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    Amériques

    Brésil: le gouvernement Temer lance une vague de privatisations massive

    media Le barrage d'Itaipu, géré par Eletrobras et le Paraguay est situé sur le rio Paraná, à la frontière entre le Brésil et le Paraguay. Il a été construit par les deux pays entre 1975 et 1982. Source: Wikipédia, photo: Dario Alpern

    Le gouvernement brésilien a annoncé cette semaine une nouvelle vague de privatisations, suscitant des envolées boursières, mais aussi des inquiétudes sur la nécessité de brader les « joyaux de la couronne » afin de combler le déficit budgétaire. Les principales préoccupations concernent la compagnie électrique Eletrobras, dont les 233 centrales produisent plus d'un tiers de l'énergie du pays.

    La liste de 58 actifs à privatiser au Brésil comprend des autoroutes, des ports, et la concession d'aéroports, y compris le très lucratif terminal de Congonhas, à Sao Paulo et même la Maison de la Monnaie, qui fabrique les billets de banque et les passeports. Sans compter Eletrobras, la plus grande compagnie d'énergie d'Amérique Latine, dont les actions ordinaires ont fait un bond de près de 50% au lendemain de l'annonce du plan de privatisation.

    Selon les analystes, l'État pourrait engranger avec les privatisations environ 40 milliards de réais (10,75 milliards d'euros) avant la fin 2018, qui marquera le terme du mandat du président conservateur Michel Temer. Un montant non négligeable pour un gouvernement qui a dû relever la semaine dernière les estimations de déficit public pour cette année et la prochaine (à 159 milliards de réais). Si les plans de ce gouvernement se concrétisent, il s'agira là de la plus importante vague de privatisations depuis la présidence de Fernando Henrique Cardoso (1995-2002).

    Des recettes fiscales moins importantes

    Une décision motivée notamment par des recettes fiscales moins importantes que prévu, dans une économie qui compte 13,5 millions de chômeurs et commence tout juste à donner des signes de reprise après deux ans de grave récession. Le président Temer a toutefois affirmé dans une vídéo publiée le vendredi 25 août sur les réseaux sociaux que ce plan « n'a pas pour objectif de combler le déficit, mais de créer des emplois, des richesses et offrir des services de meilleure qualité à la population ».

    Cependant, le ministre de l'Économie, Henrique Meirelles, ne cache pas que ces mesures visent avant tout à « assurer aux acteurs économiques et aux consommateurs que l'équilibre budgétaire sera atteint, grâce à l'aide importante des privatisations ». Ces annonces ont eu lieu au moment où le gouvernement Temer, fragilisé par les scandales de corruption, peine à mettre oeuvre des mesures d'austérité, telle la réforme des retraites, jugées essentielles par les marchés pour assainir l'économie du Brésil.

    Le consultant indépendant Felipe Queiroz dénonce un « démantèlement de l'Etat », au nom d'un « jeu politico-idéologique lié aux grandes entreprises ». « Nous sommes entrés dans un cycle ultra-libéral », indique-t-il à l'Agence France-Presse, soulignant le changement de cap radical par rapport à la politique interventionniste de la présidente de gauche Dilma Rousseff (2011-2016), destituée l'an dernier pour maquillage des comptes publics.

    (avec AFP)

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