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    Amériques

    L'Iran, le Venezuela et la Corée du Nord au cœur des débats à l'ONU

    media Discours du président américain Donald Trump lors de la 72e Assemblée générale des Nations unies, à New York, le 19 septembre 2017. REUTERS/Brendan McDermid

    Dans un discours prononcé devant l'Assemblée générale de l'ONU, le président américain Donald Trump s'en est pris aux « Etats voyous ». Il a notamment menacé de « détruire totalement » la Corée du Nord, a remis vertement en cause l'accord nucléaire avec l'Iran, dont il a qualifié le régime de « dictature corrompue », et a qualifié le Venezuela de « dictature socialiste ». Des critiques qui n'ont pas manqué de faire réagir les dirigeants visés.

    Les Etats-Unis sont de retour, ils sont forts et ils pensent d’abord à eux-mêmes. Voilà comment on pourrait résumer le message du président américain adressé au monde depuis le siège des Nations unies, commente notre envoyé spécial à New York, Achim Lippold. « En tant que président des Etats-Unis, je placerai toujours l’Amérique d’abord. Exactement comme vous, les dirigeants de vos pays, vous allez et vous devriez toujours placer votre pays d’abord », a scandé Donald Trump sous les applaudissements.

    « Tous les dirigeants responsables ont l’obligation de servir d’abord leurs propres citoyens. L’Etat-nation reste le meilleur outil pour améliorer la condition humaine, a-t-il ajouté. Les Etats-Unis seront toujours un excellent ami pour le monde et notamment pour leurs alliés. Mais nous ne pouvons plus nous contenter d’une situation dans laquelle les autres profitent de nous et les Etats-Unis n’obtiennent rien au retour. Tant que j’occuperai ce poste, je défendrai les intérêts de l’Amérique avant toute autre chose. »

    La Corée du Nord en ligne de mire

    Donald Trump a identifié trois ennemis. La Corée du Nord d'abord, qu’il a menacé de « détruire totalement », sans entraîner pour le moment de réaction à Pyongyang, du côté de Kim Jong-un, que le président américain appelle désormais affectueusement « Rocket Man », « l'homme missile » parti dans « une mission-suicide ». Le représentant nord-coréen qui a assisté dans la salle au discours de Donald Trump s’est lui aussi montré impassible.

    De son côté, la Corée du Sud veut calmer le jeu et minimise les déclarations incendiaires de Donald Trump, relate notre correspondant à Séoul, Frédéric Ojardias. Les Etats-Unis n'auraient fait que « répéter leur position habituelle, selon laquelle toutes les options sont sur la table », tempère ainsi un représentant de la présidence sud-coréenne (auprès de l'agence Yonhap). Donald Trump aurait juste voulu souligner l'urgence de la situation et il cherche toujours à recourir aux pressions pour que la Corée du Nord réalise que des négociations de dénucléarisation sont la seule option viable, rassure un porte-parole du président Moon Jae-in.

    Mais la plupart des spécialistes du régime considèrent que les menaces de Trump sont contreproductives. Elles risquent en effet de renforcer Pyongyang dans sa détermination à s'armer le plus vite possible et à multiplier les bravades et elles seront exploitées par la propagande nord-coréenne pour renforcer la mentalité d'assiégé répandue parmi la population.

    L'accord sur le nucléaire iranien menacé

    Le président américain a également qualifié l'Iran de « dictature corrompue », soutenant de surcroît le terrorisme. Il a menacé de remettre en cause l'accord sur le nucléaire, promettant qu'on n'avait pas fini de parler de ce texte, qu'il n'apprécie manifestement pas du tout. Une position soutenue par son allié Benyamin Netanyahu, qui a au passage félicité son homologue américain pour son discours, « le plus courageux » qu’il avait entendu depuis 30 ans.

    « La politique d'Israël concernant l'accord sur le nucléaire iranien est très simple. Il faut le changer ou l'annuler, a déclaré le Premier ministre israélien. Révisez-le ou annulez-le purement et simplement ! Annuler l'accord équivaudrait à remettre le plus de pression possible sur l'Iran, y compris par la menace de sanctions militaires, jusqu'à ce que l'Iran démantèle complètement ses capacités à produire des armes nucléaires.  »  

    L'autre option serait selon lui de réviser l'accord. Ce qui impliquerait par exemple« la possibilité d'inspecter les sites militaires et tout autre site suspect, ainsi que l'instauration de sanctions contre Téhéran pour tout manquement à ses obligations. Et au-delà d'une révision de ce mauvais accord, nous devons aussi empêcher l'Iran de développer des missiles balistiques et également repousser sa main-mise, de plus en plus pesante, sur la région du Moyen-Orient. »

    De quoi irriter le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, qui a dénoncé sur Twitter le « discours de haine » de Donald Trump, qui relève selon lui « du Moyen-Age ».

    Passe d'armes avec le Venezuela

    Enfin, le président américain a violemment critiqué le Venezuela, « une dictature socialiste ». Donald Trump a assuré que son gouvernement « était prêt à de nouvelles mesures contre Caracas si le gouvernement vénézuélien persiste dans ce chemin », sans toutefois préciser quelles actions il intenterait. Des déclarations qui interviennent au lendemain d'un dîner avec ses homologues brésilien et colombien notamment, où il avait dénoncé « la situation totalement inacceptable » au Venezuela et avait exigé « une restauration complète de la démocratie » dans le pays.

