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    Amériques

    La menace d'ingérence de Trump au Venezuela passe très mal en Amérique latine

    media Le président américain Donald Trump, devant son secrétaire d'Etat Rex Tillerson, le 11 août 2017 à son golf de Bedminster, juste avant sa déclaration sur le Venezuela. REUTERS/Jonathan Ernst

    Des propos tenus par Donald Trump sur le Venezuela vendredi 11 août provoquent un tollé général en Amérique latine. Le président américain a menacé Caracas d'intervenir militairement sur son sol. Les autorités vénézuéliennes l'accusent de menacer la paix dans la région. Le Mercosur le met en garde. Moult pays de la région dénoncent également cette déclaration belliqueuse.

    « La menace téméraire du président Donald Trump vise à entraîner l'Amérique latine et les Caraïbes dans un conflit qui perturberait, de manière permanente, la stabilité, la paix et la sécurité de notre région. » Déclaration du chef de la diplomatie vénézuélienne, Jorge Arreaza, qui s'exprimait au nom du président de la République bolivarienne, Nicolas Maduro.

    Les propos de Donald Trump sont considérés comme incendiaires, alors que les troubles au Venezuela ont déjà fait 120 morts. « Le Venezuela n'est pas très éloigné. Et les gens souffrent et meurent. Nous avons beaucoup d’options pour le Venezuela, y compris une possible option militaire si nécessaire », avait notamment déclaré le président des Etats-Unis.

    Le président Donald Trump face au principe de non-ingérence

    Le Pérou, qui a ordonné l'expulsion vendredi de l’ambassadeur du Venezuela de son territoire, ne peut être soupçonné de sympathie à l’égard du régime de Nicolas Maduro. Mais son ministre des Affaires étrangères, Ricardo Luna, a souligné que « toutes les menaces étrangères ou intérieures de recours à la force vont à l'encontre du but de restaurer un gouvernement démocratique au Venezuela ».

    Lima, qui a accueilli cette semaine une réunion des chefs de la diplomatie de 17 pays de la région consacrée à la crise vénézuélienne, veut maintenant rédiger une réponse écrite avec ses homologues.

    Le Brésil a également réagi au nom du Mercosur, rapporte notre correspondant à Sao Paulo,  Martin Bernard. Le bloc du Cône Sud, dont il assure la présidence tournante, vient pourtant de suspendre le Venezuela en raison de ce qu’il considère comme une « rupture démocratique ».

    Mais le Brésil condamne toute allusion à l’usage de la force et à l'ingérence. « Le rejet de la violence et de toute option impliquant l'usage de la force est ferme et constitue la base fondamentale de la cohabitation démocratique, au niveau domestique comme dans les relations internationales », a rappelé le ministère brésilien des Affaires étrangères Aloysio Nunes dans un communiqué.

    La Colombie, le Chili, le Mexique, l'Equateur, le Nicaragua ont également exprimé leur malaise à l'idée d'une nouvelle intervention des Etats-Unis en Amérique latine, qui serait une première depuis le Panama en 1989. « La crise au Venezuela ne peut être résolue par des actions militaires, venant de l'intérieur ou de l'extérieur », selon Luis Videgaray, chef de la diplomatie mexicaine.

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