GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Vendredi 12 Juillet
Samedi 13 Juillet
Dimanche 14 Juillet
Lundi 15 Juillet
Aujourd'hui
Mercredi 17 Juillet
Jeudi 18 Juillet
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Amériques

    Colombie: la série Narcos et le cartel de Cali, entre fantasme et réalité

    media Eglise Ermita de Cali dans le centre historique de la ville. Najet Benrabaa/RFI

    Alors que la saison 3 de Narcos a été révélée au public en septembre, on apprend ce week-end qu'un assistant de production en repérage a été tué au Mexique. Une nouvelle tragique qui entache la série qui bat son plein sur la plateforme Netflix. La dernière saison dépeint l'histoire du cartel de Cali, une autre puissante organisation du narcotrafic colombien comparée à une entreprise du CAC 40 par la DEA.

    Le cartel de Cali a été formé par les frères Rodriguez Orejuela (Miguel et Gilberto) et José Santacruz Londoño, alias Chepe, pendant les années 1970. D'après les estimations, il contrôlait jusqu'à 90 % des exportations de cocaïne de Colombie vers les Etats-Unis et l'Europe. On parle de plusieurs milliards de dollars chaque année.

    Allié de Pablo Escobar durant un temps, le cartel de Cali a pris son indépendance grâce à Pacho, alias Hélmer Herrera, dans les années 1980. Sa puissance s'étendait jusque dans le milieu politique. Un procès de 8 000 personnes en est l'illustration. Il dévoilait les relations entre le Parti libéral, dont était issu le gouvernement, et les cartels.

    Une série entre fantasme et réalité

    Pour les Caleños, les habitants de Cali, ce cartel n'a pas été qu'une mauvaise chose. Horacio*, 34 ans, est né et a grandi dans la ville. « La série ne raconte pas la partie sociale, psychologique des membres du cartel, les liens avec les gens, les ouvriers, les paysans. On voit juste de l'action. Avant, l'économie était meilleure. Les habitants en profitaient. Il y avait moins de pauvreté qu'aujourd'hui. »

    Marié à un Colombien, Marianne, une Française qui vit à Cali depuis quatre ans, affirme que l'histoire des frères Rodriguez existe toujours. « On parle beaucoup d'eux avec mon beau-frère, avec la tante de mon mari. Je me suis rendu compte que c'était des gens que tout le monde fréquentait. Ils étaient riches au départ et ont saisi la drogue comme une opportunité de business. Dans toutes les familles, on trouve des gens liés à ça de près ou de loin. Mon beau-père a été contacté d'ailleurs pour faire une route dans la propriété d'un narco. C'est commun. Avocat, architecte, agent immobilier. »

    Elle a vu le début de la nouvelle saison. « J'ai été touchée car ça se passe dans ma ville. J'ai reconnu des endroits. Mais, j'ai quand même bien rigolé parce qu'il y a des erreurs spatio-temporelles. Par exemple, sur le sol, on lit 'MIO' qui est le nom du réseau de bus de la ville qui n'existait pas à l'époque. Puis, c'est aussi troublant de voir à quoi ressemblait cette ville, il y a 20 ans. »

    Les vestiges du cartel

    Horacio raconte « qu'il y a eu de la violence uniquement durant la guerre des cartels notamment avec celui de Medellin. Des bombes, des fusillades, des groupes d'assassins. De nos jours, les routes du narcotrafic persistent mais avec de nouveaux groupes. » Il avoue que la série montre tout de même beaucoup de la culture de Cali. « Disons que les mafieux sont des représentants, des exemples de la société de la ville. Beaucoup suivent ce mauvais côté au lieu de s'en éloigner et souvent ce sont des personnes éduquées, aimables avec les étrangers, cordiales et appréciées par tous. »

    Marianne gère une boutique depuis trois ans. Elle avoue observer des faits troublants : « Je vois bien qu'il y a beaucoup de restaurants, de magasins de vêtements qui servent certainement de 'lavadoras', des lieux de blanchiment d'argent. Ils n'ont aucun client mais ils sont toujours là. Moi qui possède un business 'clean', et pour voir à quel point c'est difficile de se maintenir, je me dis qu'il y a de l'argent d'ailleurs. J'ai rencontré un serveur qui travaillait pour l'un de ces restaurants. Il m'a dit que tous les lundis matins, il allait déposer 45 millions de pesos (14 000 euros), de faux clients, à la banque. »

    Horacio précise que le cartel « a créé beaucoup de sociétés anonymes comme l'équipe de football 'La América' qui vit grâce aux actifs de cette époque. Il y a aussi les pharmacies 'La rebaja'. Ce n'est pas un secret. » Il ne citera pas les autres, nombreuses selon lui.

    Centre de Cali Najet Benrabaa/RF

    Une saison 4 entachée par un mort

    Deux semaines après le lancement de la saison 3, un assistant de production a été tué au Mexique alors qu'il faisait des repérages pour le tournage de la saison 4. Carlos Muñoz Portal, 37 ans, avait collaboré pour des films à gros budget comme Fast and Furious 4, 007 Spectre et Sicario. Il a été retrouvé mort dans sa voiture dans une zone rurale de l'Etat de Mexico avec des impacts de balles dans le corps. Selon les chiffres officiels, cet Etat serait le deuxième plus violent du pays avec plus de 1 000 homicides entre janvier et juillet.

     

    * les noms ont été modifiés pour assurer la sécurité des témoins

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.