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    Corée du Nord: quelle est la réalité de la menace nucléaire?

    media Les images du dernier test de missile intercontinental nord-coréen, qui a eu lieu le 28 juillet 2017, ont été diffusées par la télévision nord-coréenne. Ici, à la gare de Pyongyang, la capitale du pays. Mandatory credit Kyodo/via REUTERS

    Une réaction d’une ampleur « que le monde n’a jamais vu jusqu’ici » : c’est ce qu’a promis mardi 8 août le président américain Donald Trump. La veille, la Corée du Nord avait promis de faire payer aux Etats-Unis « un millier de fois le prix de leurs crimes », après l’adoption par l’ONU d’un nouveau train de sanctions contre Pyongyang et son programme nucléaire. Elle a menacé ce mercredi 9 août d’attaquer les bases américaines de l’île de Guam, dans le Pacifique.

    Cette hausse sensible de la tension entre les Etats-Unis et la Corée du Nord intervient alors que le Washington Post affirme, ce mercredi 9 août 2017, que Pyongyang a réussi à suffisamment miniaturiser ses têtes nucléaires pour les placer sur des missiles intercontinentaux. Le quotidien cite un rapport confidentiel de l’Agence américaine de renseignement militaire.

    Jusqu’ici, les experts américains estimaient qu’il faudrait encore quatre ou cinq ans à Pyongyang pour miniaturiser suffisamment une tête nucléaire afin de la mettre sur un missile intercontinental et atteindre les côtes des Etats-Unis. Ils ne croyaient pas les affirmations de Pyongyang qui, dès septembre 2016, annonçait être parvenu à cette miniaturisation.

    Mais, selon le Washington Post, le renseignement américain a donc changé d’avis. Au début de la semaine, le ministre de la Défense japonais était déjà arrivé à la même conclusion - sachant qu’il est toujours difficile d’estimer la réalité de la technologie nucléaire nord-coréenne, qui procède à des essais souterrains.

    Des progrès plus rapides que prévus

    Depuis dix ans, et particulièrement depuis l’arrivée au pouvoir du président Kim Jong-un, fin 2011, la Corée du Nord multiplie les essais nucléaires - cinq, dont deux l’an dernier - et les tests de missiles intercontinentaux.

    Le dernier en date, tiré le 28 juillet 2017, avait, selon les calculs des experts, une portée de 10 400 kilomètres, ce qui lui permettrait d’atteindre les villes américaines de Los Angeles, Denver ou encore Chicago. Ce test a été un succès, en tout cas partiellement : le missile intercontinental a bien été propulsé dans l’espace mais s’est, selon les spécialistes, désagrégé lors de son retour dans l’atmosphère. A ce moment-là, le missile est, en effet, mis à rude épreuve par les frottements qui provoquent des températures élevées et de fortes vibrations, et la Corée du Nord ne disposerait donc pas encore des technologies suffisantes pour y résister. Mais les experts estiment qu’elle devrait y arriver d’ici un an et précisent, pour ce qui est du test de juillet dernier, que sur une distance plus courte, l’ogive aurait peut-être suffisamment résisté pour atteindre sa cible. Dans tous les cas de figure, les responsables américains estiment que Pyongyang progresse beaucoup plus vite que prévu.

    Cette constatation est d’autant plus problématique que le mois dernier un autre rapport du renseignement américain revoyait à la hausse le nombre d’ogives nucléaires dont la Corée du Nord dispose, estimant qu’elle en aurait au moins 60… même si certains experts pensent toujours que le président nord-coréen n’a suffisamment de plutonium et d’uranium que pour fabriquer 20 à 25 bombes.

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