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    Ouragan Irma: plus de peur que de mal en Haïti

    media Dans une rue inondée de Fort-Liberté, dans le nord d'Haïti, le 8 septembre 2017, après le passage de l'ouragan Irma. REUTERS/Andres Martinez Casares

    Alors que l'ouragan Irma est en Floride, l'heure est à la reconstruction dans les Caraïbes. Notamment le nord d'Haïti, touché dans la nuit de jeudi à vendredi, mais heureusement moins violemment que prévu. Le bilan humain est donc limité.

    De notre correspondante à Port-au-Prince,

    En Haïti, le soulagement est généralisé. Car étant donnée la vulnérabilité du pays aux intempéries, sans ce léger changement de trajectoire dans la journée de jeudi, la situation aurait été bien plus dramatique. Une personne est encore portée disparue. Il s'agit d'un conducteur de moto qui a voulu traverser une rivière en crue jeudi, dans le département du Plateau central. Les autorités ont aussi signalé que deux personnes avaient été blessées suite à la chute d'un cocotier sur leur maison dans le département du Nord.

    Mais même si les forces des vents et des pluies n'ont en rien été comparables avec ce qu'ont connu Saint-Martin ou Saint-Barthélemy, la côte nord d'Haïti a enregistré quelques dégâts matériels. Au total, 16 communes ont été partiellement inondées et c'est surtout dans la ville de Fort-Liberté que la situation a été la plus critique. Dans la zone appelée Malfeti, environ 350 maisons ont été inondées et l'eau d'une rivière a commencé à envahir les habitations au milieu de la nuit. Plus de 3 000 personnes se sont rapidement retrouvées avec de l'eau jusqu'à la taille et se sont réfugiées dans des abris.

    Plus de 10 000 Haïtiens ont été recensés dans les abris provisoires ouverts dans les 6 départements affectés. Ils y ont reçu de l'aide distribuée par les autorités et les organisations internationales. Aujourd'hui, la majorité des habitants ont regagné leur logement, pas ou peu endommagés par les intempéries. Quasiment tous les abris ont donc été fermés. Celui de la zone de Malfeti, qui se trouve être une école publique, devrait être fermé ce lundi, selon les dernières informations transmises par les équipes d'urgence.

    Lacunes en matière de prévention des risques

    Les autorités doivent désormais s'interroger sur ce qui a permis à des pluies certes fortes, mais en rien équivalentes à celles d'un ouragan, de causer autant d'inondations. L'absence de planification urbaine qui aboutit à voir des maisons construites en zones inondables est un facteur aggravant. Il y a aussi le manque ou sinon l'absence de nettoyage par les autorités des réseaux de canalisation d'évacuation des eaux, car ces canaux sont bouchés par des alluvions et des déchets.

    Et pour savoir pourquoi un nombre important de familles ont vu leurs toits de tôle endommagés, notamment sur l'île de la Tortue, il faut regarder du côté du code de construction qui n'est pas respecté. Haïti est et restera sur la trajectoire potentielle de cyclones et ces lacunes et manques pourront la prochaine fois provoquer la mort de nombre de citoyens.

    Aujourd'hui, on pourrait se dire qu'en comparaison avec les îles des Petites Antilles, Cuba ou encore la Floride, Haïti a été épargnée, mais c'est oublier que ces dégâts limités sont lourds de conséquences pour les victimes. En effet, ces familles n'ont pas d'assurance et ces pertes représentent un coût énorme face à leurs maigres revenus. Beaucoup de fruits ont été arrachés des arbres et rendus impropres à toute consommation, un nouveau coup dur pour les agriculteurs du Nord-Ouest qui avaient déjà tout perdu il y a tout juste un an avec le passage ravageur de l'ouragan Matthew.

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