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    Amériques

    Pourquoi des réfugiés fuient-ils à pied les Etats-Unis en direction du Canada?

    media Un demandeur d'asile de Djibouti photographié le 9 février 2017 dans un centre d'immigration de la province de Manitoba, au Canada. Avec un petit groupe, il a traversé la frontière américaine à pied. Julien BESSET / AFP

    Quelques centaines de réfugiés venus des Etats-Unis sont arrivés ces derniers mois au Canada. Ils traversent la frontière à pied, sans passer par les postes de douanes officiels. Deux Ghanéens se sont même gelé les doigts des mains et ont dû être amputés en décembre. Comment expliquer ce phénomène ?

    De notre correspondante à Montréal,

    Plusieurs réfugiés évoquent les nouvelles politiques restrictives de l'administration Trump, qui pousseraient des personnes en attente du statut de réfugié à quitter les Etats-Unis pour le Canada. D'autant plus que les services en charge de l'expulsion se montrent très actifs depuis quelques semaines. Plusieurs des Somaliens - ou encore des Ghanéens notamment - qui ont bravé le froid pour trouver refuge au Canada ont évoqué le durcissement du gouvernement américain envers les demandeurs d'asile. Mais le changement à la Maison Blanche n'explique pas tout non plus.

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    Les statistiques montrent clairement qu'en trois ans, le nombre de personnes franchissant la frontière américaine sans passer par les douanes a été multiplié par quatre. Et ce, seulement au Québec. En décembre dernier, 305 réfugiés ont été arrêtés par les douaniers canadiens à proximité de la frontière. Bien souvent d'ailleurs, ce sont les douaniers américains qui préviennent leurs collègues du passage d'immigrants. Ils craignent les effets du froid sur ces voyageurs peu préparés. Leur but n'est donc pas de les empêcher de quitter le territoire des Etats-Unis.

    Qu'arrive-t-il à ces personnes après leur arrestation ? La plupart sont emmenés dans un centre de détention en banlieue de Montréal, pour ceux qui traversent au Québec. Là, on procède à leur identification, aux premières démarches administratives. Puis un centre d'hébergement les prend en charge, les met en contact avec un avocat. Ce dernier prépare une audition devant le tribunal qui doit examiner leur demande d'asile, ce qui prend quelques semaines. Mais même ceux qui n'obtiennent pas le statut de réfugié courent peu de risques d'être expulsés, surtout s'ils viennent de pays comme la Syrie, l'Erythrée, le Soudan du Sud ou encore le Mali.

    → À relire : Alena, immigration... Trump et Trudeau expriment leurs divergences

    Le Canada semble avoir une politique d'aide aux réfugiés plus accueillante que celle des Etats-Unis. Alors pourquoi ces personnes passent-elles d'abord par le territoire américain ? Cela peut paraître paradoxal. En fait, il semble qu'il soit plus difficile pour des Somaliens, des Erythréens, des Soudanais, d'obtenir un visa d'entrée canadien plutôt qu'américain. Sans doute par manque de représentation canadienne dans ces coins du monde. Ils arrivent donc aux Etats-Unis, certains y restent quelque temps puis montent ensuite vers le nord, pour tenter leur chance au Canada.

    Sauf que depuis 2004, une entente administrative leur interdit de demander asile dans deux pays différents. Voilà pourquoi ils franchissent la frontière en dehors des postes de douanes. Cependant, personne ne les considère comme des criminels potentiels, plutôt comme des gens à secourir. Il faudra voir quel effet aura le discours politique américain sur l'afflux potentiel de demandeurs d'asile. Mais encore une fois, l'augmentation du nombre de personnes qui s'adressent aux tribunaux canadiens pour trouver refuge date de bien avant l'arrivée de Donald Trump au pouvoir.

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