GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Mercredi 15 Novembre
Jeudi 16 Novembre
Vendredi 17 Novembre
Samedi 18 Novembre
Aujourd'hui
Lundi 20 Novembre
Mardi 21 Novembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Amériques

    Fusillade au Texas: la communauté de Sutherland Springs sous le choc

    media Des passants ont déposé des fleurs et un ours en peluche en mémoire des tués de Sutherland Springs. REUTERS/Rick Wilking

    Vingt-six personnes sont mortes et dix sont toujours hospitalisées dans un état critique après la fusillade du dimanche 5 novembre à Sutherland Springs. Les raisons qui ont poussé Devin Patrick Kelly à tirer dans l'église baptiste restent assez obscures. Deux jours après le massacre, cette petite ville du sud des Etats-Unis cherche à comprendre.

    Avec notre envoyée spéciale à Sutherland Springs, Anne Corpet

    David Casios est arrivé sur place juste après la fusillade. Il a filmé la scène. Il montre la vidéo aux clients de la station-service située juste en face de l'église. On distingue deux corps inanimés et un homme qui sort de l'église, hagard le bras ensanglanté. Terry Smith, qui travaille dans la station-service, ne veut pas voir les images, car elle a « vu la fusillade ». Elle est une femme forte, dit-elle, elle ne pleure jamais mais depuis dimanche, elle ne parvient plus à tarir ses larmes.

    Lorenzo Flores était avec elle quand le tireur est arrivé. « On a vu le tireur faire son sale boulot. C'était incroyable. On l'a vu tourner autour de l'église, il tirait de l'extérieur vers l'intérieur de l'église et puis il est entré pour tuer nos proches. Il a commencé à tuer tout le monde. Il faisait TRRRTRR, et ces tirs je n'arrive pas à les sortir de ma tête et ça me fait mal. Je me dis que j'aurais pu faire quelque chose. J'aurais pu courir là-bas et essayer de sauver des gens. Cela fait trop mal, cela fait vraiment trop mal. »

    Et Lorenzo prend Terry dans ses bras et lui dit : « on va surmonter cela ma Terry, on va y arriver, avec l'aide de Dieu. »

    Le temps du recueillement commence

    Manches retroussées et front suant sous le soleil, Dug John plante des petites croix blanches le long de l'autoroute qui traverse le village. Il est venu avec ses fils de la ville voisine située à 20 kilomètres.

    « C'est pour que les gens qui passent sur l'autoroute voient qu'il y a eu une tragédie ici, et que 26 personnes sont mortes. On est tous voisins ici. Je connais des gens qui ont été blessés ou tués dans l'église », confie-t-il.

    A Sutherland Springs, dix personnes blessées se trouvent dans un état critique après la fusillade. Le bilan de 26 morts pourrait donc s'alourdir. Les intentions du meurtrier, qui s'est suicidé après son acte, restent obscures.

    « Cela n'arrive jamais ici »

    Quoiqu'il en soit, la petite communauté de 400 âmes est traumatisée pour longtemps. Toute la journée de lundi, voisins et amis se sont rendus sur place pour rendre hommage aux victimes.

    Michele Trigot, elle aussi d'une bourgade voisine, a apporté vingt-six roses blanches qu'elle a déposées devant l'église, et une brassée de ballons blancs qu'elle a lâchée dans le ciel bleu immaculé. Elle est sidérée qu'une telle tuerie ait pu avoir lieu ici, au sud du Texas. « Cela n'arrive pas ici, ce genre de choses n'arrive pas. J'ai vécu ici toute ma vie, cela n'arrive jamais. Tout le monde est affecté. Les gens qui habitent à plus de 150 kilomètres sont affectés. Tout le monde est touché par ça. »

    Sur une pelouse un peu plus loin, un groupe de personnes prient et invoquent Dieu. Sheree Rumph a fait une centaine de kilomètres pour participer à cet instant de recueillement. « Quand quelque chose comme ça se passe dans une église, cela n'affecte pas que l'église, cela nous affecte tous, parce que nous sommes unis », témoigne-t-il.

    Des habitants de Sutherland Springs se recueillent, le 6 novembre 2017. REUTERS/Jonathan Bachman

    Un arsenal constitué facilement

    Juste derrière pointe le clocher de la petite église baptiste de Sutherland Springs. Pour l'instant, le lieu de culte est fermé, accessible seulement aux enquêteurs.

    Le shériff du comté est formel : il n'y a pas de motif racial ni religieux derrière la fusillade. La seule piste évoquée pour l'instant est celle d'une querelle domestique. Devin Patrick Kelly avait en effet envoyé un message de menaces à sa belle-mère, qui fréquentait cette église.

    Fusillade au Texas: le tueur aurait agi en raison d'un «différend familial»

    Mais les enquêteurs en conviennent : vider quinze chargeurs, de trente balles chacun, pour régler un différend familial semble disproportionné. Le tueur était un homme violent, il avait des antécédents.

    Membre de l'armée de l'air il était passé devant la cour martiale en 2012  après avoir de manière répété et violente frappé son épouse et son beau-fils jusqu'à infliger une fracture du crâne à l'enfant. Devin Patrick Kelly avait reconnu l'avoir frappé de manière intentionnelle. Un tel délit aurait dû priver Devin Patrick Kelly de son port d'armes mais l'armée de l'air a reconnu avoir omis d'inscrire la condamnation en cour martiale sur les registres fédéraux. Pendant quatre ans, le jeune homme a donc pu se constituer un arsenal, et notamment acheter légalement le fusil semi automatique avec lequel il a commis son carnage, dimanche, dans la petite église de Sutherland Springs.

    [Appel sur l'actualité] Etats-Unis: faut-il réformer la législation sur les armes?

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.