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    Amériques

    Venezuela: la procureure générale, véritable poil à gratter pour le pouvoir

    media La procureure générale du Venezuela, Luisa Ortega Diaz, Constitution à la main, explique sa position lors d'une conférence de presse à Caracas le 4 juillet 2017. REUTERS/Carlos Garcia Rawlins

    Au Venezuela, la procureure générale de la République a refusé de comparaître, mardi 4 juillet, devant le Tribunal suprême de justice, la plus haute instance judiciaire du pays, où elle était appelée à assister à une audience pour de «—présumées fautes graves—» dans l'exercice de ses fonctions.

    Avec notre correspondant à Caracas,  Julien Gonzalez

    Le Tribunal suprême de justice (TSJ) a annoncé qu'il se prononcera en fin de semaine pour décider si Luisa Ortega Diaz a commis des « graves fautes » ou non. La décision du TSJ pourrait ouvrir la voie à l'ouverture d'un procès contre elle, pouvant mener à sa destitution.

    Mais pour la procureure générale de la République, pas de doutes : le Tribunal suprême de justice, « inconstitutionnel et illégitime » à ses yeux, donnera son feu vert à sa destitution. « La décision est connue d'avance », assure-t-elle.

    Annonçant son refus de comparaître, Luisa Ortega Diaz l'a martelé : elle n'a commis « ni délits ni fautes ». Quelques minutes plus tard, au cours de l'audience, les accusations contre la procureure se sont multipliées, suggérant même d'utiliser un détecteur de mensonges.

    Pour le camp Maduro, une « traitresse »

    Proche de l'ancien président Hugo Chavez, Luisa Ortega Diaz est à la tête du ministère public depuis 2007. En 2014, l'Assemblée nationale, alors contrôlée par les chavistes, l'avait reconduite. Mais depuis plus de trois mois, elle multiplie les prises de position très critiques contre le gouvernement de Nicolas Maduro.

    Qualifiée de « traîtresse » par le camp Maduro, Luisa Ortega Diaz est tout bonnement devenu la voix la plus critique au sein des institutions de l'Etat. Elément déclencheur : les décisions du Tribunal suprême de justice de s'attribuer les pouvoirs du Parlement fin mars.

    Elle avait alors dénoncé « une rupture de l'ordre constitutionnel », mais depuis, de l'eau a coulé sous les ponts, et la procureure a surtout multiplié les recours (en vain) pour faire annuler l'Assemblée nationale constituante souhaitée par le président.

    Soutien symbolique venu de l'opposition

    L'opposition, majoritaire à l'Assemblée nationale, lui a déjà assuré son soutien, affirmant que « seul le Parlement peut voter sa destitution ». Un soutien qui risque d'être symbolique, le TSJ ayant rejeté toutes les décisions des députés depuis la victoire de l'opposition aux législatives de décembre 2015.

    A noter que, comme presque tous les jours depuis plus de trois mois, l'opposition protestait mardi contre le gouvernement de Nicolas Maduro. Elle avait appelé à un blocage des routes du pays.

    Un jeune de 25 ans est mort ce même mardi dans l'Etat de Tachira, dans l'ouest du pays. La justice a ouvert une enquête. Le bilan est de 91 morts depuis le début des manifestations début avril.

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