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    Amériques

    Visa pour l’Image: Venezuela, chronique d’un pays en faillite

    media La photographe américaine Meredith Kohut a dressé -en images- la chronique d'un pays en pleine crise. Aurore Lartigue/RFI

    Pour le New York Times, la photographe Meredith Kohut s’est longuement intéressée au Venezuela en proie à une crise sans précédent. Et surtout à un peuple au bord du gouffre. On visite son exposition à l’occasion du festival international de photojournalisme, Visa pour l’image.

    Que se passe-t-il quand un pays se retrouve dans l’incapacité d’importer ou de produire de quoi les denrées nécessaires pour nourrir sa population, ou les médicaments pour la soigner ? Que le taux d’inflation dépasse les 800%, mettant hors de portée les produits de base ? Il sombre, en proie au chaos le plus total, à la limite de la folie.

    C’est ce que nous montrent les photos de Meredith Kohut. Native de Houston, la photographe basée à Caracas depuis 2007 livre une chronique puissante de la chute d’un pays miné par la corruption et qui avait fait du pétrole sa principale source de revenu.

    Un Etat en faillite où tout défaille et s’effondre progressivement. Des files d’attentes de plusieurs centaines de personnes qui cherchent seulement à se procurer des produits alimentaires à prix réglementés, des magasins pillés, des quartiers où l’électricité est rationnée, d’autres où les habitants n’ont plus l’eau courante.

    Ou encore un réfrigérateur quasiment vide, à l’arrêt. Une bouteille de vinaigre et un sachet à moitié plein de farine de riz. C’est toute la nourriture qu’il reste à Leidy qui pose avec quatre de ses enfants. Ils n’ont pas mangé depuis le déjeuner de la veille, indique la légende. « Une soupe de bouillon de peau de poulet », explique Meredith Kohut.

    Leidy Cordova (37 ans) avec quatre de ses cinq enfants : Abran (1 an), Deliannys (3 ans), Eliannys (6 ans) et Milianny (8 ans). La famille n’a pas mangé depuis le déjeuner de la veille, une « soupe » qui n’était autre qu’un bouillon de peau de poulet. © Meridith Kohut pour The New York Times

    Survivants

    Les « personnages » pris dans l’objectif de Meredith Kohut sont des survivants. Au Venezuela, la misère ne touche plus que les habitants des bidonvilles. Du fait de l’explosion des prix des produits de base, même ceux qui travaillent ont du mal à subvenir aux besoins de leur famille.

    C’est cette descente aux enfers du pays de l’ex-président Hugo Chavez qu’a mis en lumière la jeune photographe pour le New York Times. La série réalisée dans les hôpitaux révèle l’effondrement du système public. Les murs sont décrépis, les prises pendouillent au mur. Et surtout, tout manque, raconte Meredith Kohut : « Les produits de base comme du désinfectant ou des seringues ; souvent, il n’y a plus les machines pour faire des scanners aussi par exemple ».

    Assis de profil sur son lit d’hôpital, un jeune homme a une partie du crâne amputé. « Il s’est blessé en tombant d’un camion, on a dû lui faire une ablation au niveau du cerveau. Mais la plaque qui permettrait de réparer la déformation n’est plus disponible », raconte la photojournaliste, primée plusieurs fois pour ce reportage.

    Et même ici, les patients ne mangent pas à leur faim, ils souffrent de malnutrition. « Tous les jours c’est de la soupe », témoigne-t-elle en montrant une photo.

    Dans l’une des plus grosses pharmacies de Caracas, on compte les médicaments restants sur les étagères sur les doigts d’une main. On estime que 85% des médicaments font défaut, commente Meredith Kohut.

    A l’occasion du festival international de photojournalisme Visa pour l’image, Meredith Kohut expose ses photos sur un Venezuela au bord du gouffre. Aurore Lartigue/RFI

    « Je ne suis pas folle, j’ai juste faim »

    Les images qui montrent de façon la plus crue l’horreur des conséquences de la crise économique sont sans nul doute celles prises dans les hôpitaux psychiatriques du pays. Une série réalisée avec une journaliste locale, en immersion. « Les malades n’ont plus de traitement, alors ils se balancent, ils errent, sont couchés à même le sol », décrit la photographe. Sur un autre cliché, Cleofila est allongée sur un lit d’hôpital, un pansement sur le nez : sa voisine schizophrène l’a attaquée, lui a arraché le nez et l’a avalé. La prothèse qui lui permettrait de retrouver un semblant de visage n’est pas disponible.

    Il y a aussi ce portrait d’une vieille dame à la figure émaciée. « Elle passait son temps à crier : je ne suis pas folle, j’ai juste faim ! » raconte la photographe. Une crise si profonde que le pays semble dans un état proche du délire.

    Omar Mendoza souffre de schizophrénie et de malnutrition sévère : il ne pèse que 35 kilos. L’hôpital psychiatrique où il se trouve est paralysé par une grave pénurie de nourriture et de médicaments. 25 août 2016. © Meridith Kohut pour The New York Times

    Autre corolaire : la criminalité explose. Avec 60 meurtres par jour en 2016 à Caracas, le Venezuela est devenu l’un des pays les plus violents du monde.

    Pendant ce temps-là, dans les rues, la révolte gronde contre le gouvernement du président Maduro. La violence explose sous les yeux. Un homme est immolé, des familles enterrent leurs fils, torturés et exécutés par les forces de sécurité gouvernementales qui les qualifient de « criminels ». Les manifestations de ces derniers mois ont fait des centaines de morts.

    Ce que Meredith espère de l’exposition de ses photos : « Qu’elles aident, j’ai toujours ça à l’esprit, même quand je suis prise par l’émotion et que je pleure aux funérailles d’une jeune victime d’une exécution extrajudiciaire. »

    Sur le sol, des billets de bolivars piétinés. Dans leur fuite, les pillards n’ont même pas pris la peine de les emporter. « La monnaie nationale n’a plus de valeur », insiste la photographe. Elle est devenue littéralement obsolète.

    Des bolivars piétinés, saisis par l'oeil de la photographe américaine Meredith Kohut. Aurore Lartigue/RFI

    Venezuela: le récit d'une crise

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