bush, père et fils, tous ont rencontré juste avant ou après leur investiture, leur équivalent mexicain.

    Le président Franklin D. Roosevelt (G) en visite d'Etat à Monterrey, au Mexique, avec le président mexicain Manuel Avila Camacho (D), en 1943. United States Federal Government/Domaine Public

    La fin d’une époque ?

    Malgré ses attaques récurrentes contre le voisin du sud, Donald Trump semblait enclin à respecter la tradition, jusqu’à cet incident diplomatique avec le gouvernement mexicain. Et si c’est plus spécifiquement sur la question du mur que cette brouille s’est déclarée, la volonté du locataire de la Maison Blanche de remettre en question de l’accord de libre-échange nord-américain (Alena ou Nafta) de 1994, pourrait s’avérer plus critique encore.

    L’Alena est aujourd’hui au cœur de la relation privilégiée du Mexique avec les Etats-Unis. Il a transformé l’économie mexicaine et considérablement renforcé les liens entre les deux pays. Plus de 80% des exportations mexicaines sont destinées aux Etats-Unis et ce dernier est le premier pays à investir au Mexique. Chaque minute, plus d’un million de dollars sont échangés entre les deux pays. Et près de 5 millions d'emplois américains dépendent du commerce avec le Mexique.

    Car si les deux voisins partagent une longue histoire de spoliations, d’ingérences et de conflits, ils partagent aussi une longue histoire d’influences culturelles, d’échanges économiques et une profonde interdépendance. Si l’ancien ambassadeur du Mexique aux Etats-Unis, Arturo Sarukhan, rappelle dans une tribune publiée dans le Washington Post que « les Etats-Unis et le Mexique ont fait – et peuvent continuer à faire - de grandes choses ensemble », il insiste : « la seule chose que nous ne ferons pas ensemble, c’est construire un mur ».

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