    Les réactions à ces propos guerriers ne sont pas faites attendre côté vénézuélien. Nicolas Maduro lui a répondu peu après depuis Caracas, dénonçant « l'agression du nouvel Hitler de la politique internationale » avant de le mettre au défi en l'invitant à débattre de la révolution et du socialisme. « On avait l’impression d’entendre un général qui veut envahir d’autres pays, a renchéri le ministre vénézuélien des Affaires étrangères. Notre pays est un pays de la paix, c’est un pays bien, et aucun dirigeant mondial ne peut mettre en cause notre démocratie et notre souveraineté. »

    Le ministre Jorge Arreaza a également rappelé que Donald Trump avait « menacé »le Venezuela« avec une option militaire et pour être honnête, à un moment donné, nous avons eu un doute, savoir si on écoutait le président Trump en 2017 ou l’ancien président américain Ronald Reagan au début des années 1980. Parce que c’était à nouveau le langage de la guerre froide, la perception des relations internationales selon une perspective idéologique. Et tout cela pour promouvoir la guerre, la souffrance des peuples, les violations des droits de l’homme. S’il y a un système qui a échoué, qui a mis le monde au bord de la faillite avec le changement climatique, la faim et la souffrance, c’est bien le système socialiste. »

    Le mois dernier, Donald Trump a signé un décret prévoyant l'interdiction d'acheter de nouvelles obligations émises par le gouvernement vénézuélien ou la compagnie pétrolière nationale PDVSA.

    Le président français Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse en marge de la 72e Assemblée générale des Nations unies à New York, le 19 septembre 2017. REUTERS/Brendan McDermid

    La France défend le multilatéralisme

    De son côté, Emmanuel Macron a pris ses distances avec son homologue américain, rappelle notre envoyée spéciale dans l'équipe présidentielle, Valérie Gas. Le président français a beaucoup parlé des valeurs et de l’histoire. Comme à son habitude, il s’est placé dans le temps long pour pouvoir se projeter vers l’avenir. Et l’avenir des relations internationales, il le voit à travers le prisme du multilatéralisme. C’est pour lui le seul moyen de faire face à des crises qui ont forcément des implications mondiales et des « interconnections » : le terrorisme, les migrations, le changement climatique.

    Emmanuel Macron s’est aussi présenté comme le porte-voix des oubliés. Une manière pour lui de tenter d’occuper un espace dans le leadership mondial bien distinct notamment de celui de Donald Trump. Le président français souhaite ainsi creuser son sillon sur la scène internationale. Il veut par exemple « inventer une nouvelle grammaire » de l’action internationale. Et il met en œuvre, en effet, une méthode qu’il avait défendue : manier en même temps le parler-vrai et le dialogue. Le chef de l'Etat a d'ailleurs rencontré Hassan Rohani à New York avec lequel il a eu, selon son entourage, un échange « dense et direct ».

    Pacte mondial pour l'environnement

    Emmanuel Macron a aussi présenté son projet de pacte mondial pour l'environnement. L'idée est de créer un socle juridique commun pour harmoniser les lois environnementales. A terme, ce pacte doit devenir un traité international, mais il a besoin pour cela du soutien du plus grand nombre. Et l'Afrique était représentée en force ce mardi. Les présidents gabonais, sénégalais, guinéen et nigérien avaient fait le déplacement, rapporte notre correspondante à New York, Marie Bourreau. Quatre pays qui veulent jouer les poids lourds en matière de protection de l'environnement sur le continent africain.

    Cette réunion de haut niveau, qui devait permettre au président français de prendre la température sur son projet de pacte mondial a semble-t-il dépassé ses espérances. Fort du soutien africain très appuyé, en plus de celui d'une large coalition de pays des 5 continents, Emmanuel Macron a officiellement annoncé vouloir aboutir à un traité d'ici 2020.

    Invité à s'exprimer à la tribune, Ali Bongo, à la tête du Comité des chefs d'Etat et de gouvernement africains sur les changements climatiques, a fait figure de bon élève. Son pays a mis en place des aires marines protégées et 11 % de son territoire terrestre est déjà sanctuarisé, a-t-il rappelé. « Nous ne pouvons que souscrire au principe d'universalité du pacte, car le changement climatique ne connaît pas de frontière », a-t-il souligné. Le président français Emmanuel Macron a d'ailleurs insisté sur la dégradation de l'environnement qui fragilise l'Afrique en proie aux famines, aux exodes et aux risques d'une multiplication des guerres de l'eau. « Toute l'Afrique vous accompagne et vous souhaite un très grand succès », a conclu le président guinéen Alpha Condé.

    Après cette première journée mouvementée, les discours se poursuivent ce mercredi. On attend notamment la réponse du président iranien aux accusations américaines. Une réunion du Conseil de sécurité est également prévue. On parlera du maintien de la paix. Mais la journée débutera avec la ratification du traité d’interdiction des armes nucléaires. Un traité boudé par ceux qui possèdent la bombe atomique. Une quarantaine de pays pourraient signer ce document. Un message purement symbolique, en pleine crise nord-coréenne.

    → À la Une des revues de presse, Macron l'Africain et le retour du docteur Folamour

    Nous sommes dans un monde qui est profondément multilatéral. Nous sommes condamnés à avoir des attitudes coopératives les uns avec les autres ou à mourir!

    Jean-Louis Bourlanges, ancien député UDF (centre droit, France) 20/09/2017 - par Frédéric Rivière Écouter

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