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    [Portrait] Emilsen Manyoma, la ténacité d’une Afro-Colombienne pour les droits

    media Emilsen Manyoma, résistante des droits afro-colombiens. Conpaz

    Elle était un espoir pour sa région et le visage de la lutte pour les droits de l'homme et des Afro-descendants à Buenaventura dans l'ouest de la Colombie. Emilsen Manyoma a été tuée en janvier 2017. Son corps et celui de son compagnon ont été retrouvés sans vie. A 31 ans, elle laisse derrière elle des idéaux, des lieux, mais surtout un symbole de ténacité et de détermination malgré les pressions et les menaces de son frère, ancien membre des FARC.

    De notre correspondante en Colombie,

    Jeune Afro-Colombienne, elle croyait en la lutte pour les droits de l’homme. À 31 ans, Emilsen Manyoma se battait pour défendre ses origines comme leader dans le Bajo Calima et faisait partie de l’organisation Conpaz, une communauté d’afro-descendants, d’Indigènes et de paysans. Femme forte, souriante et vaillante, elle a donné tout son temps et toute son énergie pour la paix en Colombie et le respect des Afro-Colombiens qui souffrent toujours de racisme.

    En janvier dernier, elle a été tuée avec son compagnon Joe Javier Rodallega dans la région de Valle, à Buenaventura, une région à forte concentration d’Afro-Colombiens et pauvre en ressources (plus de 60 % de la population vit dans la pauvreté). D’après les éléments de l’enquête, le couple a été attaqué à l’arme blanche. Les autorités ont retrouvé les corps en décomposition dans une zone de la jungle à côté de la voie ferrée de Buenaventura, dans le quartier El Progreso.

    Quelques jours après l’annonce de leurs morts, un communiqué des FARC affirmait qu’un déserteur des rangs était l’auteur des assassinats, un certain Camilo Robledo. Derrière ce nom de guerre, il s’agissait de Marco Antonio Manyoma Ocampo, le frère d’Emilsen. L’ancien intégrant des rangs FARC, jusqu’en décembre 2016 au sein du front 30, aurait quitté la guérilla avec des armes pour tuer sa sœur et son beau-frère. Il reprochait à sa sœur son action militante et de résistance face aux groupes armés de la région. Buenaventura fait partie des zones rurales où les FARC et les groupes de paramilitaires ont une forte présence.

    Une résistante acharnée

    En effet, Emilsen n’avait pas froid aux yeux. Dès 2005, alors que la paix n’est pas encore établie, elle dénonçait déjà sans relâche le contrôle des paramilitaires et du trafic de drogue dans le quartier El Calima de Buenaventura. Fière de sa peau noire, de ses origines, elle prenait sans cesse des risques pour défendre ses valeurs et jusqu’à affronter son propre frère.

    Comment tenir tête quand toute la société colombienne et sa propre famille remettent en cause son acharnement ? L’organisation Conpaz explique qu’elle trouvait son énergie dans le travail pour les autres notamment pour les déplacés du village de Santa Rosa, et la construction de l’espace humanitaire Puente Nayero. L’humain était sa priorité, peu importe alors les pressions.

    Le travail des jeunes était aussi sa priorité, dans une région où le chômage touche 62 % de la population et la misère plus de 9 %.

    L’organisation Conpaz annonce ainsi sa mort : « Aujourd’hui, nous avons récupéré les corps d’Emilsen et Joe, mais leurs regards, leurs sourires remplis de rivière, de montagnes, de quartiers, de dignité et d’amour de la vie, nourriront l’avenir. »

    Défendre les droits de l’homme, un métier à haut risque

    Comme Emilsen Manyoma, des dizaines de leaders, et défenseurs des droits de l’homme ont été tués ou menacés de mort en Colombie. En décembre dernier, c’est une leader indigène, Sutsuin Jiyeyu Wayuu, membre du mouvement Fuerza de Mujeres Wayuu (Force des femmes Wayuu) qui a affirmé avoir reçu des menaces de mort.

    Selon différentes organisations de lutte pour les droits de l’homme, entre 90 et 116 personnes sont mortes en 2016, la majorité était des leaders sociaux, de défense de droits qui ont été assassinés. Par exemple, la Commission nationale des Droits humains, de la Marche patriotique affirme que 70 de ses membres ont été tués, 232 menacés et 21 ont été attaqués. Paradoxalement, malgré le processus de paix avec les FARC mis en place, l’an dernier a été l’année la plus sanglante pour les résistants et militants des droits humains. 

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