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    Amériques

    Etats-Unis: premières mises en accusation dans l'enquête sur l'ingérence russe

    media Ancien directeur du FBI, Robert Mueller est le procureur chargé d'enquêter sur de possibles ingérences russes dans la campagne présidentielle de Donald Trump. Reuters

    Un grand jury fédéral a approuvé vendredi 27 octobre, à Washington, les premières mises en accusation dans l'enquête indépendante sur l'ingérence présumée de la Russie dans l'élection présidentielle américaine de 2016.

    Les accusations ont été placées sous scellé par un juge fédéral. Leur nature exacte reste donc pour le moment inconnue. Elles pourraient toutefois être rendues publiques dès lundi.

    Selon CNN, qui a révélé l'information, tout a été préparé pour que toute personne mise en accusation vendredi puisse être placée en détention dès lundi. Il s’agirait d’au moins une personne, mais pour le moment aucun nom ne circule.

    Deux pistes probables

    L’historien Corentin Sellin, spécialiste des Etats-Unis, estime qu’il y a « deux grands favoris pour être les premiers mis en accusation. » A commencer par l’ancien conseiller à la Sécurité nationale de Donald Trump, le général Michael Flynn.

    « Il semble le plus en danger car l’enquête Mueller a accumulé des éléments contre lui, rappelle le chercheur. Non seulement un voyage payé entièrement par la chaîne publique russe, et indirectement le Kremlin en 2015, mais aussi des contacts répétés avec des émissaires russes à la fois pendant la campagne, mais aussi avant et après sa prise de fonction comme conseiller à la Sécurité nationale. »

    Ce grand nombre d’infractions présumées aux lois américaines, en particulier sur des contacts non déclarés avec des puissances étrangères, font de lui, selon Corentin Sellin, un probable « premier élu ». Mais « l’autre grand possible inculpé serait Paul Manafort, l’ancien directeur de campagne de Donald Trump durant la campagne entre avril et août 2016 ».

    Ce dernier pourrait « être mis en cause pour des affaires de lobbying non déclarées en faveur de la Russie, mais pas forcément en rapport avec la collusion pendant la campagne. L’enquête Mueller aurait trouvé des éléments sur du lobbying non déclaré de Paul Manafort en faveur de la Russie, avant même la campagne 2016. »

    Enquête du procureur spécial

    Les agences de renseignement américaines ont conclu en janvier à l'ingérence de la Russie dans la campagne présidentielle en vue de favoriser la victoire de Donald Trump face à la candidate démocrate Hillary Clinton, notamment par le biais d'une campagne de piratage, la publication d'e-mails et des actions de propagande sur les réseaux sociaux.

    Le procureur spécial Robert Mueller, ancien directeur du FBI, a été chargé d'enquêter sur des soupçons de collusion avec la Russie touchant les équipes de campagne de Trump. Le Kremlin, tout comme Donald Trump, a démenti en bloc les accusations.

    Le porte-parole du procureur spécial, Peter Carr, s'est refusé vendredi soir à tout commentaire sur les informations de CNN.

    Dans l'entourage du procureur, on précise que Robert Mueller a enquêté sur les liens financiers entre certains conseillers de Trump et des gouvernements étrangers, dont la Russie et la Turquie, ainsi que des soupçons de blanchiment d'argent, d'évasion fiscale et d'autres crimes financiers.


    ■ Moscou réclame des preuves

    Avec notre correspondant à Moscou,  Jean-Didier Revoin

    Depuis de longs mois, cette affaire d’ingérence russe dans l’élection présidentielle américaine fait sourire le Kremlin. Officiellement, les autorités russes ont toujours nié être impliquées d’une quelconque manière dans la victoire de Donald Trump, soulignant que laisser entendre que Moscou avait pu faire élire le milliardaire à la Maison Blanche revenait à prêter à la Russie un pouvoir qu’elle n’avait pas auprès des électeurs américains.

    Le 16 octobre, le ministre russe des Affaires étrangères ironisait encore sur cette affaire. Sergueï Lavrov évoquait d’une part l’amertume du parti démocrate après la défaite de son candidat et d’autre part l’hostilité d’une partie des républicains, des éléments expliquant, aux yeux du ministre, l’instauration d’une hystérie anti-russe aux Etats-Unis.

    Sergueï Lavrov rappelait encore qu’après le lancement d’une enquête spéciale, la nomination d’un procureur spécial, les auditions de dizaines de personnes. Aucune fuite ni aucun fait n’avait été avancés par les Etats-Unis pour étayer l’existence de cette ingérence russe.

    Dès lors, si les accusations validées vendredi par un grand jury fédéral à Washington mais qui sont restées sous scellés étaient rendues publiques, le Kremlin risque de devoir aménager sa stratégie de défense. Comment ? Il est encore trop tôt pour le dire.

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