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    Amériques

    Angela Merkel à Washington pour «faire connaissance» avec Trump

    media Pour être entendu de Donald Trump, « il faut avoir un message fort, un message positif », explique à RFI Daniela Schwarzer, du centre de recherche DGAP à Berlin. REUTERS/Axel Schmidt

    Ce vendredi 17 mars 2017, la chancelière allemande rencontrera le président américain Donald Trump à la Maison Blanche. C’est un premier face-à-face très attendu. Car presque tout oppose le bouillonnant milliardaire américain, novice en politique, et la dirigeante allemande, prudente et chevronnée. Une question de style, mais aussi de choix politiques. Comme la plupart des gouvernants européens, la chancelière ne s’attendait pas à la victoire de Donald Trump. Elle s’est fait une raison.

    Fidèle à son pragmatisme bien connu, Angela Merkel veut établir le meilleur dialogue possible avec la nouvelle administration américaine. Sans pour autant renoncer à ses valeurs et principes, qu’elle continue de défendre. Par exemple, la chancelière n’a pas hésité à critiquer le premier décret anti-immigration de Donald Trump :

    « La lutte nécessaire et déterminée contre le terrorisme ne justifie en aucune manière de généraliser le soupçon contre les personnes en fonction de leur croyance, en l'occurrence ici des personnes de foi musulmane, ou en fonction de leur origine. »

    Il faut dire qu’Angela Merkel a fait le choix radicalement opposé : elle a accueilli plus d’un million de réfugiés depuis le début 2015. Ce qui lui a valu d’ailleurs de fortes critiques de la part du candidat Donald Trump. Selon lui, Angela Merkel « a détruit l’Allemagne ».

    L’industrie allemande face aux projets protectionnistes de Trump

    Mais l’immigration n’est pas le seul sujet sur lequel la chancelière et le président divergent. L’économie est une autre pomme de discorde. Donald Trump a menacé les entreprises allemandes de lourdes sanctions douanières. La chancelière devra donc convaincre le président des biens faits du libre-échange.

    « Les Etats-Unis sont un partenaire très importants pour l’Allemagne, notamment en matière d’investissements directs », estime Daniela Schwarzer, du centre de recherche DGAP à Berlin. « Pour l’industrie allemande, il est très important qu’il n’y ait pas de politique protectionniste à l’égard de ses entreprises. » Une délégation de chefs d’entreprise accompagne la chancelière, « pour détendre l'ambiance et montrer que les investissements allemands créent des emplois aux Etats-Unis », fait-on savoir à Berlin.

    Défendre l’Europe

    Lorsqu’Angela Merkel parlera avec Donald Trump, ce sera aussi en tant que porte-parole de l’Union européenne. La rencontre arrive à un moment où l’Europe n’a franchement pas bonne presse à Washington, c’est le moins que l’on puisse dire. Jusqu'à présent, Donald Trump et la plupart de ses conseilleurs estiment que l'Union européenne ne sert pas à grand-chose et que le Brexit est un exemple à suivre.

    Des positions qui inquiètent Christian Ehler, député européen conservateur. Il s’est rendu à Washington il y a quelques semaines. « Nous avons dû constater, avec une certaine inquiétude, qu’il y a au sein de l’administration Trump des sentiments anti-européens, des gens qui souhaitent même la fin de l’Union européenne. »

    La chancelière aura donc la lourde tâche de véhiculer une image positive de l’Europe. Mais pour être écoutée, il lui faut « un message fort, un message positif », explique Daniela Schwarzer. « Il faut montrer une volonté politique de rétablir les relations transatlantiques, qui ont un peu souffert durant les premières semaines de la présidence de Donald Trump. » Et pour répondre aux sentiments anti-européens très présents dans l’administration, « Merkel doit expliquer en quoi l’Europe et l’Allemagne sont utiles au président Trump ».

    Sur un point, la chancelière est déjà prête à faire des concessions. Il s’agit de l’augmentation des dépenses militaires. C’est l'une des demandes fortes du président américain, qui veut rééquilibrer plus justement les contributions nationales au budget de l’Otan. « Les Allemands ne sont pas contre », explique le député conservateur Roderich Kiesewetter, « mais atteindre l’objectif de 2 % du PIB prendra plusieurs années ».

    Le courant va-t-il passer ?

    Fidèle à sa réputation, Angela Merkel préfère rester prudente sur le résultat de sa visite. « L'objectif, c'est de faire connaissance », explique son porte-parole. mais il n’empêche, côté allemand, on appréhende un peu la rencontre avec l’imprévisible Donald Trump.

    Angela Merkel s’y est préparée en regardant certains de ses discours. Et on lui a également expliqué que pour avoir l'oreille du président, il fallait passer des messages courts sans se perdre dans les détails. Un exercice plutôt difficile pour l’ancienne scientifique.

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